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mercredi 8 janvier 2014

COMBATTRE LE FUTUR


Il fut un temps où l'humanité ou un pays ou une civilisation avait de grands desseins à accomplir. On était encore sans doute dans l'idée du Progrès, de la construction de l'avenir. Maintenant que l'on prend l'avenir sur la tronche, on ne parle plus que de défis à relever.
On ne construit plus, quoi, on se défend.
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Dans un monde en proie au chômage, aux multiples pollutions et au réchauffement climatique, dans un monde surpeuplé…
à quoi bon repousser l'âge de la retraite ?
à quoi bon fabriquer des robots ?
à quoi bon cloner ?
à quoi bon prolonger de force la vie des vieux ?
à quoi bon lutter contre la stérilité ?
à quoi bon les mères porteuses ou les utérus artificiels ?

mardi 7 janvier 2014

RETRAITE. TOUS CAPITALISTES


(D'après Le Monde Diplomatique de juillet 2012 "L'effroi du retraité allemand face à l'épouvantail grec")
En Allemagne, on a massivement souscrit aux régies de retraite complémentaire par capitalisation (gouvernement Schröder, 2001). Ce dispositif permet une retraite confortable mais financée en partie par des fonds de pension dont la solvabilité dépend de la bonne santé des marchés. Autrement dit, vos retraites (la sécurité de vos vieux jours) est dans "la main invisible du marché", entre les mains (invisibles) de la loterie des marchés financiers, du casino, du chaos, du hasard. D'où anxiété : votre sort est suspendu à cette abstraction mouvante, instable : "les marchés", donc à tel ou tel faillite de banque ou d'État (grec ou espagnol, par exemple).
Du coup on est forcé d'adhérer (idéologiquement) au système, d'aimer la finance : si la Bourse se casse la gueule, votre retraite tombe avec, vous êtes mort… Alors vive la finance – votre seul horizon – la Bourse, la spéculation, les traders. C'est pas vous qui ferez la révolution (laquelle n'est pas faite par les retraités, je sais… mais ce que je dis là des retraités touche aussi bien chacun d'entre nous, chacun qui a un compte en banque, un emprunt immobilier, un crédit à la consommation, et pourquoi pas quelques valeurs boursière que nous nous sommes laissés fourguer par notre conseiller bancaire dans un moment d'inattention.)
En allemand, le mot "dette" (schulden) est proche du mot "faute" (schuld), c'est-à-dire que s'endetter, c'est (au moins sous-entendu) commettre une faute, un péché. C'est mal. La dette n'est pas perçue comme un levier, un outil éventuellement utile, mais comme une malédiction. C'est peut-être eux qui ont raison.
(Cela dit, pour réfléchir sur "la dette", il faudrait cesser de généraliser, cesser de dire "la dette", mais distinguer ses différentes formes, causes, rôles : distinguer entre l'échange de dons, l'emprunt d'investissement, la consommation à crédit, le retard de paiement d'un loyer, etc.)
« La monnaie peut être un bon serviteur mais elle est toujours un mauvais maitre. » (Serge Latouche)

mardi 4 janvier 2011

LES ÉLÉMENTS


LO N° 428 (4 janvier 2011)
LA MÈCHE
Question explosivité, La Mèche était à peu près aussi efficace que le terroriste kamikaze de Stockholm… N'empêche, on s'est bien amusé (enfin, moi, dans mon coin… mais moins qu'avec Siné-Hebdo…) Je ne tire pas sur le corbillard : les journaux, comme les gens, vivent et meurent… La Mèche avait ses qualités et ses défauts, le plus gros étant de ne pas arriver à se vendre suffisamment. Mais 13 numéros c'est pas si mal ! (Un ami me demandait, au début : mais si Siné-Hebdo a échoué, pourquoi un successeur avec les mêmes ingrédients (sauf Siné) pourrait-il réussir ? Et je lui répondais : on s'en fout ! Si ça dure trois mois, ça sera toujours ça ! J'avais vu juste !)
Le fond du problème, c'est que des canards de ce genre, il y en a déjà suffisamment. Le Canard, Charlie, Bakchich, Le Monte, Le Sarkophage, La Décroissance, Le Monde Libertaire, CQFD… pour ne citer que ceux que je vois en kiosque ou que je lis parfois. (Des déjà disparus, aussi : Kamikaze, Le Plan B… Et maintenant voilà en plus que Charlie doit payer 40 000 euros à Siné pour licenciement abusif… Bien fait pour la gueule à Val, oui, mais……… A moins que Siné, renfloué par cette manne, si elle arrive, relance Siné-Hebdo… On peut rêver.)
Il faut dire aussi que de la contestation politique en textes et en dessins d'actu, on en trouve plein, gratuite, sur le net, alors le problème des journaux contestataires est le même que celui de la presse en général : pourquoi payer et s'encombrer de papier ?
Alors quoi, passer quinzomadaire ? Mensuel ? Basculer sur le web ? Fusionner avec un ou deux des autres canards cités plus haut ? Ou avoir une ligne éditoriale plus déterminée, calculée pour ne pas faire double emploi avec les confrères ? Je crois que pas mal d'hypothèses ont été envisagées. Mais, outre les questions de personnes (la rivalité et les coups bas – ou ressentis comme tels par ceux qui ne supportent pas la critique – chez les anars aussi, ça existe…) reste toujours la question que faire un journal ça prend du temps, ça coûte de l'argent, et chacun doit bouffer tous les jours, pas seulement refaire le monde en descendant des litrons ou dans la rue en manif et en cliquant sur "j'aime" dans FaceBook.
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ÉLÉMENTS DE LANGAGE
Voitures brûlées de la nuit du 31 : « Le silence de Brice Hortefeux fait beaucoup parler de lui. » (Entendu sur une chaîne d'info)
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NEIGE EN DÉCEMBRE… NEIGE EN JANVIER.
— A pu de sel pour déneiger les routes
— A pu de glycol pour dégivrer les avions
— A pu de chalumeaux pour dégeler les rails
— Y a des pelles
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On est pris en otage par la neige !
Roselyne Bachelot achète 85 millions de tonnes de sel. Mobilisation de l'armée. On salera les routes avant que la neige tombe. En plus, on les fermera à la circulation.
Pour régler le problème des routes inclinées… Vieille blague (à dire avec l'accent suisse) : le syndic de Morges a décrété que l'on mettrait des graviers dans les descentes et non dans les montées.
Manque de prévention… ou abus du principe de précaution ? Le résultat est le même : célbordel ! Pourquoi ? Trop de routes, trop de bagnoles, trop de gens.
Encore un accident à un passage à niveau : pareil. Trop de routes, trop de bagnoles, trop de gens.
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MOLOCH !
Éléments de langage (ouvrez les guillemets) : "Les Marchés", "rassurer les marchés", "apaiser les marchés". « L'observateur reste stupéfait devant ce culte païen qui trouve dans toute démonstration de la nocivité des dieux qu'il invoque l'occasion de les révérer avec une ferveur redoublée. Marché et Emploi sont les dieux d'une religion jamais reconnue comme telle. »
LE DIEU EMPLOI
« L'emploi revêt un caractère sacré que nul ne se hasarde à remettre en cause », employeurs comme employés. (Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? Je suis employeur.) Pour le conserver, son emploi, on est prêt à sacrifier une part de ses revenus.
"Le Plein-emploi" : pour les dits "employeurs", c'est la subordination de la main d'œuvre : la garantie d'avoir des employés sous la main (d'œuvre). Pour les employés, la garantie d'un revenu. Je corrige : ce que ça représente pour les employés ou employables, cette garantie d'un revenu, est en fait un élément de chantage tout trouvé entre les mains des employeurs (potentiels). Le chantage qui asservit. La subordination des travailleurs (réduits au statut de "demandeurs d'emploi") n'est jamais aussi forte que dans une zone de sous-emploi, dans une société "en proie au chômage (endémique)". Les employeurs n'ont absolument pas intérêt au plein-emploi. Ils sont les fourbes grands prêtres exploiteurs de la croyance et du fatalisme qui caractérisent cette religion païenne.
LA RETRAITE COMME RÉVOLUTION
Pourtant il y a ça : la retraite. La retraite, prolongation à vie du salaire, est une parfaite contradiction du travail-emploi. Elle est anticapitaliste, subversive, révolutionnaire, car, fondée sur les cotisations, elle n'est pas une capitalisation (comme une assurance) ni une "propriété lucrative".
La cotisation, grande invention du XX° siècle. Le prélèvement d'une part de la "valeur ajoutée" ("richesse") constitue la part socialisée du salaire (45 %). Mais comprenons bien que cette somme, ces 45% du salaire, n'est pas dépensée ou enlevée ou perdue : elle nous est versée, elle fait partie, à long terme pour chacun et pour tous, du salaire effectivement perçu, entre autre par la pension de retraite. Imaginez qu'on supprime ça, pour faire plaisir aux employeurs qui se plaignent constamment du "coût du travail" lié aux "charges sociales". D'où sortirait-on le fric pour nourrir et soigner chômeurs, malades, retraités, handicapés ? De nulle part. Régression. Chacun pour soi et crève ! Ou de la "charité" : aides humanitaires, dons charitables. Mais la main qui donne est toujours au dessus de la main qui reçoit. Régression. Alors que le principe de la cotisation est la mutualisation : personne ne doit à personne, ou tout le monde doit à tout le monde, ce qui revient au même. C'est une appropriation collective de la richesse (ou valeur ajoutée).
On pourrait même imaginer, plutôt qu'une régression des cotisations, au contraire, une nouvelle "cotisation économique" (ponctionnant la part des profits) qui remplirait des caisses vouées à financer des investissements sans taux d'intérêts ; des prêts (d'investissement, pas de consommation) à taux zéro. Ce faisant, chacun (pas seulement les financiers ou patrons possesseurs de capital), chacun, dis-je, serait créateur, producteur de la richesse commune, et donc décideur.
SALAIRE À VIE
Si la retraite a été (et reste tant bien que mal) une grand-mère révolutionnaire, sa petite fille serait le salaire à vie.
« La pension comme salaire est une antidote à l'emploi. » Quand un salarié prend sa retraite, accède à sa pension, il peut enfin travailler uniquement en fonction de ses désirs et de sa qualification : puisque son "salaire" (pension) est garanti à vie, il n'est plus dépendant de l'offre de travail, il n'a plus à se présenter sur le "marché du travail", il ne subit plus aucun chantage asservissant d'employeurs potentiels. Pour le retraité qui "travaille", il ne s'agit pas de "s'occuper", mais de déployer sa véritable qualification. « Ces retraités trésoriers du club de football de leur quartier, ces conseillères municipales, ces producteurs de tomates biologiques, présents aux côtés de leurs petits enfant, n'exercent pas des "activités utiles" : ils travaillent, c'est-à-dire que leur activité a une valeur. Non pas une valeur symbolique : une valeur économique, exprimée dans la pension qu'ils touchent. […] La logique capitaliste voudrait que seule l'activité vouée à valoriser le capital (par la production de marchandises) soit reconnue comme du travail ; que seul l'emploi, donc, constitue la matrice du travail. Mais le conflit salarial a mis en place une autre institution, permettant de transformer l'activité en travail : le salaire à vie des retraités. »
Un passage au salaire à vie toute la vie ("revenu d'existence") ne serait qu'une généralisation des systèmes de retraite : au lieu que "seulement" 45% de nos salaires soient socialisés (mutualisés), la totalité pourrait être versé à des caisses et reversé à tous par ces caisses. Transformation radicale de la société ! Mais autre chose qu'une étatisation, les "caisses" n'étant pas étatiques, et les entreprises conservant une fraction de leur création de valeur ajoutée. Une démocratie sociale. Question classique : « Et si, comme certains retraités, les salariés ne font rien de leur qualification ? Au pire ils seront moins dangereux ou inutiles que tant de titulaires d'emploi réduits à "produire de la valeur pour l'actionnaire" dans des tâches aberrantes ; au mieux, leur prétendue oisiveté défrichera de nouveaux chemins pour le travail. » (Tout cela hâtivement résumé et largement cité entre «…», d'après Bernard Friot, socioloque, dans Le Monde Diplomatique septembre 2010. Auteur de "L'Enjeu des retraites". La Dispute, 2010.)
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« Quand on vit dans la panique, le réflexe remplace la réflexion. » (Paul Virilio)
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L'hipposuccion, c'est se faire faire une fellation par un cheval ?
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FRAGMENTS
— On a retrouvé le crâne de Henri IV.
— Je savais même pas qu'on l'avait perdu…
— Il sera remis à la famille Bourbon…
— Reste plus qu'à retrouver les morceaux de Ravaillac.
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La terreur vue du ciel



mercredi 27 octobre 2010

MANIFESTIF


LO N°417. 28/10/10
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USBique
« Dès 2011, on pourra consulter son médecin par Internet, dit Roselyne Bachelot. La salle d'attente tchattera sur Skype, on prendra sa tension avec la souris et sa température avec la clé USB. » (Hervé Le Tellier. Check list du Monde)
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SPINOZESQUE
Fréderic Lordon parle de son livre "Capitalisme, désir et servitude / Marx et Spinoza" (La Fabrique éditions 2010) avec Judith Bernard.
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3405
Entrevue d'une heure et demie qui vaut le coup (entre autres pour les "jeux de scène" de Judith Bernard), mais le livre, même si jargonnant, n'est pas mal non plus.)
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FUN
Les jeunes manifestent pour la retraite à 60 ans.
Interprétations :
1) ils sont manipulés par la gauche (pfou………)
2) ils sont déjà des vieux croûtons sinistres : à 16 ans ils pensent déjà à leur retraite… (bof…)
3) ils sont raisonnables : ils pensent à leur avenir, eux, au moins : « Dans 50 ans, ça sera vite là ! » (entendu à la télé)
3) ils sont solidaires avec leurs parents (c'est déjà mieux).
4) ni vieux ni solidaires, simple égoïsme : ils veulent du boulot ! Donc : « Dehors les vieux, faites de la place pour nous ! » ("Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n'y seront plus", comme dit la chanson… euh, quelle chanson, déjà…?)
(En fait, ils se gourent tous : le gouvernement qui veut faire travailler plus longtemps des vieux qui n'ont déjà plus de boulot, les jeunes qui veulent les boulots des vieux qui n'ont déjà plus de boulot – dans un pays où il n'y a plus de boulot.)
Ça cause, ça cause, mais cause perdue… Cause du peuple… Cause commune… Les ans en sont la cause…
C'est le temps du capitanihilisme festif.
Dans "manifestation" il y a "feste" : c'est la fête ! (Alors on danse…)
Clip extrait de "Mozart, l'opéra-rock" (nul) : plein de jeunes habillés coiffés maquillés gothique décadent réunis sur un pont de Paris autour d'un couple de vieux (qui tirent la gueule… avant de se foutre à l'eau, sans doute) chantent : « C'est bientôt la fin – de ce monde qui n'entend rien »…………
(Alors on danse…)
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MARIANNESQUE
La pipolisation de la politique a commencé avec l'utilisation d'une vedette de cinéma comme modèle pour le buste de Marianne. Grossière erreur : Marianne est un symbole, une allégorie, un archétype, pas une personne réelle. (En fait ça avait commencé bien avant, avec un certain Jésus-Christ…)
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ANTHROPOLOGIQUE
Il n'y a pas si longtemps, en occident chrétien, on pratiquait quelques rites de passages comme la communion solennelle. Dans notre pays laïque, on en est venu à considérer le baccalauréat, le service militaire puis le permis de conduire comme des rites de passage à l'âge adulte. Le premier boulot, aussi, sans doute… De nos jours, il semble que le mariage suivi du divorce quelques années après soit un nouveau rite de passage pour accéder à l'âge adulte.
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DIALOGUE (Entre, par exemple, Nicolas S, Brice H, Eric B.)
— Les Romes ?
— Ça, c'est fait… Les Zarabs, les Blaques…?
— C'est en bonne voie… Même ceux qui ne sont pas menacés d'expulsion se jettent par les fenêtres…
— Qu'est-ce qu'il reste, après ? Les Zuifs ?
— Laisse tomber, trop chaud. Les pauvres ?
— Les pauvres, oui, c'est bon, ça, coco,  les SDF, les travailleurs pauvres… Le problème, c'est : les expédier où ?
— La Creuse… La Lozère…? Une colonie lointaine… y en a encore ? Cayenne ?
— Il faudrait une île… La Corse ?
— Ça va faire des morts…
— Deux problèmes résolus à la fois…
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IDENTITÉ NATIONALE OU APPARTENANCE À LA NATION ?
« On paye des impôts ! »
« On s'est battu pour son pays ! »
Mais depuis quelques années, suppression du service militaire + diverses exemptions d'impôts (Ça fait bien dans les déclarations : « Cette année, vos impôts ont encore baissé… les impôts n'augmenteront pas, etc. »…) Une grosse part d'impôts dits directs (sur le revenu) est remplacée par des impôts dits indirects : TVA, taxes sur l'essence, le tabac et autres. Ces impôts prélevés sur la consommation sont donc en fait très directs, mais invisibles.
Mais le devoir a disparu. Partant, le droit à disparu.
Le sentiment d'avoir fait son devoir donne des droits ou au moins donne le sentiments d'avoir des droits. Si on a fait son service, si on paye des impôts, on est un vrai citoyen. « Je paye des impôts, moi, Monsieur, j'ai bien le droit de… ou le droit à… ». En perdant ou évitant des devoirs (faire son service, défendre son pays, payer des impôts visiblement), on croit gagner en liberté alors qu'on perd des droits. Ayant perdu devoirs et droits, on a perdu la responsabilité. Donc de la citoyenneté, de l'intégration : le sentiment d'appartenance à la nation ou plus généralement au collectif, et la participation (concrète) à la nation ou plus généralement au collectif (parce que la nation, en soi, on s'en fout : mais il n'y a pas de vie humaine sans participation à un collectif). Un ancrage dans la société, le droit, le devoir, la responsabilité. (Ça ne concerne pas que les immigrés. Rien à voir avec l'identité nationale…)
Reste-t-il autre chose que la consommation comme droit/devoir, c'est-à-dire comme participation au collectif ?
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mardi 5 octobre 2010

samedi 11 septembre 2010

Sonnez la retraite !


LO N°410 (11/09/10)
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La Mèche
Le N°1 est sorti, avec trois dessins de moi dedans, c'est toujours ça… Il semble que le démarrage se soit fait dans un certain chaos quant au partage des responsabilités et décisions et quant aux relations avec les grands anciens que nous prolongeons (Siné). Mais après tout, c'est bien normal. Ma distance (géographique) et ma distanciation (mentale) allant de pair, je ne m'en fais pas pour ça. Et donc, quant au résultat, pour l'instant, ça semble un peu "pâlot", mais attendons d'avoir trois ou quatre parutions pour en juger.
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Secret story
33 ministres de fond enfermés à 700 m sous terre depuis plus d'un mois.
Chaque jour, ils tirent à la courte paille pour savoir qui, qui, qui sera mangé (ho hé, ho hééé).
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— Pour votre santé, expulsez cinq Roms et Afghans par jour.
— Cette année, Django Reinhardt aurait eu cent ans…
— Et on le renverrait dans son pays…
— La Belgique.
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La retraite réussie (et non la Bérézina)
Apéro géant Facebook entre la République et la Nation (en passant par la Bastille).

l
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La retraite plus tard parce qu'on vit plus longtemps, nous répète ce gouvernement jusqu'à plus soif… À voir…
D'abord il y a confusion entre "espérance de vie" et "espérance de vie en bonne santé"…
http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPECF02228
Ensuite, selon Le Monde Libertaire HS N°39, de très sérieuses études (ils ne donnent pas de référence) aboutissent au tableau de correspondance suivant, entre l'âge de départ à la retraite et l'âge moyen de la mort :
– si l'on s'arrête de bosser à 50 ans, on peut espérer vivre jusqu'à 86 ans ;
– si l'on part à 55 ans, on peut espérer atteindre 83 ans ;
– à 60 ans, déjà, l'espérance se situe à un peu moins de 77 ans ;
– avec une retraite à 65 ans, on peut espérer en profiter 2 ans au maximum !
Ajoutons que s'il y a eu allongement de l'espérance de vie dans les pays riches au cours du XX° siècle c'est en partie grâce aux retraites…
Un autre mérite des retraites, c'est le ralentissement de la croissance démographique : à partir du moment où on dispose d'un système social solidaire, on se dégage de l'optique traditionnelle "il faut que j'aie un tas d'enfants pour s'occuper de moi dans mes vieux jours".
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A quel âge devient-on vieux ? (Titre d'un article dans PhiloMag il y a quelques mois)
La question est mal posée : on passe son temps à devenir vieux, dès la naissance, tous les jours. Autant dire que la vieillesse est, sinon le but, du moins le destin de la vie. La nécessité.
La mort, pareil – encore plus !
Devenir vieux c'est l'œuvre de toute une vie. Devenir mort pareil.
La question serait plutôt "à quel âge est-on (enfin) devenu vieux ?"
Combien de temps pour accomplir cet exploit tant désiré ?
Mais bon, ça va, prenons notre temps… Un petit peu chaque jour. L'aboutissement, allez, on va dire 75 ans, ça vous va ?
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Viol de joggeuse récidiviste
« L'amour, c'est un sport. Surtout s'il y en a un des deux qui ne veut pas. » (Jean Yanne)
— Toutes les neuf minutes, une femme est violée !
— Heureusement, ce n'est pas la même à chaque fois.
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Rentrée des chiasses
— Les chasseurs, c'est comme leurs chiens, il leur manque que la parole.
— Moi ce que j'aime, à l'automne, c'est promener dans la campagne quand il fait mouillé, bien boueux.
— C'est chiant pourtant. Tu ramènes deux kilogs de terre glaise sous chaque semelle. Ça salit tout chez toi, et tu peux rien en faire, finalement. Je dis pas ça méchamment.
— Tu peux la mettre dans des pots de fleur.
— Moi, j'ai pas de pots de fleurs chez moi, c'est pas la peine, j'habite à la campagne.
— T'habites dans un grand pot de fleurs, quoi. T'inverses les facteurs.
— Hé là, pas de cochonneries avec les facteurs. Les facteurs, on les inverse pas, c'est pas des pédés.
— J'ai jamais dit ça. Oh, ce qu'ils sont susceptibles, les retraités de La Poste, alors…!
— Des PTT, Monsieur ! De mon temps, on avait les PTT. C'était autre chose que la poste bancale en cours de privatisation et le wwweb – que ça peut même pas se prononcer.
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Rentrée littéraire
# Alors que se tient, mercredi 8 septembre, sous l'égide de l'Unesco, la journée internationale de l'alphabétisation, l'Insee rappelle que l'illettrisme touche 3,1 millions de personnes en France, soit 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans. L'institut de la statistique précise que les trois quarts de ces personnes, qui ont été scolarisées mais rencontrent des difficultés pour lire ou écrire, ont le français pour langue maternelle. Plus de la moitié des illettrés en France (57 %) ont un emploi…# (Le Monde)


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Collèges et lycées
Après la mode nombril et string, après la journée de la jupe et la guerre du short, ça fait comment, à la rentrée 2010 ? (Je pose la question à la cantonade, parce que ça fait déjà longtemps que je fais plus les sorties des lycées…)
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— Tu tirerais sur des flics, toi ?
— Je risque rien, je suis Français de souche.
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