dimanche 20 juin 2010

FROOT……


LO N° 385 (19 juin 2010)

# 7 MILLIONS POUR LES BLEUS !
Même s'ils se font éliminer dès le premier tour de la Coupe du monde, les joueurs de l'équipe de France, ainsi que l'encadrement, devront se partager un magot de 7 millions d'euros. # (francefootball.fr)

J'aime bien le "devront" !



RASED = Réseau d'Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté.
ERASED = gommé.


— L'appel, De Gaulle, la guerre de 40, ils nous bassinent, avec ça !
— La guerre de 14, ça au moins, c'était une vraie guerre, avec des vrais Français d'un côté, des vrais Boches de l'autre. Y a pas eu de collabos.
— Moi ce que je préférerais, en tout cas pour nous, pour la France… je le souhaite pas, hein, c'est juste pour causer… c'est une guerre civile : au moins ça resterait entre Français.



jeudi 17 juin 2010

ACTU ENDOTIQUE (ou presque)

LO N° 384 (18 juin : rappel)

CATAPOSTROPHE ENDOTIQUE

Lors d'une tempête comme Xynthia, ou les inondations de ces derniers jours dans le Var, comme lors de tout grand accident climatique : neige, tempête, inondation, orage, séisme…, l'électricité et, partant, l'électronique sautent. Du coup, les administrations comme les commerces se retrouvent en panne, paralysés. Tout le monde n'a pas un groupe électrogène de secours, comme les hôpitaux. (La gendarmerie et les pompiers, peut-être ?) Tout le monde n'a pas des protections anti-foudre efficaces sur son ordinateur, son téléphone, son modem. Pertes de données garantie.
De même les routes et les voies de chemin de fer sont coupées. Tout le monde n'a pas un 4x4 de montagne. Paralysie.
Du coup, le désastre a un côté "table rase", compteurs à zéro. Inertie. Après la catastrophe, il ne se passe plus rien – parce que il ne peut plus rien se passer. Sans électricité, il ne peut plus rien se passer. Sans voitures, sans routes, sans trains, on ne peut plus se déplacer. On ne peut plus rien, sauf prendre un balai et nettoyer devant chez soi.
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Des dons ! Des dons !
Ensuite, viennent des « orgasmes de l'empathie. La catastrophe, c'est la société idéale. »
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« Jusqu'à présent, nous pouvions confortablement considérer les catastrophes comme des phénomènes exotiques : tsunamis en Indonésie, tremblement de terre en Haïti, nous y assistions par médias interposés.[…] vivre à l'ère de l'accident intégral signifie que la catastrophe est endotique et non exotique – c'est nous qui l'habitons. »

Aujourd'hui nous sommes confrontés à une barbarie qui naît des méfaits (dégâts) du progrès. Si on intègre cette dimension endotique du péril écologique, on doit fonder une "université du désastre" où les scientifiques de tous bords travailleront à affronter les dangers planétaires.
Les côtes marines sont la nouvelle frontière. L'humanité s'y est imprudemment entassée. Déluges, raz de marée, typhons vont contrarier notre propension à nous installer au bord de l'eau. La côte est notre limite du monde. La plage est le lieu de l'affrontement : débarquement allié, échouage d'immigrants clandestins, marées noires. Endiguer ou fuir ? La crise financière naît aussi d'une incapacité à endiguer des flux, ceux des "capitaux flottants". C'est le mouvement, l'accélération qui gagne sur l'accumulation, le déplacement sur le placement, les marchés sur les économies. La mer gagne toujours. Le liquide gagne sur le solide.
L'État rembourse les dégâts qui viennent du sol. Les compagnies d'assurance ceux qui viennent du ciel. Autrement dit, l'État gère le solide, le territoire cartographiable. Pour le fluide, l'atmosphère, il n'y a pas possibilité d'appartenance délimitée, il y a donc besoin d'entités abstraites, déterritorialisées, mondialisées : les compagnies d'assurance internationales. Mais mieux, il y a besoin, au delà de la géopolitique, d'une météopolitique. Ce qui veut dire une ONU climatique.
(Inspiration générale et citations d'après Paul Virilio. PhiloMag38)
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"ON A TOUT PERDU !"
AZF… ou Xynthia… ou n'importe qu'elle inondation…
Dans une société fondée sur le crédit, il y a dans la manière dont nous vivons les catastrophes, un traumatisme supplémentaire, tant psychologique que financier, lié aux emprunts, aux dettes. Les victimes perdent des objets (maisons, voitures, appareils…) qu'ils n'ont pas fini de payer. Et voilà qu'il faut continuer de payer (assurance aidant) pour des objets que l'on n'a plus, dont on n'a pas joui tout notre saoul, puisqu'ils n'étaient pas encore vraiment à nous ; et dans le même temps, il faut racheter, c'est-à-dire se mettre à payer pour le nouvel objet qui va remplacer le disparu.
(Haïti, c'est différent : ils n'avaient rien.)


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L'eusse-tu-crue ?
Lu dans un forum : Nous sommes des moutons qui font l'autruche même lorsqu'ils ont le nez dans la merde.
Un autre : Faut pas brûler la peau de l'ours avant de l'avoir vendue.
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Arrêtons d'overpackager !
http://www.over-packaging.eu/
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Christine Boutin a failli toucher 9500 € par mois pour une mission gouvernementale sur les conséquences sociales de la mondialisation. C'est sûr qu'il y a du boulot : une recherche Google, une page Wikipedia, deux ou trois livres à lire. On peut fournir les références et rendre les conclusions à sa place : la mondialisation, c'est mal. (D'ailleurs jésus l'a dit.)
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Cinq présentatrices télé d'Al Jezeera démissionnent : elles en ont marre de subir des remarques et pressions islamo-machiste concernant leur tenue vestimentaire, pourtant bien correcte. Elles envisagent de quitter le Qatar.
Viendez ! A la place, on leur refile quelques centaines de femmes intégralement voilées de leur plein gré.
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Paris sera toujours pari.
La Société Générale pratiquait les paris en ligne bien avant leur autorisation. Jérôme Kerviel, "le tradeur fou", n'y est pour rien.
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CO(Q)UILLE
Selon un message signé "une femme" affiché sur un panneau d'information lumineux à Lyon, la première coquille protectrice des couilles a été utilisée au hockey sur glace en 1874. Le premier casque de moto en 1974. Cela a donc pris cent ans aux hommes pour comprendre que le cerveau aussi est important !
(Je suis un peu sceptique sur le premier casque apparaissant en 74, peut-être son obligation… mais bon, c'est quand même vrai que le cerveau aussi, c'est important !)
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Colère
On est toujours libre de changer de banque, oui. Mais quand on est dans la sienne depuis des dizaines d'années, et qu'on y a domicilié tout un tas de règlements par virement automatique, impôts abonnements, EDF et revenus par virement automatique, sécu, salaires, etc. c'est hyper compliqué.
Pour changer de banque, il faut vraiment être très en colère.
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PIP PIP !
— 400 femmes portent plainte contre Poly Implant Prothèse pour cause de prothèses mammaires en gel de silicone défectueuses.
— 400 femmes, ça fait 800 seins ! Le rêve !
— L'article ne dit pas dans quel tribunal se fera l'expertise………
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43ème mort français en Afghanistan
— Dans le temps, on médaillait en grande pompe les grands tueurs militaires nationaux.
— Désormais on ne médaille publiquement que des petits morts, des pauvres gamins devenus militaires pour cause de chômage.
— Mais pourquoi on les envoie là-bas, aussi ? Tuer des kamikazes, c'est du temps perdu.

— Des familles portent plainte contre l'armée pour la mort des soldats en Afghanistan : il y aurait eu "mise en danger de la vie d'autrui".
— C'est la définition de la guerre, ça, non ?
— Oui, mais une guerre sans morts, ça serait plus moderne.

— Par ailleurs, on révèle que le sous-sol de l'Afghanistan serait bourré de minerais : or, cobalt, fer, lithium.
— Ça espique. Surtout le lithium.
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vendredi 11 juin 2010

Ô ZONE !


LO N° 383 (11/06/10)

LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS - SUITE 15 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380 – pour ceux qui voudraient faire une reliure.)

L'OZONE (O3) - Réchauffement climatique et couche d'ozone

Les CFC sont connus pour leur propriété de destruction ou mitage de la couche d'ozone. Mais la destruction en question n'est pas une cause de l'effet de serre et du changement climatique. Cette confusion est largement répandue dans le sens commun, peut-être parce qu'on a alerté il y a déjà quelques années sur le danger de ce fameux "trou" dans la couche d'ozone dû aux CFC. Mais le vrai danger y lié est celui de l'arrivée d'un excès de rayons ultra-violets jusqu'au sol, or les UV, situés à l'opposé du spectre des infrarouges, ne chauffent pas : le risque des UV, c'est les cancers de la peau.
Par contre la campagne anti-CFC a marché : l'image médiatique d'un "trou dans une couche protectrice" a connu un franc succès. Cette image persiste dans nos consciences paresseuses au point qu'un certain Nicolas S., prétendu président, déclarait à NY en septembre 2009 : « Des scientifiques et des savants du monde entier se sont réunis des mois et des mois pour dresser un constat : le monde va à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d'ozone et qui brise les équilibres de la planète. » Ce qui est vraiment n'importe quoi, mais on a l'habitude : déjà, un an avant, le même NS avait dit : « Chaque EPR qui remplace une centrale à charbon fait économiser 11 millions de tonnes de CO2. Hein, les émissions... là ... qui font le trou dans la couche d'ozone. »
De plus :
### Le 28 juillet 2009 sur France-Info, le Président de la Conférence d’experts sur la création de la taxe carbone expliquait ainsi les motivations de cette création :
« Le principe c’est que la Terre est protégée de radiations excessives du soleil par l’effet de serre, c’est-à-dire une espèce de protection nuageuse, enfin… protection gazeuse qui, dans l’atmosphère, est relativement opaque aux rayons du soleil et quand nous émettons du gaz carbonique ou du méthane ou du protoxyde d’azote – un truc qu’il y a dans les engrais agricoles – on attaque ces gaz. On diminue la protection de l’effet de serre et la planète se transforme lentement en poêle à frire. » Abondance de contrevérités : les gaz à effet de serre ne sont pas opaques mais largement transparents à la lumière solaire visible ; aucun des gaz cités n’attaque quoi que ce soit, l’effet de serre n’est pas un mécanisme chimique mais physique ; quand nous émettons du gaz carbonique, on ne diminue pas l’effet de serre, on l’augmente, même si c’est de très peu.
Vous aurez reconnu dans le propos en fait un mécanisme s’apparentant à celui de l’attaque de la couche d’ozone par les CFC… Une autre bataille menée il y a trente ans. Ce morceau d’anthologie de l’inculture scientifique pour un "président d’une conférence d’experts" témoigne d’une méconnaissance totale à la fois de l’effet de serre et de son coupable désigné, le dioxyde de carbone. Consternant. Affligeant. ###
Ce passage entre ### est de la plume de François Gervais, qui, sous le pseudo de "Physicien sceptique", avait apporté contradiction à ma LO N°359 telle que je l'avais publiée sur LeMonde.fr. le 20/02/10 (cf LO 361). Il a eu la curiosité de suivre mes LO et l'amabilité de me répondre personnellement de manière détaillée et scientifique, et encore l'amabilité de m'autoriser à le citer.
En effet, moi aussi, je ne peux que dire : "consternant, affligeant". Déjà l'image de la poêle à frire est inadaptée : le four ou la cocotte-minute tiendrait mieux le coup. Je reste quand même étonné, car le Président de la Conférence d’experts sur la création de la taxe carbone est ou était Michel Rocard, et que je l'ai entendu plus récemment sur France-Inter présenter le mécanisme de l'effet de serre et le rôle du CO2 de manière tout à fait correcte… mais c'était au moment de l'abandon du projet de taxe carbone et peut-être entre temps avait-il mieux appris sa leçon. S'il n'est pas un scientifique, Rocard est tout sauf un imbécile, me semble-t-il.

J'ajoute, puisque j'en suis aux dénonciations que Bernard Werber, dans sa nouvelle "Et l'on pendra tous les pollueurs" (dans le bouquin "Paradis sur mesure"), entretient une confusion déplorable entre effet de serre et trou dans la couche d'ozone. Il n'est pas le seul, certes, mais ce qui est endémique chez l'homme de la rue ou chez un homme politique n'a pas sa place chez un journaliste-écrivain scientifique.
Cela dit, personne n'est parfait et tout le monde peut se tromper.
Dans le livre de Greenpeace "Dessins pour le climat" (paru en 2005 sur papier recyclé et où je suis présent avec les deux couvertures du "Troupeau aveugle" de John Brunner), cette confusion est souvent présente aussi, avec nombre de mises en évidence de bombes aérosol, sans compter l'image de tours de refroidissement de centrales nukes émettant de gros nuages de fumée noire, et l'emploi étrange du terme de "consommation de gaz à effet de serre"… Un peu de rigueur ne fait pas de mal (c'est quand il y en a beaucoup que ça pose problème).
Cela dit, j'aime bien BW quand même et Greenpeace aussi.

Cela dit encore, il y a quand même des interactions entre l'ozone stratosphérique (et son trou) et le problème du dérèglement climatique. Pour en savoir plus, on peut aller de nouveau chez Jancovici :
http://www.manicore.com/documentation/serre/ozone.html
En très bref, question couche ozone : l'ozone "haut" (c'est-à-dire situé dans la stratosphère) absorbe les UV. Le trou est principalement sur l'Antarctique. Les responsables sont les CFC, le chlore, le brome. Le méthane n'y est pour rien, la pollution auto non plus.
Le trou contribue par la bande à l'effet de serre dans la mesure où les UV entraînent une réduction de la photosynthèse, d'où une diminution du rendement des plantes et du plancton, question absorption du CO2.
Réciproquement, le réchauffement est susceptible d'augmenter le trou dans la couche d'ozone en rendant plus actif (destructeur de l'ozone) le chlore dans la stratosphère.
Il y a donc quand même interaction entre les deux phénomènes.
Par ailleurs, les CFC ou halo carbures sont bel et bien des GES : en dehors de leur mésaction sur la couche d'ozone, et bien qu'ils existent seulement à l'état de trace dans l'atmosphère, ils possèdent une puissante capacité à retenir la chaleur. Les halo carbures compteraient pour environ 10 % dans le réchauffement actuel. Une molécule de CFC-11 est 12.000 fois plus active dans l'effet de serre qu'une molécule de gaz carbonique. Heureusement que le bagnoles et les vaches ne pètent pas des CFC… Ce qui veut dire que le trou dans la couche d'ozone ne participe pas, par lui-même, au réchauffement climatique, ou très peu, mais ce qui provoque l'un provoque aussi l'autre. Et les CFC sont bien d'origine anthropique (humaine) et même typiques du monde STIC (Science-Technique-Industrie-Commerce).

Quant à l'ozone "bas" (celui qui se forme dans la troposphère = les couches basses de l'atmosphère en été suite à la pollution automobile), il joue aussi un rôle de réchauffement. Et en plus pas bon du tout à respirer.



OXYGÈNE
En passant, tant qu'on est dans les gaz atmosphériques, un mot sur l'oxygène (O2). Lui, aurait plutôt le rôle inverse du CO2, c'est-à-dire un rôle refroidissant. Ou, au moins, son abondance serait corrélée à des périodes de refroidissement – mais cause ou conséquence, ou simple coïncidence ? toujours la même question. (Il y a constamment corrélation entre le prix du tabac et le prix de l'essence, mais y a-t-il un lien de cause à effet, et si oui dans quel sens ?)
Voir :
http://www.laterredufutur.com/html/modules.php?name=News&file=article&sid=995&mode=&order=0&thold=0
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COMPLEXITÉ (Comme dirait Edgar Morin)
D'après tout ça, on peut comprendre que l'évaluation et la prévision de l'état de l'atmosphère, son évolution et l'évolution de l'effet de serre, c'est TRÈS complexe ! De même que la question de la responsabilité : rien ne ressemble plus à une molécule de CO2 produite par nos poumons qu'une molécule de CO2 produite par le pot d'échappement de nos voitures.
D'où les incertitudes qui sont inhérentes à une démarche scientifique et les polémiques liées à l'exigence d'un consensus, ainsi qu'aux simplifications hâtives exigées par la communication médiatique s'adressant au grand public et aux experts conseillers des décideurs politiques.



RIGUEUR (C'est la mode !)
Mais l'écologie est d'abord une science – et complexe, on ne le dira jamais assez. La lutte écolo, contre changement climatique ou autres, doit se faire autant que possible avec rigueur scientifique, sauf à se retrouver invalidée. Ce qui nous ramène à la polémique entre réchauffeurs anthropiques et négateurs (ou anthropo-négateurs, parce que beaucoup ne nient pas le réchauffement lui-même, mais l'importance des émissions anthropiques dans ces changements climatiques.)


mercredi 9 juin 2010

LES SIGNES NOIRS

  • LO N°382 (09/06/10)

    UN PÉLIKAN NOIR, c'est mauvais signe.
    La théorie du cygne noir, développée par l'écrivain Nassim Nicholas Taleb, est une théorie selon laquelle un événement imprévisible a, par définition, une faible probabilité de se dérouler, mais s'il a lieu, les conséquences ont une portée considérable et exceptionnelle.
    On peut appliquer ça à la recherche pétrolière off-shore et ses "imprévisibles" marées noires, à la finance internationale, aux matchs de froot, et à bien d'autres circonstances (l'élection de B'OB, par exemple).

    Dans le même ordre d'idée, quatre voyageurs parcourent l'Australie pour la première fois en voiture. En passant, ils voient un mouton noir. Le premier dit : "Les moutons australiens sont noirs". Le deuxième le corrige : "Non, on peut seulement dire qu'un mouton australien est noir". Et le troisième ajoute : "On doit être moins précis que ça et dire : au moins un mouton australien est noir." Le quatrième, un maniaque du doute : "Même pas, mais : il y a au moins en Australie un mouton qui a un côté noir."

    Dans le même ordre d'idée (enfin, si on veut…) qu'est-ce que "la conjoncture" ? Généralement, le terme est appliqué à une mauvaise passe économique liée à une conjonction de causes directes et indirectes entremêlées. Ou l'état global de l'économie à un moment. En réalité, à l'origine, c'est beaucoup plus précis que ça. C'est la question de "joindre les deux bouts" = con-joncture. Il s'agit de la période de l'année où les provisions de l'année précédente touchent à leur fin, tandis que la nouvelle moisson n'est pas encore faite. Si j'en crois un dessinateur coréen vu et lu dans "Cent dessins pour Haïti", les coréens traditionnels avaient une notion semblable, qu'ils appelaient "le col de l'orge"… le mot "col" évoquant à la fois un rétrécissement et une pente pénible à gravir…
    Ceci étant typique d'une notion cyclique du temps, traditionnelle dans les sociétés agraires… De fil en aiguille, je m'évoque le beau film japonais "La ballade de Narayama", pas tellement pour l'histoire du fils qui doit monter sur son dos sa vieille mère (en pleine forme) jusqu'à son lieu de mort, mais à cause de la question des provisions de l'année, stockées collectivement pendant l'hiver, et rationnées : il faut que ça tienne jusqu'au printemps, dans ce village isolé et proprement enfoui dans la nature. Et puis voilà qu'une famille vole… se fait prendre… et est condamnée à mort. Tout le village, pelle en main, les enterre vivants).
    Tout ça pour dire qu'il faut bien se rentrer dans la tête qu'on n'est pas dans une "crise conjoncturelle" (genre "ça va s'arranger au printemps"), mais dans une "crise systémique" : ça ne va pas s'arranger parce qu'on continue à puiser dans des réserves non saisonnières, non renouvelables.

    AVATARS
    C'est drôle comme le patron de BP, Tony Hayward, a la même tête que le nouveau Prime Minister de GB, James David Cameron, lequel a la même tête que son vice premier ministre Nick Clegg. Ou vice versa.

    VRAC
    Bon, on pourrait les prendre tous en vrac, la flottille, les tsahal et leurs gouvernants tén-hébreux, le Hamas à la masse, les thoniers français qui harponnent Greeenpeace, les sous-marins vendus par Balladur au Ploukistan, les trumeaux anglais, les gravats d'Haïti et de Vendée ou des trois tours de Sartrouville abattues en plein jour, l'équipe de Froot, les traders, les banquiers et les écono-mystes… et me balancer tout ça au fond du golfe du Mexique, histoire de colmater la fuite !
    Sans oublier les quelques milliards de $ de dividendes que ce Mr BP s'apprête à verser à ses zaxionairs… Lesquels, d'ailleurs, en particulier habitants de Floride, devraient être sur les plages et dans les bayous la pelle en main.
    (Quant aux très sérieux technorroristes qui ont imaginé d'utiliser une bombe H pour arrêter la fuite, sont-ils FOUS ?) (L'Union soviétique aurait bel et bien utilisé des armes nucléaires pour contrôler des puits de pétrole ou de gaz hors de contrôle. L'intensité de l'explosion faisait fondre la roche avoisinante, scellant la fuite. Les experts font toutefois remarquer qu'aucun de ces puits n'était sous l'eau.)

    RACHEL CORRIE
    Mais pourquoi ce bateau irlandais pour Gaza s'appelle-t-il ainsi ?
    Petit rappel de ma LO 53 (07/10/05) (Rien ne se perd…)
    … René Girard dit à peu près (je le mets à ma sauce parce que certaines de ses phrases sont vraiment trop tordues) :
    Ou bien vous vous opposez violemment à la violence et automatiquement vous faites son jeu, ou bien vous ne vous y opposez pas et elle vous ferme aussitôt la bouche. En d'autres termes, le système de la violence est tel que sa révélation est impossible. Vous ne pouvez tenter cette dénonciation qu'en devenant victime à votre tour, et en "profitant" alors du bref instant juste avant que la violence vous écrase, vous ferme la bouche. Il faut que vous en disiez assez pour pousser la violence à se déchaîner contre vous, mais pas dans l'obscurité. Il faut qu'il y ait des témoins assez lucides pour rapporter l'événement tel que réellement il s'est produit, sans le défigurer ou le transfigurer, ou le moins possible.
    Ça a coûté cher à Rachel Corrie, à l'époque – la vie.
    (J'avais un PPS qui racontait ça, mais il ne semple plus lisible… En bref Rachel Corrie, jeune militante américaine, a été écrasée par un bulldozer de l’armée Israélienne alors qu’elle manifestait pacifiquement contre la démolition de maisons palestiniennes. Ça rappelle aussi que tous les américains n'étaient pas des fils de bush.)

    BRICE DE NIX
    Moi, ça me fait chier que Brice H. soit condamné par un tribunal saisi par le MRAP pour injure raciale, ceci pour une plaisanterie plus ou moins raciste sur les Auvergnats, dans des circonstances plus ou moins privées. Est-ce bien à la justice de régler le sort de ce genre de blague ? (Les lois, quand y en a une ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose problème…) Dire que ce n'est pas avec des procès qu'on éradiquera la xénophobie ou le racisme ordinaire est une évidence.
    Et puis si on peut condamner pour ça un ministre de l'intérieur (que ce soit un gros con n'y change rien), on pourra aussi bien condamner un humoriste radio ou télé, un dessinateur de presse ou de web pour le même genre de plaisanteries (dite "de mauvais goût".)

    VISTULE
    Les plombiers poloniais, question d'enrayer les fuites de la Vistule, comptent beaucoup sur leur nouveau bienheureux martyr à titre posthume, Jerzy Popieluszko, "béatifié en plein Varsovie", comme dit le journal.

    OPIUM
    — Le foot, c'est l'opium du peuple.
    — Dire ça, c'est vraiment une banalité, un gros cliché.
    — Oui, mais c'est vrai quand même, comme bien des banalités et clichés.
    — Faut pas généraliser.
    — C'est vrai, mais c'est dommage, parce qu'on aime bien.

    EURO : « NS se veut rassurant. » (La presse)
    C'est curieux, mais plus les hommes politiques "se veulent rassurants", plus on a la trouille…
    Quand quelque chose ne va pas, les politiques font un discours pour nous rassurer. Le gouvernement travaille à nous rassurer. Ce qui est une manière de considérer les citoyens comme des enfants. Alors ça marche pas, évidemment, puisque ça ne peut se fonder que sur la confiance, et la confiance dans les politiques, nous l'avons perdue.

    ESPÉRANCE DE VIE(UX)
    Une loi pour punir plus sévèrement les assassins de vieux, c'est pas logique. Si on assassine un type de 70 ans, on lui fait perdre quoi ? 5 à 10 ans d'espérance de vie, selon les calculs actuels… Alors que si on tue un type de 20 ans, c'est 60 ans qu'on lui fait perdre… et même plus, puisque, d'ici qu'il atteigne les 80 ans, on aura peut-être encore gagné 10 ou 20 ans

    COMPOSITION D'UN PROCHAIN GOUVERNEMENT PS-VERTS (PERVERS ?)
    Daniel Cohn-Bendit président
    Rama Yade premier ministre
    — Mais… elle est ni écolo ni socialo !
    — Je sais, faites pas chier.
    Frédéric Lordon ou Bernard Maris à l'Économie (fermeture de la Bourse)
    Frémion à la Culture
    Bové à l'Agriculture et à l'Alimentation
    — Tiens, c'est vrai, il n'y a pas de Ministère de l'Alimentation… ça manque !
    Eva Joly à la Justice
    Nicolas Hulot et YAB à l'Écologie
    Georges Frêche à la Communication
    (Ségolène Royal reste à s'occuper de sa Région, elle fait ça très bien.)
    — Finalement, y a pas vraiment de socialos, dans ton gouvernement…
    — Je sais… Je sais…


lundi 31 mai 2010

TENNIS, FOOT, RUGBY, MARÉE NOIRE…


LO N°381 (31 mai 2010)

Terre battue de France
— Tsonga a abandonné, finalement…
— Jo-Wilfried, il souffrait du fessier.
— Ironie du sport.

— Séréna Williams prouve qu'une sacrée paire de nibards n'empêche pas de jouer au tennis.
— Sa sœur Vénus, elle, hurle à chaque frappe. Quelle famille !

— Le tennis, c'est bien joli, mais c'est quand même le foot qui est le principal sujet de conversation des mâles européens.
— Ça m'étonne pas.
— Les bleus en Tunisie : Thierry Henri est resté sur le banc de touche. S'il jouait, ce serait avec les mains attachées dans le dos.
— Heureusement qu'ils n'appliquent pas la charia, là-bas…



— Ensuite, à La Réunion contre la Chine, puis l'Afrique du Sud. C'est du tourisme extrême !
— Aller jouer au foot dans un pays où il y a 50 meurtres par jour, c'est gonflé, surtout pour une équipe à moitié blanche.
— Ou à moitié noire…
— Dans les deux cas, la remarque est raciste, j'vous f'rai dire…
— Avec ça la France organisera l'Euro 2016 de foot. « Réponse à la crise », dixit Machin. Faudra plein de nouveaux stades et ce qui va avec : routes, parkings. Bouyghes va se gaver.
— Et nous on va être gavés de foot.
— Bon, râlons pas sur tout : ça crée du lien social, il paraît.

— L'iPad est arrivé.
— C'est pour les iPadophiles.
— Foot + iPad : du pain et des jeux… Euh, pardon : des jeux et des jeux… sans pain.
— Sans iPain.

— La manif de vendredi a battu en retraite.
— Demi-succès ou demi-échec, on ne sait pas.
— C'est qu'il demi-pleuvait, aussi.
— Mais c'est aussi qu'on ne se mobilise plus dans la rue, maintenant, mais sur Facebook.
— Pour des apéros géants.
— Pas que. On peut aussi y dénigrer sa hiérarchie ou se faire interdire au Pakistan pour cause de caricature de Mahomet. Et puis, quand on aura tous un iPad, on pourra emporter son Facebook à la manif !
— Y a une application Taser, sur les iPad ?
— Tasernator, le retour. La Seine-Saint-Denis, c'est la jungle. Les petits porteurs prennent la fuite, abandonnant les aventuriers à la recherche de la cité perdue. Arlette à Malibu. Retraite de Russie…

— Et sur le rugby, rien ? Pourtant, Clermont-Ferrand, le bouclier arverne, tout ça…
— Et puis le rugby, c'est nettement plus fair-play que le foot.
— Facile, ils ont le droit de se servir de leurs mains, eux.
— Et puis y a l'accent.
— Et puis les maillots roses.
— Ah bon, je croyais que c'était la Gay Pride !?



— BP est sous pression.
— Tiens, ressers-moi un demi.
— Ça traîne. Tout le monde râle, genre « on nous cache quelque chose. » Mais on vous cache qu'une chose, ma bonne dame, c'est que nous, humains technologiques, ne nommes pas tout-puissants. Même problème que pour récupérer les boites noires du vol Rio-Paris par 4000 m de fond.
— C'est à qui, BP, en fait ? Le patron, c'est qui ?
— Mais y a plus de patrons ! BP, c'est aux actionnaires, c'est-à-dire à tout le monde. T'as un compte en banque ? BP t'appartient, t'es responsable !
— C'est pas juste, moi au moins, je lave mes ordures avant de les foutre à la poubelle.

BP disperse le pétrole au Corexit : le remède est pire que le mal
On reproche à B'O son manque d'action face au problème d'oil spoil : c'est que, en bon libéral, il clame : c'est la faute à BP, que BP se démerde. Ce n'est pas une question d'abandon des populations, reproche que l'on a pu faire à Bush lors de l'ouragan Katrina. Il n'y avait pas de coupable direct, là, juste des éléments de réflexion rétrospectifs : les digues mal entretenues, les habitations plantées dans les zones à risque (tiens, ça me rappelle quelque chose de plus récent, en France…)
Pour l'essentiel, c'était une "catastrophe naturelle" qui n'aurait fait de mal à personne si elle avait eu lieu dans une zone déserte, comme Rousseau l'avait dit pour le tremblement de terre de Lisbonne, mais, plus près de nous, comme Haïti, comme le tsunami… Les catastrophes ne sont des catastrophes que quand elles ont lieu dans des zones peuplées, très peuplées, trop peuplées.
Mais là, c'est bon : il y a un coupable tout désigné, avec son logo sur chaque baril. Pollueur = payeur. Que BP se démerde. Alors BP balance du Corexit.
Le détergent Corexit est un cache-misère. Déjà, il est fabriqué par NALCO, un client de BP – rien ne se perd. Il ne limite pas la pollution, il essaie de la cacher. Et en fait il l'augmente : les gouttes de pétrole ne disparaissent pas, y a pas de miracle, elles sont diffusées, éparpillées dans un volume d'eau encore plus grand. Sans parler des effets nocifs du Corexit lui-même... On est dans la même logique que dans la gestion de la crise financière : encore plus de dette pour résoudre le problème de la dette.
Au lieu d'une nappe qui flotte en surface, genre gelée, repérable et susceptible d'être arrêtée par des filets et des bouées, on a du sirop, une sorte d'émulsion de pétrole qui reste entre deux eaux. Les poissons absorbent et absorberont ce mélange de pétrole et de Corexit ; mais à plus faible dose que si le pétrole restait compact ; par conséquent ils ne mourront pas mais ils accumuleront les toxiques ; ils seront ensuite péchés et consommés par les humains, s'il en reste. En l'absence du Corexit les effets du pétrole seraient plus violents, sans doute, mais surtout plus visibles, car la nappe de pétrole compacte et flottante laisserait une meilleure chance de pouvoir la ramasser. Quant aux poissons, ils seraient vraiment intoxiqués, donc ils  mourraient et ne seraient pas consommés.


— De toutes façons, d'ici 2050, il y aura plus de poissons.
— On a donc une nouvelle destination de tourisme extrême : après Afghanistan, Corée du Nord, Tchernobyl, Thaïlande, Grèce, Si-Chuan, Haïti, Chili, Abruzzes, Vendée… maintenant, Louisiane, Floride…
— T'as oublié Manhattan… Ground Zéro…
— Ils vont y construire une mosquée, il paraît…
— Avec deux minarets de 400 mètres de haut ?
— Et à Marseille, on va en construire une à la place des anciens abattoirs (!)
— Et puis n'oublions pas l'Indonésie, avec son volcan de boue, un véritable site d'attraction touristique !

Indonésie, 2006, Province orientale de Java. La compagnie PT Lapindo Brantas fait des forages à la recherche de pétrole ou de gaz. Son trépan perce différentes couches de roches, jusqu'à plus de 2800 m de profondeur. De-ci de-là, aux alentours, des éruptions se produisent : de la vapeur d'eau et du sulfure d'hydrogène H2S qui pue et qui est dangereux : cf algues vertes. Il semble que le forage ait agi comme déclencheur de décompression d'une poche de boue, dans un sous-sol déjà déséquilibré par l'activité sismique de la région. Depuis, c'est une sorte de volcan mou qui crache sa purée à la surface, une matière visqueuse, grisâtre et chaude, chargée en hydrocarbures et en métaux lourds.
Eruption au ralenti, tsunami au ralenti, explosion au ralenti.
Le "volcan de boue" de Sidoarjo a éjecté 50 000 m3 de boue par jour à ses débuts, un peu moins maintenant, semble-t-il, mais avec deux nouveaux cratères ; il a déjà recouvert plus de 700 hectares et une douzaine de villages. L'éruption risque de continuer pendant un temps qu'on ne peut déterminer (des décennies, pensent certains) et à ce jour, tous les efforts pour l'arrêter ont échoué. Les rivières sont polluées, les élevages de crevettes sont foutus, 40 000 personnes ont été déplacées, on construit des digues – qui se fissurent déjà : le sol s'effondre, des villages, des lignes à haute tension, des voies ferrées  ou des routes sont englouties. (D'après Wikipedia et Good Planet)

— On dirait du Brussolo !

— Mais… des trous dans la terre, on en a toujours fait. Les puits, les mines…
— Des trous au fond des mers, c'est plus récent. Avant, on n'avait pas les moyens.
— Si la Terre était creuse on pourrait craindre que les océans s'écoulent vers son centre comme l'eau sale au fond d'un évier. Mais c'est le contraire qui se passe : il y a de la pression, là-dessous.
— Si ça se trouve, la Terre est pleine de pétrole comme une outre !
— Et de boue grise !
— Une valve, une bonde, un bouchon, un couvercle ! Vite !
— Mais B'O nous le dit : BP paiera les dégâts, et on fait des commissions pour que ça ne se reproduise pas.
— Mais ça s'est produit. C'est comme les meurtres suivis d'une loi sur la récidive, ou les guerres suivies d'un "plus jamais ça" ! Trop tard : ça s'est produit. On ne retourne pas dans le passé pour empêcher la catastrophe avant qu'elle se produise. Le crime contre la biogée a eu lieu, a lieu, aura lieu chaque jour et aucune loi anti-récidive n'y peut rien.
— Amen.
— Ta gueule !

jeudi 27 mai 2010

MÉTHANE


LO N° 380 (27/05/10)

Mais j'ai dit que je reparlerais du méthane, donc :
SUITE 14 - RETOUR SUR LE MÉTHANE ET LES CLATHRATES
# … si l’augmentation de la concentration du méthane dans l’atmosphère, très rapide après le début de l’ère industrielle, s’est ralentie depuis quelques années pour des raisons encore débattues, un retour à un accroissement rapide, en cas de dégel des régions arctiques, par exemple, reste tout à fait possible. # (Site Global Chance)
En effet, si les T° continuent d'augmenter (quelle qu'en soit la cause, Soleil ou GES d'origine humaine), les clathrates (hydrate de méthane ou glace de méthane) pourraient se mettre à roter comme des vaches, dégageant moult méthane dans l'atmosphère ; de même que d'immenses surfaces de pergélisol, dégelant, lâcheraient aussi leur méthane. (Quand le sol fond, c'est la terre (la Terre) qui se dérobe sous nos pas.)
Et cela se ferait vite, à cause d'un effet de seuil (le moment où le verre déborde), en quelques mois la concentration de CH4 dans l'air augmenterait énormément, entraînant (toujours rapidement) un nouvel excès de serre, c'est-à-dire une montée de T° rapide. (Pas de chiffres disponibles, d'où l'usage de termes emphatiques comme énormément, vite ou rapidement, comme un vulgaire journaliste télé.) Si bien que finalement les dernières alarmes de ce vieux fou de Lovelock ne seraient pas si invraisemblables.
(Cf Books N°13, mai-juin 2010 –
http://www.booksmag.fr/magazine/a/climat-apocalypse-tomorrow.html)
Cf. aussi les alertes de Paul Alary que j'ai exposées dans la LO 333 (la moitié de 666, c'est mauvais signe).
Bon, cela dit, il semble (d'après les scientifico-sceptiques) que les T° ont cessé d'augmenter en 2007 – peut-être pour laisser la place dans les médias à la crise financière… Et que, comme dit plus haut, la concentration en méthane stagne. Donc attendons et buvons frais.

— Allons bon ! Voilà qu'on apprend que les termites dégagent des paquets de méthane à effet de serre !
— On devrait écrire "thermites", alors.

(Il faut citer aussi les explosions de méthane qui précèdent et accompagnent les séismes. Le méthane provoque les incendies qui sont souvent associés aux secousses sismiques. Les animaux sont énervés ou agités avant les séismes car ils sentent le méthane qui s’échappe. Les nombreux séismes et éruptions de 2009, 2010 devraient se marquer par une augmentation du taux de méthane dans l'atmosphère.)

(En rangeant de vieux journaux, je retombe sur un entrefilet dans un CH-H de juin 09. Anatoli Nesterov, de l'Académie des Sciences de Russie explique la disparition de tant de bateaux dans le fameux triangle des Bermudes par l'y abondance de clathrates. Un mouvement de terrain sub-océanique ou un réchauffement des eaux favoriseraient une décomposition des clathrates en question, ce qui produirait une baisse brutale de la densité de l'eau, d'où bateau coulé !
— Mais les avions, alors ?
— L'odeur, peut-être…
— Mais non, j'ai dit que le méthane est inodore. Ce qui pue dans nos pets, c'est le sulfure d'hydrogène H2S. (Celui-là même qui sort des algues vertes, d'ailleurs, et qui, à forte dose, est mortel.)
— En plus, je sais pas si vous êtes au courant, mais sous le triangle des Bermudes, au fond, y a les restes de l'Atlantide engloutie.
— Le réchauffement climatique serait-il la vengeance des Atlantes ?
— Comme le 11 septembre ?
— À moins que ce soit encore un coup des Templiers…
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Le site Global Chance insiste très fortement sur le rôle du méthane et sur des éléments de calcul assez complexes qui sont mal communiqués et donc mal pris en compte par les décideurs. Je reviens donc aussi sur la question de la communication. En bref, d'une part on simplifie trop à l'usage de présidents et élus scientifiquement nuls ; d'autre part on s'obnubile sur le CO2 en oubliant le méthane ; d'autre part encore, la manière dont on considère son PRG (potentiel de réchauffement global) induit une erreur de calcul sur le court et le moyen terme. Son PRG de 25 (on l'a d'abord dit de 21 puis de 23) est calculé "sur 100 ans", MAIS, sur 20 ans, il est de ± 70, sur 50 ans de ± 40… Autrement dit, la capacité de réchauffement actuelle du méthane déjà présent dans l'air, son PRG, est presque trois fois plus élevée que les chiffres pris en compte (21 revu 25). Si bien que l'urgence serait de s'attaquer au NH4 plutôt qu'au CO2. Et justement, à part les rots des vaches et nos flatulences, le NH4 est relativement facile à récupérer et à utiliser en gaz de ville.
Pour plus de précisions techniques et chiffrées, voir :
http://www.global-chance.org/spip.php?article83
# Au bout de 100 ans, a rappelé M. Le Treut, le méthane (CH4) a un potentiel de réchauffement planétaire 21 fois plus élevé que celui du CO2. Mais à moyen terme, son impact climatique est bien plus fort que celui du gaz carbonique. Ainsi en 2020, le potentiel de réchauffement planétaire d’une tonne de CH4 émise en 2000 sera 72 fois plus élevé que celui d’une tonne de CO2 envoyée la même année dans l’atmosphère. Conclusion : compte tenu de l’accélération de l’effet de serre et de l’urgence de le combattre, il ne faut pas seulement combattre le CO2 mais aussi les autres GES. Il faut notamment donner une plus grande importance aux réductions de CH4, qui seront bénéfiques pour l’atmosphère à relativement brève échéance. #
# La recommandation européenne de stabilisation à « 450 ppmv d’équivalent CO2 » (nécessaire pour limiter le réchauffement à 2 degrés) s’appuie sur ces scénarios détaillés prenant en compte le rôle de chaque gaz. En effet, une division par deux des émissions de CO2 ne permettra pas d’atteindre à elle seule la cible de 450 ppmv. Il faut un effort concomitant sur les autres gaz. La stabilisation à 450 peut être atteinte, par exemple, en combinant = une division par deux des émissions de CO2 + une réduction de 30 % des émissions de méthane + une réduction d’autant de protoxyde d’azote d'ici 2050 (par rapport à 1990).
Pourtant seuls les efforts de réduction du CO2 sont cités dans la suite du texte du Conseil européen. De même, dans les conclusions du Grenelle de l'environnement, après l'affirmation de la volonté de se conformer aux recommandations de l'UE, les mesures proposées concernent exclusivement la réduction des émissions du CO2, sans qu'une seule fois le document final ne mentionne le méthane. Ce manque d'intérêt apparent pour le méthane ou les autres gaz à effet de serre est sans doute à mettre en relation avec l'usage d'outils comptables très simplifiés destinés à évaluer leur rôle dans les politiques de réduction. Tellement simplifiés qu'ils en deviennent erronés quand il s'agit de chiffrer les émissions des différents gaz en tonnes d'équivalent CO2. #
(D'après Benjamin Dessus, Bernard Laponche, Hervé Le Treut. La Recherche n°417. 01/03/2008. Et site Global Chance)
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— Mort aux vaches ! : elles rotent du méthane !
— Oui, on sait.
— Mais les kangourous ?

LES KANGOUROUS CONTRE L'EFFET DE SERRE
Les Australiens travaillent depuis quelques années sur la réduction des pets et rots des ruminants, à l’origine d’importantes émissions de méthane. L’enjeu est de taille, puisque les flatulences des ruminants seraient à l’origine de 14 % des GES émis par l’Australie. Sans oublier la consommation de viande pose le problème de la ressource alimentaire globale : il faut 5 kg de protéines végétales pour obtenir 1 kg de protéines de poulet, ou 7 kg de protéines végétales sont pour obtenir 1 kg de protéines de porc. Donc toujours davantage de surface cultivable, d’eau et d’énergie.
Manger moins de viande, OK, et si on garde encore quelques vaches pour faire du Camembert et du Milka Suchard, les empêcher de roter et péter.
Donc des scientifiques tentent d’isoler des bactéries propres aux kangourous, car leur digestion ne produit presque pas de méthane grâce à la présence de bactéries acétogènes sources de gaz acides sans influence sur l’effet de serre. (Pourtant, quand on les voit sauter, on pourrait les croire pétopropulsés…)
Mais isoler ces bactéries devrait prendre encore trois ans ; ensuite, il s'agira de les transplanter dans le tube digestif des vaches et des moutons ; et ce n’est qu’alors que nous saurons si ces bactéries peuvent y vivre, s’y reproduire et, au final, réussir à s’imposer aux micro-organismes méthanogènes… 


http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2912
(Légèrement réécrit par moi…)
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(J'ai pêché la plupart de ces infos techniques chez Jancovici, l'INRA, Wikipédia, Actu-environnement, Univers-nature et Global Chance)
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Illus pour "C'est dans la poche", 
in Sourires Unanimes, Hervé Rousseau

samedi 22 mai 2010

ROUGE


LO N°379 (21/05/10)

Encore un dessin d'actualité (qui rigole pas).



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Mais aussi, juste pour rire, dans la série "il est partout, même dans les bouquins de SF", un scan d'un Fleuve Noir de 1984 que j'ai trouvé un peu par hasard. Y a pas de trucage photoshop, promis.


En gros, c'est de l'heroic fantasy futuriste, aventures violentes dans une Amérique revenue à la barbarie. Les Grandes Zunes, c'est les actuels Etats-Unis, et ça caille.
J'ai cherché quelques passages croustillants à vous copier…
P 11 : — Qu'est-ce que c'est "un immeuble" ? interrogea soudain le petit Sarkô.
Mais ses voisins le firent taire.
P 185 : — Auriez-vous peur, galeux ? les injuria Sarkô qui balançait l'épée devant lui.
Bon. Ça suffit comme ça !

Profitons-en plutôt pour nous instruire sur "de quoi Sarkozy est-il le nom?":
# Sarkozy, en hongrois, se prononce "char-ko-sy" et signifie littéralement "dans la boue". La famille du petit Nicolas vient de la ville Hongroise de Sarkose, bâtie effectivement sur des marécages, le "y" final indiquant une origine noble. Mais ce qui fait le plus marrer les Hongrois, c'est la prononciation de son nom à la française : "Sar-ko-sy". En effet, le phonème "Sar" signifie "merde" en hongrois (qui s'écrit en fait "szar"). Et l'on apprend que "Sarkozy", prononcé à la française, signifie littéralement "dans la merde"... Maintenant, nous pouvons dire que nous sommes "sarkozy" jusqu'au cou... #