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lundi 27 janvier 2014

NO FUTURE


30 minutes de dessin animé pour expliquer la fin du pétrole et se conséquences
https://www.youtube.com/watch?v=a0J2gj80EVI&feature=youtube_gdata_player

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La croissance démographique combinée avec les progrès de l’automation expliquent l’augmentation du chômage.
On a besoin de croissance, puisque la population augmente.
On a besoin que la population augmente pour produire de la croissance.
> Croissance économique et croissance démographique, même combat… celui qui mène à l'extinction.

dimanche 2 octobre 2011

BIENTOT 7 MILLIARDS


LO N°458. 2 octobre 2011.
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Les humains, quand y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose problème.
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RELIGION ET SURPOPULATION
Toutes les religions sont procréatrices, je veux dire pro-procréation. Donc contre la masturbation (improductive), contre la contraception sous toutes ses formes, contre l'avortement. Contre tout contrôle des naissances, hors la retenue personnelle type coïtus interruptus et même pas coïtus du tout si ce n'est pas pour faire des petits. On peut se demander pourquoi. Qu'est-ce que le sexe et la procréation ont à voir avec la spiritualité ? Et ainsi, à chaque occasion où le pape (ou un autre du genre) fait une déclaration anti-capote, anti-avortement ou autre du genre, on gueule en disant : " Lui qui, justement, ne pratique pas le sexe, qu'il s'occupe de sa spiritualité et pas de nos fesses !" Mais c'est mal comprendre ce qu'est "la religion". Les religions ne sont pas "la spiritualité", ne sont même pas vouées à encourager la spiritualité ou le mysticisme qui ne sont que des effets secondaires indésirables.
Pour une grande part, "la religion" (= le dieu et ses prêtres) est un système politico-social, un système de gestion de la société : organiser des rituels de "communion", proposer ou imposer une morale sociale cadrant, ordonnant les instincts sauvages : la violence et la sexualité, principalement.
Plus profondément peut-être, ou plus primitivement, "la religion" (= le dieu et ses prêtres) est la voix de "la nature", le représentant direct des contraintes de la nature qui s'imposent à la vie en général, ou plus spécifiquement à l'espèce, ou, encore plus près, à la tribu. Toute espèce, la vie, la nature, n'a qu'un but : durer. Survivre au long du temps, et pour ce proliférer. Que l'on se place au point de vue universel de la nature ou au plus local de la tribu, la loi est la même : pour s'en tirer, quelles que soient les pertes (famines, maladies, guerres…), il faut faire nombre. Le dieu des fables bibliques est une sorte de chef de clan qui doit tout faire pour la survie de ses ouailles, non en tant qu'individus, mais en tant que groupe (nation, ethnie, espèce…).
La tribu (par exemple les habitants du proche orient de l'âge du bronze) vit des conditions difficiles : sécheresse, prédateurs… et aussi rivalité avec les tribus voisines, donc bagarres et guerres, défense de territoire ou conquête guerrière de territoire. Donc pertes : il faut renouveler le plus vite possible les chasseurs, guerriers, cultivateurs… Se pratique aussi la conquête démographique : occuper le terrain par prolifération jusqu'à évincer l'autre tribu moins prolifique. De plus, ces conditions de vie difficiles en général font qu'il y a beaucoup de mortalité infantile. Donc pour être sûr de garder un ou deux enfants survivants, il faut en faire huit ou dix. En bref, faire beaucoup de petits est un gage de survie, de persistance de la famille, la tribu, la race, l'espèce… la vie.
Donc, à la base, il y a les "croissez et multipliez" proférés par Yahvé Dieu, à Adam-Eve, à Noé, à Abraham… Et ce n'est pas du tout une affaire "spirituelle", c'est une question de survie. L'espèce veut perdurer. Le vivant veut perdurer… Mais ne prévoit rien – ne prévoit pas, en tout cas, que cette espèce, victime de son succès, serait en proie à une telle prolifération qu'elle se mettrait en danger (ça, encore…) mais mettrait en danger toutes les autres, tout le vivant. La nature est une idiote.
Parce que, évidemment, la suite de l'histoire, c'est l'arrivée à un seuil, le point ou trop c'est trop, où la quantité devient un handicap. La démarche de croissance démographique, sans doute indispensable dans les conditions d'il y a douze mille ans, se retourne contre elle-même en boomerang : les ressources (disons nutritives, pour rester basique) se restreignent, s'épuisent, malgré les progrès que l'on peut faire dans la gestion de ces ressources (l'agriculture) et même, plus tard, à cause des progrès en question (chimioculture, pollution, etc.). Il faudrait s'arrêter, à ce moment-là, juste avant l'épuisement et l'effondrement. Se dire "Bon, là, on est à notre optimum, on équilibre ressources et population, renouvellement des ressources et renouvellement de la population, tenons-nous en là. Gardons cet équilibre (déjà pas si facile à tenir)."
Ça semble rationnel… ou au moins raisonnable. Mais les prêtres, le dieu, la nature… ne sont ni rationnels ni raisonnables. Ils restent coincés dans leur obéissance à la loi primitive qui veut que l'on prolifère pour durer. Ils ont gravé des lois de fécondité dans le marbre et dans les circonvolutions cérébrales de tout leur petit monde. Vu par le petit bout, on peut dire qu'ils veulent garder leur place, leur pouvoir, leur richesse, mais c'est anecdotique. Plus largement, ils sont, comme le reste de la tribu, emportés par l'élan. Force d'inertie. Tradition. On a construit tout un monde sur ces lois, sur cet élan téléologique, sur ces légendes (legenda : ce qui doit être lu). La Loi de Dieu, aveugle, poussée par son passé, pousse devant elle la tribu (l'humanité, maintenant). Si les avant-gardes voient le ravin devant, par contre à l'arrière, on ne voit rien. On est une force qui va – dans le mur, dans le ravin, à la chute. Continuant sur sa lancée, sur son erre, comme un vaisseau. Ne comptons pas sur le dieu ou les prêtres pour arrêter le mouvement, ils pensent encore comme une tribu du désert, relais de la voix de la nature au sens le plus primitif. Attardés, ils pensent comme des homo à peine sapiens, à partir d'un état du monde lointain, à huit ou dix mille ans dans le passé.
Et finalement, c'est "la nature" qui réagit – idiotement aussi : elle réagit sans pitié, par la famine, la guerre, l'épidémie, la stérilisation, de grosses katastroffes… La mortalité infantile, déjà, depuis toujours, est le grand régulateur. (Mais on s'efforce avec succès de la réduire… est-ce bien raisonnable ?) Suite aux réactions de la nature, la tribu ou l'espèce s'éteint ou est ramenée à sa plus simple expression et pourra repartir de 0,2 pour un nouveau cycle de croissance. Pas de morale à ça. La nature n'est pas morale, ne connaît pas le bien et le mal, elle n'est pas hostile, elle est implacable. Et ses lois ne sont pas des "lois" (comme nous on en écrit), mais seulement les causes et conséquences mécaniques. Aucune volonté divine : la nécessité, les aléas.
On peut évidemment décider que la nature a raison et attendre qu'elle règle la question par sa violence aveugle. Mais si nous sommes devenus des humains, des civilisés, c'est bien en ayant pris les rênes – pour le meilleur et pour le pire. Le pire, c'est sans doute de continuer à laisser parler cette voix (et voie) de la religion primaire qui nous dit "Continuez à croître, un bon tsunami généralisé (déluge) réglera la question en temps utile." Oui, pourquoi s'embêter ? Y a qu'à attendre. Le meilleur serait peut-être que nous (les humains) décidions par nous-même, à moindre frais, de dire STOP à la prolifération.
« […] les limites inextensibles de nos provisions alimentaires nous faisant un devoir de prévenir rigoureusement un excès possible de notre population – parvenue aujourd'hui à un chiffre qu'elle ne saurait jamais dépasser sans danger, cinquante millions –, nous avons dû interdire en général, sous les peines les plus sévères, ce qui, paraît-il, se pratiquait communément et ad libitum chez nos ancêtres. Est-il possible qu'ayant fabriqué des monceaux de lois dont nos bibliothèques sont encombrées, ils aient omis précisément de réglementer la seule matière jugée digne aujourd'hui de réglementation ! Conçoit-on qu'il ait jamais pu être permis au premier venu, sans autorisation régulière, d'exposer la société à l'arrivée d'un nouveau membre vagissant et affamé – surtout en un temps où l'on ne pouvait, sans permis, tuer un perdreau, ni sans payer des droits, introduire un sac de blé ? Plus sages et plus prévoyants, nous dégradons, et, s'il récidive, nous condamnons à être précipité dans un lac de pétrole, quiconque se permet ou plutôt se permettrait (car la force de l'opinion est venue à bout de ce crime capital et a rendu inutiles nos pénalités) d'enfreindre sur ce point la loi constitutionnelle. » (Gabriel Tarde, "Fragment d'histoire future", 1896, p 43)
http://classiques.uqac.ca/classiques/tarde_gabriel/fragment_histoire_future/fragment.html
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MAIS C'EST TOUJOURS LE SEXE QUI LES PERDRA
En cherchant des images de la Kaaba de La Mecque pour la LO N°440, j'ai découvert ce détail hallucinant. (C'est moi qui hallucine ou cette forme est bel et bien vaginale ?)

Cette châsse en argent incrustée à l'un des angles du cube de la Kaaba contient une pierre noire sacrée, prétendument météorique et plus vraisemblablement volcanique.
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En kiosque d'un jour à l'autre, PSIKOPAT 235, spécial POLICE.


samedi 26 décembre 2009

GAZ


LO N°345 (26/12/09)

RIEN N'A PLUS D'IMPORTANCE
Selon comment vous prononcez "plus", ça peut vouloir dire "c'est foutu, alors plus la peine de…" ou "c'est la chose la plus importante du monde et de tous les temps" — comme vous voulez.
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(N'importe quoi en noir sur rouge, ça fout la trouille, non ?)

RÉSOLUTIONS POUR L'ANNÉE NOUVELLE
"Baisser nos émissions de gaz à effet de serre de 20% ou plus d'ici 2020". C'est bien, mais comment on fait ? Parce que dit comme ça, c'est un peu abstrait… et les déclarations de Copenhague se sont contentées de cette abstraction. Du discours, quoi (comme d'hab').
Comment on fait ? En vrai.
Pour faire image, je vais dire 25% (un quart), et "en dix ans"… Et je ne vais pas considérer "à partir de chiffres de 1990", c'est déjà loin. Mais de maintenant.




Pouvez-vous vous faire à l'idée de réduire d'un quart, dans les dix ans qui viennent…?
- Vos déplacements automobiles. En fréquence et/ou en distance. (Possible. Sauf pour quelques accros. Et ne me parlez pas de voiture électrique ou d'agro-carburants !)
- Vos trajets en avion. (Possible aussi. Sauf pour quelques accros. Et pareil pour l'agro-kérozène !)
- Vos emballages. (Marché, sacs en papier, vrac…)
- Votre consommation de viande de bœuf. (Deux steaks de moins par semaine, par exemple.)
- Votre consommation de fruits exotiques et/ou hors saison. (Se passer de bananes jusqu'à ce que le réchauffement climatique permette que ça pousse chez nous…)
- Votre chauffage en hiver. (Aïe, vivre à 15°…? Chez moi, j'ai 16 – ça va.)
- Votre clim' en été. (Je n'en ai pas je n'en ai jamais eu…)
- Votre temps de connexion/téléchargement sur Internet. (Hum…)
- Votre temps de radio, télévision, éclairage, etc. (Simple question de vigilance dans les gestes quotidiens…)
Mais aussi votre fréquence de déplacements en transports en commun, votre chauffage au bois, vos lectures en papier… parce que tout ça aussi, ça produit du gaz à effet de serre et, quand il y a urgence, il ne suffit pas de s'attaquer au pire, il faut lutter partout !
Pour ne pas se perdre dans les détails, et puisque l'argent sert de jauge ou de résumé de tout le reste, on peut aussi se représenter ça en se plaçant sur un plan financier : êtes-vous prêt à réduire vos revenus d'un quart ? (Et par là même réduire d'un quart votre consommation de tout, puisque tout coûte de l'argent, tout réclame de l'énergie, et donc produit des gaz à effet de serre, donc du réchauffement.) On peut appeler ça "appauvrissement" ou "décroissance", ou "sobriété volontaire"… On pourrait d'ailleurs envisager que cette taxe de 20% sur tout soit reversée aux habitants des pays pauvres, etc.
Tout ça, ça semble possible, non ?
Il y aurait autre chose, pour faire image : se rappeler que la vie (animale), la respiration, produit du CO2. Pouvons-nous envisager de respirer un quart de moins ? Ce qui veut dire, en fait, vivre un quart de moins (on en est à ± 80 ans d'espérance de vie, donc euthanasie à 60 ? – merde, je suis mort !), ou alors faire un quart de moins d'enfants, ce qui est plus raisonnable… Ou une manipulation génétique qui ferait des gens un quart plus petits. Mais ça, c'est l'avenir… Dans les dix ans à venir, dans l'immédiat, est-il pensable d'éliminer un quart de la population mondiale ? (Je veux dire en plus des morts normales). Bien sûr qu'on ne peut pas envisager froidement ce genre de "décroissance". Mais "la nature" (qui n'est pas hostile mais implacable, y compris "la nature humaine") risque de s'en charger sans se préoccuper de confort moral. (Pandémies, guerres, tsunamis, guerres, typhons, siphons, guerres, noyages en masse, guerres, incendies, guerres…)

Mais, mine de rien, de plus en plus de gens (scientifiques, médiatiques, politiques) évoquent (prudemment) l'idée de contrôle actif des naissances, malgré le fort tabou… Disons-nous bien que le laisser-faire démographique est un crime contre l'humanité.




Maintenant, pour revenir au CO2, 50% ou plus d'ici 2050, c'est une autre paire d'atomes d'oxygène ! Et ça suppose bien autre chose qu'un ajustement de notre mode de vie : un véritable retournement.

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QUESTION DE NOMBRE
Le plus gros émetteur de gaz à effet de serre, quel que soit le pays, c'est le PIB. Augmentation du PIB = augmentation des dépenses d'énergie = augmentation des émissions carbone.

Les moyennes sont une chose, les totaux en sont une autre (tautologie nécessaire).
Un Chinois émet, en moyenne, cinq fois moins de gaz à effet de serre par an qu'un Américain.
Pourtant la Chine est devenue, en 2006, le premier pollueur mondial, devant les Etats-Unis.
Pourtant 10% des ménages chinois sont équipés de chauffe-eau solaire, un nombre en hausse de 20% par an.
Pourtant la Chine est devenue, en 2006, le premier pollueur mondial, devant les Etats-Unis.
La Chine est le premier producteur mondial de panneaux photovoltaïques.
Pourtant la Chine est devenue, en 2006, le premier pollueur mondial, devant les Etats-Unis.
Pékin veut atteindre 15 % d'énergies non-fossiles d'ici à 2020, selon les objectifs fixés dans son plan national sur le changement climatique.
Pourtant la Chine est devenue, en 2006, le premier pollueur mondial, devant les Etats-Unis
— question de nombre.
(Sans oublier que la majeure partie des entreprises industrielles chinoises travaillent pour NOUS. Autrement dit, leur pollution est notre pollution. Quant aux panneaux photovoltaïques qu'ils produisent, ce sont les moins chers du monde : nous les leur achetons donc, ce qui 1) ne fait pas vivre des entreprises françaises susceptibles d'en produire, 2) coûte un max en énergie pétrolière pour le transport depuis la Chine, et donc en gaz à effet de serre, et donc en réchauffement climatique.)

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Cao Tian Ba, "village écologique modèle" dans le Yunnan Kunming (Chine)
Dans les zones rurales, le gouvernement chinois lie le combat contre la pauvreté à l'essor des énergies renouvelables
Il y a quelques mois encore, Cao Tian Ba était un village anonyme de la province chinoise méridionale du Yunnan. C'est aujourd'hui un village écologique modèle. Cette mutation – signalée par une grande stèle dressée dans la rue principale – a changé le quotidien de ses 140 habitants, des montagnards de la minorité des Miaos.
La panoplie complète des énergies renouvelables est arrivée presque du jour au lendemain : chauffe-eau solaire, équipement de la cuisine au biogaz et une dizaine de lampadaires photovoltaïques pour l'éclairage public. Sur les murs de terre ocre rouge des grandes fermes serrées les unes contre les autres, des dessins expliquent comment fonctionnent ces nouvelles sources d'énergie. Au moins une personne par famille a reçu une formation.
« Je n'utilise plus l'électricité que pour faire marcher mon poste de télévision », explique Pan Jun Rong, 40 ans, chef du village et secrétaire local du Parti communiste qui a convaincu les familles de verser 1 000 yuans chacune (100 euros environ) à ce tribut écologique. Une somme non négligeable pour ces paysans qui gagnent quelques milliers de yuans par an. Le reste a été subventionné par la province.
Dans une cuisine carrelée de céramique blanche, Wang Qin vante devant un réchaud neuf ses nouvelles installations : « C'est très pratique, je n'ai plus besoin d'aller dans la montagne pour ramasser le bois », raconte la jeune paysanne. Elle et son mari possèdent six cochons et un hectare de terre sur lequel ils font pousser du maïs, des poivrons et du tabac. « Avant, je dépensais 40 à 50 yuans par mois pour l'électricité, aujourd'hui c'est deux fois moins », ajoute-t-elle
Le biogaz est fourni gratuitement aux villageois. Il provient de l'exploitation porcine située à un kilomètre du village. La ferme privée qui élève 20 000 animaux s'est équipée d'une unité de récupération du lisier qui permet, après fermentation, de produire 250 m3 de gaz par jour. De quoi approvisionner la ferme et le village.
(…) Dans ces régions rurales déshéritées, le gouvernement ne vise pas seulement à déployer des énergies renouvelables pour freiner les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Il cherche aussi à améliorer les conditions de vie des paysans restés à l'écart de la croissance fulgurante enregistrée par le pays au cours de ces dernières décennies.
Ici, le recours au biogaz aide aussi à freiner la déforestation sur les versants montagneux de moyenne altitude. « La présence des arbres permet de réduire l'érosion des sols et des glissements de terrain », insiste le chef du village qui mesure le prix de cette préservation : Cao Tian Ba est un village de paysans déportés. En 1989, tous vivaient à 80 km d'ici mais furent obligés de partir pour se mettre à l'abri des catastrophes naturelles liées notamment à la déforestation.
Ciao Tian Ba qui est le premier village du district à avoir été équipé de biogaz collectif doit faire des émules. Des projets d'élevage porcin sont à l'étude à proximité d'autres villages. Il existe aussi des programmes pour équiper individuellement les familles. La production de gaz se fait alors à partir de la récupération des excréments humains et du lisier des quelques porcs que possèdent la plupart des villageois. Une subvention de 1 000 yuans par famille est accordée pour l'achat d'un biodigesteur qui vaut en moyenne le double.
Le gouvernement s'est fixé pour objectif national l'équipement de 50 millions de foyers ruraux d'ici à 2010. La moitié a été atteinte en 2007.
Les agences d'aides multilatérales soutiennent ce projet. La France y participe à travers l'Agence française de développement qui finance l'équipement de 27 000 familles dans le Yunnan et de 100 000 dans le Sichuan.
Laurence Caramel © Le Monde
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Ne crions quand même pas au miracle : ce "biogaz", c'est quoi ?
Un gaz combustible, un mélange en moyenne de méthane (CH4) à 65% et de 
CO2 à 35%. C'est une énergie renouvelable issue de la biomasse (lisier, fumier, déchets ménagers, déchets de culture...)
Principalement du méthane CH4, donc, gaz à effet de serre vingt fois plus virulent que le CO2. Il absorbe une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, et l'empêche ainsi de s'échapper vers l'espace. De plus il contribue aussi indirectement à l'effet de serre en diminuant la capacité de l'atmosphère à oxyder d'autres gaz à effet de serre (comme les fréons).
Mais si on le brûle ?
Son utilisation comme combustible émet du CO2 et de la vapeur d’eau (qui est aussi un gaz à effet de serre important.)
Au total, quand même, comme les cochons* produisent de toute façon du méthane, autant le brûler : ça produit de l'énergie et c'est moins pire que de le laisser s'échapper dans l'atmosphère. On reste donc au niveau des ajustements. Que l'on peut voir comme du pipo ou comme une démarche de transition…

(* Je cite les cochons parce qu'il est question de lisiers, mais n'oublions pas les vaches qui rotent, les hommes qui pètent, les mangroves qui pourrissent, les cimetières… Et les clathrates. Tout ça c'est du méthane beaucoup plus difficile à récupérer pour l'éclairage ou la chaudière…)
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