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samedi 21 juillet 2018

HISTOIRES TRÈS COURTES.


Le jour des valises bleues.
Ce jour-là, dans l'aéroport de Roissy, à l'arrivée du vol Air-France 714 Tahiti-Paris, sur le tapis de récupération des bagages, toutes les valises étaient semblables. Bleues.
Il y eut quelques échanges, quelques engueulades, quelques vols, quelques abandons. Les services de sécurité de l'aéroport en firent sauter quelques unes – on ne sait jamais. Certains voyageurs partirent nus à la recherche d'un taxi.
Pour finir, comme ça tournait à la panique, on parqua les voyageurs, on étala les valises bleues et on les ouvrit. Elles contenaient toutes la même chose : slips, tee-shirts, chaussettes, trousses de toilette, barre chocolatée, et un exemplaire de "l'Étranger" de Camus en édition de poche. Toutes. Chacun des voyageurs s'empara de l'une d'entre elles et rentra chez lui.
Conclusion émise par les services de sécurité de l'aéroport : il est nécessaire et indispensable d'étiqueter soigneusement ses bagages.
Conclusion seconde : désolé, ça ne sert à rien.
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Dernier souffle.
L'acteur ne se sentait pas libre car le souffleur était dans le trou – en dessous – et il lui soufflait son rôle. Pris de rage (sous l'influence d'une récente lecture de Sigmund Freud), il le chopa par le col et l'arracha hors de sa cachette, le fit monter sur scène, l'exhiba, le dénonça.
— Va-Z-y, toi, joue le rôle puisque tu sais tout si bien ! Moi, je me casse.
— Mais… je ne suis que le souffleur, je ne suis ni acteur ni auteur, je ne suis qu'une voix de passage, l'hôte à travers lequel passe le texte…
— Et l'auteur, alors ?
— L'auteur ? Il est mort. Un auteur de théâtre est forcément mort, tu sais bien. Son fantôme est en bas, qui me souffle…
Le souffleur à ces mots plongea le bras dans son trou et en tira un squelette blanchi par les ans.
La salle applaudit bien fort.
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Gloria
Elle s'appelle Gloria. C'est une petite fille à l'abandon, cinq ou six ans peut-être, à la peau sombre et à la touffe de cheveux ébouriffés. Ses yeux irradient des étoiles. Elle est remontée des temps d'avant, ce qu'on appelle préhistoire parce que personne alors n'écrivait l'histoire. Elle est destinée à sauver le monde.
(Beaucoup plus tard, j'ai vu "Les Bêtes du Sud sauvage". Là, elle ne s'appelle pas Gloria mais Hushpuppy, mais je l'ai reconnue.)
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La pyrotechnique des plaques
Le clown du cirque de Gavarnie, atteint de pyrénéisme, essayait de faire tomber sa fièvre du haut du Pic du Midi.
Après avoir fait le mur, il franchit le col. Titubant sur ses tibia, il tomba bas et se fractura le périnée.


dimanche 10 juillet 2011

Le problème du tabouret


LO N° 451 (10 juillet 2011)

VACANCES
Journée rouge dans le sens des départs. Surtout à Roissy en direction d'Israël.
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AVIONS SUITE
Petit additif à l'article "AVIONS" de la LO 450.
Qu'il s'agisse d'avions stratosphériques ou "simplement" de ceux qui passent par le pôle Nord pour raccourcir le trajet, les passagers se bouffent un gros supplément de radiations cosmiques. Les "vents solaires" (et, à l'occasion, les "tempêtes solaires") sont plus ou moins arrêtés par la magnétosphère, le champ magnétique entourant la Terre au delà de l'atmosphère. Si vous volez au dessus des pôles ou si vous volez en très haute altitude, vous êtes dans les couches les plus fines de cette magnétosphère, vous êtes moins protégé, vous choppez plus de radiations.
Solutions ? Des combinaisons en plomb pour les passagers ? Un toit en plomb pour l'avion ? Euh… quand on en est à faire des avions en fibre de carbone pour économiser du poids et que, par ailleurs, on projette (présenté au Bourget aussi) un avion à toit transparent pour pouvoir contempler le "paysage"………
Alors évidemment, passer par le pôle économise des kms, donc du temps de vol et de l'argent, du kérosène, donc du pétrole, donc de l'effet de serre, paraît-il.
Reste que les avions volant à haute altitude (pas spécialement au pôle, partout) produisent des traînées de condensation qui n'ont rien de chimique certes, contrairement aux mythiques "chemtrails" chères aux complotistes, mais qui sont "seulement" de la vapeur d'eau, l'équivalent de cirrus artificiels. Et donc ce fameux "avion du futur" (qui n'aura pas lieu), volant à l'hydrogène et ne rejetant "que" de la vapeur d'eau serait "non pollueur" ? Mais… euh… voilà : la vapeur d'eau (les nuages) est le principal gaz à effet de serre. (Cf LO N°369.)
(D'après St. Mencimer, in Courrier International N°1078, 30 juin-6 juillet 2011).
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La prise de conscience de l'aspect planétaire de la planète a commencé avec des auteurs (de science-fiction) qui ont mis une majuscule au mot Terre.
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TROIS OU QUATRE PATTES ?
La chaise (quatre pieds et un dossier) suppose la civilisation technique : des sols bien plans, bien réguliers, plancher ou carrelage… La ville, l'appartement, une certaine technicité. Le paysan, sur terre battue, étable, carrelage grossier, utilise un tabouret : trois pieds et pas de dossier. Un tabouret à trois pieds n'est jamais bancale. Et puis, un tabouret n'ayant pas, donc, de dossier, on n'a pas la possibilité de s'appuyer, donc de décaler son centre de gravité et se casser la gueule (voir plus bas). Stabilité paysanne. Le tabouret à trois pieds est tout terrain. Comme la brouette, d'ailleurs : une roue et deux pieds (ou, en cours d'utilisation : les deux mains du conducteur). Elle passe partout, contrairement à une carriole à quatre roues.
Il y a bien longtemps, un ami avait inventé des chaises à trois pieds. Deux à l'avant, un à l'arrière, avec cette astuce élégante : le pied arrière se prolongeait en dossier. L'ennui (et je l'ai vécu) c'est que si on s'y appuie, à ce dossier, pas précisément au milieu, on se casse la gueule en arrière. Echec du concept, donc. Oust. (Un pied devant et deux derrière vaudrait sans doute mieux, car si on se penche en avant de travers on a l'appui sur ses propres pieds.)
Où veux-je en venir, avec ça ? Je ne sais plus du tout… Sans doute une opposition nature/civilisation. Ou tout au moins une mise en regard de ces deux concepts pas forcément antagonistes. Se dire quand même que la technique appelle plus de technique : la chaise ou le véhicule à quatre roues supposent le plancher (plan-cher), la route plane, donc l'architecture quadrangulaire, l'enduit au bitume, etc. (Et finalement la centrale nucléaire, le réchauffement climatique et la marée noire…) Se dire aussi que, après la catastrophe qui casse le hachélème et ses plans planchers et éclate les routes béton-bitume, celui qui aura une brouette ou un tabouret à trois pieds (le paysan) sera plus civilisé que l'habitant du dit hachélème.

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LES TITRES
— Georges Tron en garde à vue puis mis en examen…
— Georges Tron, on s'en fout. Son seul intérêt, c'est de pouvoir faire du déconnage sur le thème du pied, genre "à défaut de prendre son pied, on prend celui des autres".
— Les vieux et la fracture numérique…
— Du col du fémur ?
— Le mariage des pédés…
— Ça va obliger le pâtissier à poser des pédés sur le gâteau.
— Au moins, quand un homosexuel rencontre une lesbienne, ça ne leur fait absolument rien.
— G 8, G 20…
— A quand un G 193 ?
— Quand on voit l'état de l'économie française sous l'égide de Christine Lagarde, on peut s'inquiéter pour le FMI.
— Et tu crois que c'était mieux avec DSK, le grand privatiseur ?
— Si la dictature du prolétariat a quelque peu échoué, par contre la dictature de l'actionnariat se porte bien, elle.
— En Libye, y a des bavures…
— L'Otan file un bon coup de main à Khadafi dans son œuvre de massacre de son peuple en bavant un peu partout.
— Une guerre avec que des avions, personne peut dormir.
— Grèce. Le malade mourra guéri.
— Le tout, c'est de retomber sur ses pieds sans perdre la face.
— Anne Lauvergeon irradiée !?
— Non, seulement radiée.
— Moi j'en ai marre que les médias nous qualifient d'anonymes.
— Inscris-toi aux anonymes anonymes.
— 2012 : la fin du monde…
— Encore !
— Vive les sectes apocalyptiques ! Elles sont les furoncles de la société par où s'évacue le pus ! Des soupapes de sûreté.
— Les secte, au début c'est bien, t'es habillé comme un con, tu manges du chocolat… mais après faut se suicider…
— Ça élimine les plus fous, ça soigne le cancer, et ça nous console de notre propre mort inéluctable.
— On pourra se vanter d'avoir vu la fin du monde !
— Se vanter à qui ?
— A propos de suicide, il y a de belles morts littéraires : en 2007, l'écrivain et photographe Édouard Levé écrit un récit intitulé "Suicide", le propose à son éditeur P.O.L., apprend que le manuscrit est accepté – et se suicide.
— Par contre, Cioran, qui a tant écrit sur le suicide, ne l'a pas fait.
— Il avait l'alzheimer, il s'en rappelait plus.
— Il avoua même que la seule fois où il ait eu vraiment envie de se suicider c'est quand, ayant bricolé sa plomberie en amateur maladroit, il avait inondé tout son étage…
— Les mâchicoulis, ça se mange ?
— Tu fais les courses ? Ramène du pain !
— On ne dit par ramener (ou amener ou emmener) du pain, des cigarettes ou quoi que ce soit de ce genre… D'abord, on dit "s'il te plait"… Ensuite, on les rapporte (ou emporte, ou apporte) … puisque ce sont des choses que l'on porte. On emmène ou amène ou ramène quelqu'un qui marche sur ses propres pieds : un humain, un animal…
— Une table ?
— Et une bagnole ? Qui amène l'autre ? C'est moi qui l'amène ou elle qui m'apporte ?
— Et un pêcheur qui tire son filet dans le bateau, il ramène les poissons, ou il les rapporte ?
— Oh… bon… ça va… Mais on ne dit pas non plus "il s'en rappelait plus", mais "il ne se le rappelait plus", ou "il ne s'en souvenait plus"…
— Dehors !!!
— Je ramènerai un lapin. (*)
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Dans la séquence ci-dessus, les phrases en italiques sont d'authentiques brèves de comptoir recueillies par Jean-Marie Gourio.
Par contre, les phrases en italiques ci-dessous sont d'authentiques citations de Emil Cioran.
« La clairvoyance est le seul vice qui rende libre – libre dans un désert. »
« Dans les grandes perplexités, astreins-toi à vivre comme si l'histoire était close et à réagir comme un monstre rongé par la sérénité. »
« Dans l'anxiété et l'affolement, le calme soudain à la pensée du fœtus qu'on a été. »
(Cioran. "De l'inconvénient d'être né")
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(*) Faudra donc qu'on le tue nous-même.

Vivre ou survivre, il faut choisir (ou pas ?)


LO N°450 (6 juillet 11)

DANS LA SÉRIE "J'Y COMPRENDS PLUS RIEN"
Pourquoi les Grecs, en faillite dans leur pays, essaient-ils de fuir vers GAZA ?
Comment se fait-il que Bison Futé autorise le Tour de France ?
Faut-il prolonger l'existence de Fukussenheim ?
La Chine est un marché potentiel énorme, dit-on. Un milliard et demi de consommateurs. Ça veut dire qu'on voudrait leur vendre les trucs qu'on leur fait fabriquer pour des salaires minables grâce auxquels ils ne peuvent rien acheter du tout. (Et de plus c'est censé être de l'exportation…)
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AVIONS
Le salon du Bourget nous promet plein de nouveautés qui ne verront jamais le jour. Un avion hypersonique stratosphérique, Paris-Tokyo en 2 h 30 en 2050. Mais… 2050 ?! Y aura encore du kérosène en 2050 ? Il volera à l'huile de friture ? Faudra en bouffer, des frites, pour fournir ! A l'huile de palme, à la graisse d'algue, de phoque, de coude ? Et "stratosphérique" ? Ça sera pas interdit depuis longtemps bicoz couche d'ozone ?
Je suis de mauvaise foi, je sais : il est censé décoller et atterrir à l'huile d'algue et ensuite voler à l'oxygène et hydrogène et ne rejeter que de la vapeur d'eau. Mais Paris-Tokyo en 2 h 30, à quoi ça sert ? A qui ? Avec la récession mondiale, on pourra même pas le construire, cet avion, et plus personne n'aura les moyens de voyager en avion. Les affaires internationales, le tourisme… terminé. La seule préoccupation sera de faire bouffer les neuf milliards d'habitués de la planète.
Quant à l'avion solaire… poétique, certes, mais ses ailes de géant l'empêchent de marcher… 64 mètres d'envergure, plus encombrant qu'un airbus, pour transporter UN type…
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RÉGRESSION
Si on fait un peu attention à ce qu'il se passe, on s'aperçoit que les problèmes politiques (au sens strict) ou économiques sont dépassés par des problèmes de régression civilisationnelle : éducation, habitat, soins médicaux… et pire : des problèmes d'air, d'eau, de nourriture. On assiste d'abord à des régression de qualité – ce n'est pas nouveau –, ensuite, pire, à des menaces sur leur accessibilité ou même leur existence. Je parle toujours aussi bien de l'éducation, l'habitat, les soins médicaux, que de l'air, l'eau, la nourriture. C'est-à-dire que des questions de survie telles qu'elles se posent à une tribu du fin fond de la brousse deviennent des questions de premier plan dans notre civilisation de "pays les plus évolués du monde" (USA, Europe, Japon…)
Nous étions, nous sommes encore, dans l'enchantement de l'abondance, l'étreinte glorieuse et la partouze enchantée… Que pouvons-nous espérer de "la décroissance" ? Un désenchantement qui ne nous fasse pas trop mal…
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LA FAIM
Désirs basiques, besoins du corps. Le corps crie famine, réclame son dû, la satisfaction de ses besoins animaux : manger, boire. C'est la survie. La nature-nourriture. (Nurture, disent les américains de la nature en tant que nourriture : • the act or process of promoting the development, etc., of a child ; • something that nourishes ; • (Biology) the environmental factors that partly determine the structure of an organism .) Cette souffrance est apaisée par le plus simple : du pain et de l'eau, ou la galette d'orge d'Epicure (comme quoi l'épicurisme, ce n'est pas jouissance champagne-caviar mais le goût de l'essentiel). Manger, c'est d'abord apaiser les douleurs liées au manque. Apaiser. C'est le premier état de bien-être, plaisir "en creux", si on veut : non-souffrance, absence de mal, de malheur, de maladie. Ataraxie, disent les philosophes. Un juste milieu entre la souffrance et la joie.
Cet état – minimum vital, confort basique, survie – est la condition de la suite.
Après, pour rester dans le domaine de la nourriture, vient la culture. La cuisine, la cuisson, la convivialité. Et les excès : la gourmandise, le surrafinement, la nourriture dégradée par les excès de cuisson, altérée par les mélanges trop sophistiqués, polluée par la chimie et les pratiques industrialo-commerciales.
Après encore, il y aurait quoi ? Le bio, peut-être, à comprendre non comme un retour au primitif, mais comme un système "post-moderne" ayant assimilé la science, la technique (de l'agriculture à la cuisine) et décelé leurs effets pervers. Partant de là, travaillant à une combinaison intelligente et savante du "naturel" et du "culturel". Ce qui est, au sens propre, l'écologie, non en tant que militance, mais science appliquée.
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VIVRE OU SURVIVRE ?
La plupart des habitants de la planète survivent et s'en contentent. Nous (occidentaux), nous voulons "vivre". C'est quoi ?
— Le chocolat, les clopes et le café.
La recherche du bonheur ? Mais le bonheur est une notion très sujette à caution, remises en cause, discussions et causeries… comme tous les concepts tendant à l'absolu. Il y a une difficulté de définition à laquelle je ne m'attaquerai pas. Au delà de la satisfaction des besoins primaires,  on entre dans un "chacun son truc", un gros bazar qui mélange ou confond plaisir, jouissance, confort, etc. Ou fantasmes quasi métaphysiques : jardin d'Eden, rêve tahitien… Restons modeste : parlons de bien-être ou de qualité de vie. Essayons de définir cela et d'assurer cela.
- Vivre bien ou mieux que bien, matériellement parlant.
- Faire ce qu'on a (le plus) envie de faire. Question boulot, par exemple. Et, plus globalement, avoir des projets et les moyens de les accomplir. Ce qu'on pourrait appeler "réussir" – au sens large, pas forcément professionnel.
- Ajoutons : avoir une vie affective (relationnelle, sentimentale, sexuelle…) satisfaisante.
— Et la santé ?
— Oui : la santé.
- La sécurité. On peut lire aussi, dans cette demande à "vivre", une demande de sécurité : vivre, bien vivre, c'est vivre sans crainte – de se faire agresser en sortant de chez soi, – de perdre son boulot à tout instant, – de voir ses conditions de vie précitées (logement, bouffe, emploi, vie affective) se dégrader : vivre dans la précarité, au pire "tomber dans la rue". Il y a une demande de continuité ou de stabilité dans ses conditions de vie, pas forcément une progression constante, avoir plus, vivre de mieux en mieux, mais au moins la stabilité. Vivre avec une épée de Damoclès sur la tête n'est que survivre.
Si nous définissons ainsi "le bonheur" au sens moderne, rappelons-nous que, pour Aristote, le bien suprême auquel tend la politique, c'est le bonheur (du plus grand nombre possible). Et rappelons-le aux hommes politiques.
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Explosion des prix des matières premières, y compris alimentaires.
- hausse de la demande intérieure des pays émergents (Inde, Chine).
- Variations climatiques dans les pays producteurs (incendies russes, sécheresse australienne… ou française).
- Et surtout : spéculation.
S'ajoute une panique précatastrophiste. Il règne un ressenti inconscient qui anticipe que "tout ça va mal finir". Dans le grand "on" terrien, on pressent, on prévoit et du coup soit on accumule des réserves en vue de, soit on veut en profiter avant la cata, comme une sorte de baroud d'honneur ou de potlatch…
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Il y en a toujours pour dire que si on réunissait les 9 milliards prévus de terriens sur le seul territoire des USA la densité y serait encore inférieure à celle de l'Ile de France aujourd'hui (Gérard-François Dumont, dans le Monde Diplo de juin 2011, avec un gros dossier démographie-surpopulation.) Evidemment que c'est une grosse connerie. Le problème n'est pas la densité de l'habitat, la proximité des habitants sur un territoire donné, mais celui de la surface de territoire qu'il faut à chacun pour avoir de quoi manger, boire, s'habiller, se déplacer, produire, consommer…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_écologique
# L'empreinte écologique comptabilise la demande exercée par les hommes envers les "services écologiques" fournis par la nature. Plus précisément, elle mesure les surfaces biologiquement productives de terre et d´eau nécessaires pour produire les ressources qu´un individu, une population ou une activité consomme et pour absorber les déchets générés, compte tenu des techniques et de la gestion des ressources en vigueur. # Etc.
Un courrier de lecteur (M. Jérôme Balleydier) du même journal, de juillet, explique ça assez posément et précisément : « Je suis assez étonné qu'il n'est que peu mentionné [dans ce dossier démographie] la dépendance aux ressources naturelles permettant à l'humanité de vivre et d'évoluer (se nourrir, mais aussi se déplacer, se soigner, communiquer, s'éduquer, s'émanciper) au cours de son histoire, et notamment la dépendance au pétrole pour l'histoire contemporaine.
Il me semble que l'explosion démographique du XX° siècle est profondément liée à la découverte puis à l'exploitation du pétrole. Toutes les économies productivistes passées ou présentes reposent sur le pétrole, qui fait partie, sans que nous le remarquions, de notre environnement familier : transport des biens et des personnes, élevage, agriculture, santé, industrie lourde et légère, communication il faut dix fois le poids d'un ordinateur en pétrole pour le produire). Bien entendu, l'alimentation mondiale est complètement dépendante de l'or noir élevage, agriculture, transport). Il est pour le moins primordial de se poser la question comment va-t-on nourrir les neuf milliards d'individus prévus en 2050, sachant que le pétrole bon marché sera déjà très loin derrière nous ? »
Il oublie juste de mentionner les plastiques, présents partout, du stylo-bille à la cuvette rose de la cuisine… Le pétrole n'est pas seulement une source d'énergie, c'est une matière première au même titre que le cuivre ou la pierre… mais pas au même titre que le bois qui, lui, est renouvelable.
Tout ça pour dire qu'on ne peut pas parler de démographie et se poser la question de menace ou non de surpopulation en n'en faisant qu'une question de nombre et de politique (nations, émigration, etc.) La question démographique est une basique question de bouffe. Et le bio est sans doute le salut, plutôt que le pétrole (cf LO 444, avec le rapport de l'ONU). 


vendredi 16 avril 2010

Eyjafjallajokull


LO N°366 (16/04/10)
Depuis trois semaines que je vous ai abandonnés, j'espère que vous vous êtes bien ennuyés. Pourtant, il s'en est passé, des choses ! Pour ma part, comme annoncé, Ligugé, + séjour grand-pa, + festival Mauvais Genre de Tours (qui n'a pas encore publié de compte-rendu sur son site, tant pis, c'était bien quand même !) On peut quand même trouver une interview radio ici : http://komicstrips.blogspot.com/2010/04/interview-de-philippe-caza.html (C'était juste à mon arrivée.) + Et puis mon expo de dessins d'actualité à Paris. Ça dure jusqu'au 8 mai et vous y êtes conviés, ô lecteurs parisiens. Il y a plein de crayonnés des dessins parus dans Les Mois sont de papier / 03 et dans Siné hebdo, + des tirages couleurs sur Velin d'Arche…


Pour en savoir plus sur tout ça, vous pouvez aussi aller sur mon "mur" FaceBook. Sauf erreur de ma part, il est accessible à tous, même à ceux qui ne sont pas mes "amis FaceBook".
http://www.facebook.com/profile.php?id=697923773
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Après ça, il y a des boulots qui m'attendaient et que j'écluse petit à petit : "Le Chant du barde", une couv' pour Poul Anderson chez Le 'Bélial – ça, c'est fait…


… une pour Jeanne-A Debats chez Griffe d'Encre, un petit strip pour La Fourmilière BD, quelques derniers dessins pour les derniers Siné hebdos… Les lettres ouvertes reprendront quand j'y verrai plus clair – surtout que le débat sur les négateurs climatiques s'est un peu envenimé (ou enrichi, faut voir) et je n'ai pas fini d'en causer.
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AUJOURD'HUI
LeMonde, check-list du 16 avril 2010
« Paralysie du transport aérien en Europe du Nord
Le trafic aérien est paralysé dans le nord de l'Europe à cause des cendres crachées par le volcan Eyjafjallajokull, en Islande […]. des experts ont averti que l'éruption volcanique, la 2e en moins d'un mois, pourrait durer plusieurs semaines. »
D'abord saluons le courage des rédacteurs qui n'hésitent pas à citer en toutes lettres le nom du volcan en question : Eyjafjallajokull. (Copié-collé, ça va.)
Un volcan, de toute façon, ça n'a d'intérêt qu'en éruption.
Maintenant supposez que, oui, l'éruption dure plusieurs semaines, que le nuage de cendres continue à s'étaler sur l'Europe du nord et s'étende plus loin au sud, au sud-est… et que donc le trafic aérien reste paralysé plusieurs semaines entre les pays d'Europe, entre l'Europe et les USA, et le Moyen Orient… En bref, que le trafic aérien soit paralysé sur la moitié du monde pendant un mois ou plus… Le monde mondialisé est foutu ! Nous aurons bientôt, en milliards d'euros ou de dollars, les évaluations sur les pertes subies par l'économie mondiale. Pertes, vraiment ?
Quant à ceux qui disent que le nuage perturbe jusqu'au trafic SNCF dans le sud-est de la France, faut-il vraiment les croire ? Et les bouchons de Bison Futé ?
Conclusion : restons chez nous !
Tout ça pour un malheureux phénomène naturel sur lequel nous, techno-industrieux néo-libéraux mondialisés humains, n'avons aucun contrôle… "Cas de force majeure", comme on dit. Pire que la neige en hiver ou la canicule en été… Et avec ça personne à accuser, à culpabiliser, à condamner, pas de bouc émissaire sous la main, ni AlQaïda, ni les "pouvoirs publics", ni les vieilles digues de Nantes à Montaigu, ni la dérèglementation climatique. (Mais il y en aura bien quelques uns pour y voir le doigt de Dieu et quelques autres pour y voir un enfumage politique destiné à masquer "les vrais problèmes".)
Par contre, question dérèglement climatique, ça risque d'apporter une perturbation supplémentaire aux débats en cours : une éruption, sur place ça chauffe, certes, et ça fait fondre les glaciers, mais la prolifération de poussière dans l'atmosphère, ça arrête les rayons du soleil et donc ça refroidit la Terre. (Ça fait aussi de jolis couchers de soleil, ce qui n'est pas à négliger).

« 13,5 °C
C'est la température combinée, en mars 2010, des océans et des terres, soit 0,77 °C de plus que la moyenne du XXe siècle. La Terre a ainsi connu son mois de mars le plus chaud depuis les premières données météorologiques, enregistrées en 1880. »
Si bien que ce fameux réchauffement climatique dont certains doutent toujours malgré les mesures pourrait prendre un coup dans l'aile. Un été froid après un hiver (perçu comme) froid apporterait de l'eau au moulin (à paroles) d'un Claude Allègre qui pourrait continuer bravement à alimenter la polémique avec Roger et Marcel au bar du coin.
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« Le port du préservatif ne protège pas de la pédophilie, au contraire, il aggrave le problème. » (Apocryphe B 16)



— Ce que vit le Pape, en ce moment, c'est un véritable parcours du combattant !
— Mais non, un véritable chemin de croix.