vendredi 27 janvier 2012

Venez sans cravatte


LO N°466 (27 janvier 2012)
Un de ces jours, je vous expliquerai pourquoi il n'y a pas eu de LO tous ces derniers temps… En attendant, voici quelque bêtises.
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D'abord, du "personnel" et "commercial" :
EXPO virtuelle chez Dominique Labourier d'une vingtaine de mes dessins noirs et blancs "aux petits points", des années 70. Les derniers rescapés de ventes précédentes…
http://www.bleus-et-originaux.fr/
MAGS : toujours des dessins de presse dans les derniers et prochains PSIKOPAT, ZÉLIUM, LaRevue, BARRICADE
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EVA - Remettons-la dans son drakkar ! - JOLY

Parole d'Eva Joly n'est pas parole d'évangile.

— L'agzent d'Efa Cholie est une inzulde à la lanque vranzaize, dixit Karl Lagerfeld au Petit Journal de C+.
— C'est gonflé, de sa part !
— Il s'est justifié par : Moi ch'ai le troit, che zuis allemand.

— Si elle craque avant la fin, le parti EELV dispose d'une prothèse…
— ???
— Mamère.
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CALENDES (DÉBUTS DE MOIS DIFFICILES)
L'expression "remettre ou reporter aux calendes grecques" reprend tout son sens aujourd'hui. Les calendes étaient le premier jour du mois, chez les Romains antiques, et c'était la date à laquelle les dettes devaient être payées. Mais les Grecs, eux, n'avaient pas cette tradition des calendes. Si bien que les Romains employaient l'expression ironiquement pour parler d'ajourner indéfiniment le paiement d'une dette. Suivez mon regard.
— Je vois ce que c'est.
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CRAVATE
Si la lettre A n'existait pas, on porterait tous une crevette autour du cou.
Cravate, donc. Comment une civilisation soi-disant évoluée en est-elle arrivée à inventer un truc aussi con que la cravate ?
En fait, ce sont les Croates qui l'ont inventée au temps où ils se nommaient les Cravates (Krawatt en V.O.) et nous avons importé la chose lors de la guerre de trente ans (1618-1648). (D'après le dictionnaire Larousse des expressions et locutions traditionnelles.)
— Les Croates, c'est pas eux qui viennent de voter pour entrer dans l'U.E.?
— Oui. Ça explique.
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NUKE
Hervé Machenaud, un des gros pontes d'EDF, déclare : « Nous voulons aider l'industrie nucléaire chinoise à entrer sur le marché international. Le fait que la Chine possède ses propres technologies nucléaires ne nous inquiète pas. Nous souhaitons combiner les atouts de la Chine et ceux de la France, développer un nouveau type de réacteur plus concurrentiel destiné aux marchés du monde entier. »
Ça, ça fout vraiment la trouille !
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CROISIÈRE CATASTROPHE AQUATIQUE
Naufrage du Costa Concordia. Après "La Croisière s'amuse", "La Croisière apprend à nager". Le capitaine pas courageux abandonne le navire. Tous aux chaloupes. Le nouvel "homme qu'on aime détester".
Curiosité : c'est sur ce paquebot que Jean-Luc Godart (l'art de Dieu) a tourné une bonne partie de "Film Socialisme". Le film nous faisait savoir, outre que l'Europe était en train de sombrer, qu'une croisière Costa était une sorte de vision d'enfer. Le naufrage n'a fait que confirmer l'un comme l'autre.
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GILLES
— Le journaliste Gilles Jacquier tué en Syrie. 
— Mais pourquoi est-ce qu'on n'y envoie pas plutôt BHL ?!
(Détail personnel : Gilles était le fils du boulanger de Bernex, village de Haute-Savoie où ma famille s'est installée en 1950 et où j'ai donc vécu une partie de mon enfance-adolescence…)
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U-TURN
Le monde (société, politique, économie…) a commencé à faire demi-tour pendant la seconde moitié du XXème siècle. Je ne me risque pas à proposer une date précise, mais si vous tenez absolument à une date symbolique, on peut dire "en l'an 2000". L'an 2000 vision emblématique de la modernité, du progrès, vieux cliché de la SF, apparaît maintenant comme un mur infranchissable ou une limite asymptotique. On l'a franchi, croyons nous, mais non, on est repartis en arrière "à reculons comme une écrevisse", comme disait Umberto Eco.
Ainsi par exemple, cette année, voterons-nous à reculons – et en nous pinçant le nez, parce que ça pue.
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SHARK
Petit exercice de politic-fiction : le Shark renonce à se présenter (ou tombe malade… ou meurt… on peut rêver…). C'est marrant, parce que les partis, les éditorialistes, commentateurs, sondeurs, etc., parlent tous de NS, président-candidat, et aucun ne semble envisager qu'il ne se représente pas… (Sauf des petites suggestions discrètes, depuis qu'il a dit que s'il perdait il quitterait la poilitic… Des promesses, encore des promesses…)
Du coup, un certain nombre d'hypothèses ne sont pas travaillées. Un peu comme quand le PS comptait sur DSK et ne prenait pas le temps d'examiner d'autres éventualités, et donc coup de massue et panique après les évènements hôteliers que l'on sait.
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LA VIE À LA CAMPAGNE
Tous les candidats, candides ou cyniques, battent la campagne, la brousse ou la cambrousse, martelant leurs promesses sur le dos des populations qui n'en peuvent mêêê… Dans cet exercice de pure vantardise digne de rapeurs de quartiers intermittents du spectacle, ils sortent, face au triple A perdu, des plans triple B – comme triple buse.
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Un A de perdu, dix de retrouvés !
La fin d'un beau couple. Un A perdu s'est glissé comme un coin entre Sarkozy et Merkel. Du coup il est même pas invité à Davos.
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— Gluant annonce (triomphalement) une baisse de la délinquance de 0,3 %.
— … De la délinquance étrangère, en fait, puisqu'il a expulsé dans l'année 0,3 % des étrangers présents en France.
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SOMMET SOCIAL
Quand j'ai entendu ça, j'imaginais un grand chantier de discussions tous azimuts, avec les partenaires sociaux traditionnels, mais aussi des sociologues, des philosophes, des médecins du travail, des économistes de tous bords, les partis de l'opposition, les corps de métiers… le pôle emploi… le médef, même… Et ce pendant deux ou trois mois… pas une matinée.
— Ah non, ce que tu décris, ça s'appelle "un Grenelle".
— ???
— Du nom des "accords de Grenelle" de 68, signés au Ministère du Travail situé rue de Grenelle. Maintenant, on fait des Grenelle n'importe où sur n'importe quel sujet.
— Ben là… le travail, le chômage, les syndicats, ça aurait bien été l'occasion de refaire ça rue de Grenelle, au Ministère du Travail, non ?
— Je sais pas si tu te rends compte que 1) les élections présidentes sont dans trois mois, alors on n'a pas vraiment le temps… Faut écluser toutes les questions en une matinée. Et que 2) TOUT se règle à l'Élysée, maintenant…
— L'Élysée, les Champs Élyséens, c'était pas le domaine des morts, chez les Grecs antiques ?
— Des morts heureux, oui… le Paradis, en quelque sorte.
— Bon, faut que j'y aille. Tu peux manger mon dessert, j'en veux plus. Je vais m'enfermer dans la cave.
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3 commentaires:

wens a dit…

Moi, j'ai toujours porté des crevettes !

Pronoein a dit…

Triste humanité obscurvoyante où quelques centimètres de tissu suffisent à lui cacher la nature des monstres.

Pronoein a dit…

... et monstres hilarants tant ils sont mal cachés!

En sursis, redoutant la prise de conscience qui s'annonce, il suffirait de les nommer pour les dissiper, ces hommes cauchemardesques hérités de la plus profonde des nuits.