vendredi 27 janvier 2012

Venez sans cravatte


LO N°466 (27 janvier 2012)
Un de ces jours, je vous expliquerai pourquoi il n'y a pas eu de LO tous ces derniers temps… En attendant, voici quelque bêtises.
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D'abord, du "personnel" et "commercial" :
EXPO virtuelle chez Dominique Labourier d'une vingtaine de mes dessins noirs et blancs "aux petits points", des années 70. Les derniers rescapés de ventes précédentes…
http://www.bleus-et-originaux.fr/
MAGS : toujours des dessins de presse dans les derniers et prochains PSIKOPAT, ZÉLIUM, LaRevue, BARRICADE
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EVA - Remettons-la dans son drakkar ! - JOLY

Parole d'Eva Joly n'est pas parole d'évangile.

— L'agzent d'Efa Cholie est une inzulde à la lanque vranzaize, dixit Karl Lagerfeld au Petit Journal de C+.
— C'est gonflé, de sa part !
— Il s'est justifié par : Moi ch'ai le troit, che zuis allemand.

— Si elle craque avant la fin, le parti EELV dispose d'une prothèse…
— ???
— Mamère.
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CALENDES (DÉBUTS DE MOIS DIFFICILES)
L'expression "remettre ou reporter aux calendes grecques" reprend tout son sens aujourd'hui. Les calendes étaient le premier jour du mois, chez les Romains antiques, et c'était la date à laquelle les dettes devaient être payées. Mais les Grecs, eux, n'avaient pas cette tradition des calendes. Si bien que les Romains employaient l'expression ironiquement pour parler d'ajourner indéfiniment le paiement d'une dette. Suivez mon regard.
— Je vois ce que c'est.
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CRAVATE
Si la lettre A n'existait pas, on porterait tous une crevette autour du cou.
Cravate, donc. Comment une civilisation soi-disant évoluée en est-elle arrivée à inventer un truc aussi con que la cravate ?
En fait, ce sont les Croates qui l'ont inventée au temps où ils se nommaient les Cravates (Krawatt en V.O.) et nous avons importé la chose lors de la guerre de trente ans (1618-1648). (D'après le dictionnaire Larousse des expressions et locutions traditionnelles.)
— Les Croates, c'est pas eux qui viennent de voter pour entrer dans l'U.E.?
— Oui. Ça explique.
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NUKE
Hervé Machenaud, un des gros pontes d'EDF, déclare : « Nous voulons aider l'industrie nucléaire chinoise à entrer sur le marché international. Le fait que la Chine possède ses propres technologies nucléaires ne nous inquiète pas. Nous souhaitons combiner les atouts de la Chine et ceux de la France, développer un nouveau type de réacteur plus concurrentiel destiné aux marchés du monde entier. »
Ça, ça fout vraiment la trouille !
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CROISIÈRE CATASTROPHE AQUATIQUE
Naufrage du Costa Concordia. Après "La Croisière s'amuse", "La Croisière apprend à nager". Le capitaine pas courageux abandonne le navire. Tous aux chaloupes. Le nouvel "homme qu'on aime détester".
Curiosité : c'est sur ce paquebot que Jean-Luc Godart (l'art de Dieu) a tourné une bonne partie de "Film Socialisme". Le film nous faisait savoir, outre que l'Europe était en train de sombrer, qu'une croisière Costa était une sorte de vision d'enfer. Le naufrage n'a fait que confirmer l'un comme l'autre.
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GILLES
— Le journaliste Gilles Jacquier tué en Syrie. 
— Mais pourquoi est-ce qu'on n'y envoie pas plutôt BHL ?!
(Détail personnel : Gilles était le fils du boulanger de Bernex, village de Haute-Savoie où ma famille s'est installée en 1950 et où j'ai donc vécu une partie de mon enfance-adolescence…)
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U-TURN
Le monde (société, politique, économie…) a commencé à faire demi-tour pendant la seconde moitié du XXème siècle. Je ne me risque pas à proposer une date précise, mais si vous tenez absolument à une date symbolique, on peut dire "en l'an 2000". L'an 2000 vision emblématique de la modernité, du progrès, vieux cliché de la SF, apparaît maintenant comme un mur infranchissable ou une limite asymptotique. On l'a franchi, croyons nous, mais non, on est repartis en arrière "à reculons comme une écrevisse", comme disait Umberto Eco.
Ainsi par exemple, cette année, voterons-nous à reculons – et en nous pinçant le nez, parce que ça pue.
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SHARK
Petit exercice de politic-fiction : le Shark renonce à se présenter (ou tombe malade… ou meurt… on peut rêver…). C'est marrant, parce que les partis, les éditorialistes, commentateurs, sondeurs, etc., parlent tous de NS, président-candidat, et aucun ne semble envisager qu'il ne se représente pas… (Sauf des petites suggestions discrètes, depuis qu'il a dit que s'il perdait il quitterait la poilitic… Des promesses, encore des promesses…)
Du coup, un certain nombre d'hypothèses ne sont pas travaillées. Un peu comme quand le PS comptait sur DSK et ne prenait pas le temps d'examiner d'autres éventualités, et donc coup de massue et panique après les évènements hôteliers que l'on sait.
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LA VIE À LA CAMPAGNE
Tous les candidats, candides ou cyniques, battent la campagne, la brousse ou la cambrousse, martelant leurs promesses sur le dos des populations qui n'en peuvent mêêê… Dans cet exercice de pure vantardise digne de rapeurs de quartiers intermittents du spectacle, ils sortent, face au triple A perdu, des plans triple B – comme triple buse.
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Un A de perdu, dix de retrouvés !
La fin d'un beau couple. Un A perdu s'est glissé comme un coin entre Sarkozy et Merkel. Du coup il est même pas invité à Davos.
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— Gluant annonce (triomphalement) une baisse de la délinquance de 0,3 %.
— … De la délinquance étrangère, en fait, puisqu'il a expulsé dans l'année 0,3 % des étrangers présents en France.
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SOMMET SOCIAL
Quand j'ai entendu ça, j'imaginais un grand chantier de discussions tous azimuts, avec les partenaires sociaux traditionnels, mais aussi des sociologues, des philosophes, des médecins du travail, des économistes de tous bords, les partis de l'opposition, les corps de métiers… le pôle emploi… le médef, même… Et ce pendant deux ou trois mois… pas une matinée.
— Ah non, ce que tu décris, ça s'appelle "un Grenelle".
— ???
— Du nom des "accords de Grenelle" de 68, signés au Ministère du Travail situé rue de Grenelle. Maintenant, on fait des Grenelle n'importe où sur n'importe quel sujet.
— Ben là… le travail, le chômage, les syndicats, ça aurait bien été l'occasion de refaire ça rue de Grenelle, au Ministère du Travail, non ?
— Je sais pas si tu te rends compte que 1) les élections présidentes sont dans trois mois, alors on n'a pas vraiment le temps… Faut écluser toutes les questions en une matinée. Et que 2) TOUT se règle à l'Élysée, maintenant…
— L'Élysée, les Champs Élyséens, c'était pas le domaine des morts, chez les Grecs antiques ?
— Des morts heureux, oui… le Paradis, en quelque sorte.
— Bon, faut que j'y aille. Tu peux manger mon dessert, j'en veux plus. Je vais m'enfermer dans la cave.
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dimanche 11 décembre 2011

Mané, thécel, pharès


LO N°465. 11 décembre 2011
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JOURNAUX
Zélium N°7, canard démarré mensuel, après une interruption économique de quelques mois, revient à rythme "irrégulomadaire". (Et j'y continue en dessins.)
Supposons le problème résolu
La question de la surpopulation mondaine étant un de mes dadas, je me permets de reprendre ici in extenso cet article.
# LA BOMBE B, COMME BÉBÉ
Depuis le 31 octobre, on est sept milliards sur la planète. Bienvenue au septmilliardième. Bienvenue… ou malvenue.
Devant cette marée humaine, la presse affiche pour la première fois une pointe  d’inquiétude et un soupçon de désarroi. Un ton nouveau qui étonne, tant les médias ont coutume de « dédramatiser » les enjeux de la natalité.
Et pas seulement en France, un pays champion en termes de préoccupations et de politiques natalistes, où les médias se montrent plutôt probébé.
Jusque là, l’opinion commune était : changeons le mode de répartition des richesses et tout ira bien. La question du nombre se résumerait à un « simple » problème de partage des ressources, puisque 20 % des habitants de la planète consomment 80 % de ses richesses. Poursuivons le raisonnement. Si on va par là, la guerre n’est pas un problème non plus. On entend ici et là des bruits de bottes ? Il suffit de régler les antagonismes ethniques, religieux et territoriaux – bref, de faire la paix dans le monde – et voilà le dossier  "guerre" instantanément clos. Et hop, la baguette magique de Harry Potter n’aurait pas fait mieux. Qu’on ne s'y trompe pas, je ne suis pas une militante de la décroissance. D’abord j’ai deux gosses, donc je trouve malhonnête de dire aux autres : « Ne faites pas comme moi ».
Mais je juge également faux cul de s’abriter derrière le paravent de l’idéalisme (« rien n’est plus beau qu’un sourire d’enfant ») pour justifier mes choix, discutables sur le plan collectif.
En fait, je suis une Indignée du bourrage de crâne et du pathos. Qu’on cesse de nous vendre l’enfantbonheurquiestnotreavenir : la grande baby’llusion, ça suffit. #
CORINNE MAIER Zélium 7
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Quant à Barricade, le N°2 est en kiosque. J'y suis aussi et il est beaucoup mieux que le N°1. Avec deux fois plus de dessins d'humour actualitaire, ça commence à ressembler à un journal d'humour et d'humeurs.
— Et d'idées ?
— Pas encore lu… J'ai juste regardé les zimages.
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Psikopat N° 237 présente un dossier "Impérialisme américain", où l'on voit que l'impérialisme américain, c'est plus ce que c'était. J'y suis aussi. Les uns et les autres dessinateurs, on s'est plus défoncés sur le thème MacDo-Coca que sur le thème char d'assaut-CIA-bombe…
Le prochain sera sur le thème "chirurgie esthétique". PIP !
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Un peu de littérature ancienne :
« TIMEO DANAOS ET DONA FERENTES »
D'après Virgile, en voyant le cheval de bois géant laissé par les Grecs aux abords de Troie, le grand prêtre Laocoon dit « Timeo Danaos et dona ferentes » (je crains les grecs y compris quand ils font des cadeaux) et ne fut pas écouté. On connaît la suite.
— Et maintenant tout est à l'envers. On pourrait dire « Timeo Germanos et dona ferentes » !
— Les Grecs, on leur fait pas de cadeaux !
— Même à Noël ?
— Surtout à Noël.
— Par contre on peut s'offrir un Grec. On les brade, cette année.
— Eux et les zaudres zeurobéens du zud, zigales bas zérieuses. Ach !
— Mais l'Allemagne doit sa prospérité à ses exportations, nous répète-t-on (teuton) evryday…
— Oui.
— Et qui dit "pays exportateur" dit : "autres pays importateurs" = clients. Et où ils sont, ceux-ci ? En Europe, entre autres… du sud, entre autres… en Grèce, entre autres… Donc si les manœuvres économiques de l'Allemagne exportateuse tuent ses clients, elle va se retrouver aussi dans la merkozy jusqu'au cou.
— C'est peut-être pour ça que dores et déjà elle rentre la tête dans les épaules, la Merkel, courbant l'échine sous la menace de l'épée de Damoclès tenue par les agences de mutation.
— Entre Angela Merkel et Eva Joly, que choisir ?
— Angelina Jolie !
— ……… C'était la minute germanophobe très à la mode. Manque plus que dire « les Allemands sont des nazis ».
— C'est de la généralisation hâtive. Les Allemands ne sont pas tous des nazis. J'ai même d'excellents amis allemands. Et ils sont loin d'être heureux de la vie qu'on leur fait mener. Bon, évitons de dire "les Allemands", disons "l'Allemagne", ou "l'État allemand", ou "le gouvernement allemand", plutôt que "les Allemands".
— Toi, tu te gènes pas pour dire "les Chinois", d'habitude.
— Les Chinois c'est pas pareil. Les Chinois sont tous des… euh… des Chinois.
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Suite du cours de littérature ancienne :
« MANE, THECEL, PHARES »*, a écrit la main invisible du marché sur le mur du parlement grec. Tu as été « compté, pesé, divisé »…
Référence biblique dans le livre de Daniel : Balthazar, le dernier roi de Babylone, assiégé par Cyrus dans sa capitale, se livrait à une orgie avec ses courtisans ; par provocation impie, il fit servir sur les tables les vases sacrés que Nabuchodonosor avait autrefois pillés au temple de Jérusalem. Cette profanation à peine commise, le monarque vit avec épouvante une main qui traçait sur la muraille, en traits de flamme, ces mots mystérieux : Mane, Thecel, Phares, que le prophète Daniel, consulté, interpréta ainsi : Tes jours sont comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance ; ton royaume sera partagé.
Dans la même nuit, en effet, la ville fut prise, Balthazar fut mis à mort, et la Babylonie fut partagée entre les Perses et les Mèdes.
Mède, alors.
Bref, l'exécution d'un plan de sauvetage… c'est quand même une exécution !
(* Autant que je sache, on prononce "Mané, técel, farès")


Dessin paru dans La Revue N°18. Pas du tout au sujet de la Grèce mais sur les termes employés à contresens. Mais c'était tentant…
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Restons encore un peu dans les textes bibliques avec la parabole des talents (un talent était une très grosse somme) :
« C’est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune. 
A l’un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres. De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla faire un trou en terre et enfouit l’argent de son maître. Après un long temps, le maître revient et il règle ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et présenta cinq autres talents : « Seigneur, dit-il, tu m’a remis cinq talents : voici cinq autres talents que j’ai gagnés.
— C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur ». 

Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents :
« Seigneur, dit-il, tu m’as remis deux talents : voici deux autres talents que j’ai gagnés. »
— C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur ».
(Ben oui, les fables, il y a toujours un côté répétitif, comme dans les contes pour enfants…)
Vint enfin celui qui détenait un seul talent :
« Seigneur, dit-il, j’ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n’as point semé, et tu ramasses où tu n’as rien répandu.  Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. » 

Mais son maître lui répondit : « Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que je ramasse où je n’ai rien répandu ? 
Eh bien ! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car à tout homme qui a, l’on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n’a pas, on enlèvera ce qu’il a. Et ce propre à rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. » Evangile de Mathieu 25,14-30 (Bible de Jérusalem)

Récolter où l'on n'a pas semé, ramasser où l'on n'a rien répandu… autrement dit placer en banque, spéculer… Sans pousser bien loin l'exégèse, on a là une bonne description du capitalisme financier, auquel le troisième serviteur n'a rien compris. Il est bien puni, maintenant.

Un sPQlateur, c'est quelqu'un qui transforme le papier-monnaie en papier-cul…

lundi 14 novembre 2011

Hilarité générale


LO N°464 – 14/11/2011
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UN TEXTE POUR LUTTER CONTRE LA CRISE
Apparemment la plus claire description de "la crise"… le démontage des idées qu'on nous martèle en guise de purge à avaler… (la faute aux agences de notation… la faute aux dépenses publiques…) et des propositions concrètes pour en sortir. Que demander de plus ?
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Capté sur le blog
http://www.liberation.fr/economie/01012369227-comment-sortir-les-etats-de-l-emprise-des-marches-financiers
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Comment sortir les États de l’emprise des marchés financiers
Par Thomas COUTROT Coprésident d’Attac et Pierre KHALFA Coprésident de la Fondation Copernic
Le mois d’octobre a vu la crise de la zone euro s’aggraver considérablement et les agences de notation s’en donner à cœur joie : dégradation de la note de l’Espagne et de l’Italie, menace sur la Belgique, «mise sous surveillance» de la France qui risque ainsi de perdre son triple A. Tout a déjà été dit sur le rôle des agences de notation. Aveugles lors des crises financières qu’elles ont été incapables d’anticiper, donnant la note maximale à la banque Lehman Brothers à la veille de son effondrement, certifiant l’innocuité des produits financiers hautement toxiques, baignant en permanence dans le conflit d’intérêt, leurs déclarations devraient susciter l’hilarité générale. Pourtant, gouvernements et institutions européennes, tout en les dénonçant et en promettant de les mater, persistent à se prosterner devant elles.
C’est que les agences de notation, aussi discréditées soient-elles, jouent un rôle indispensable au fonctionnement des marchés financiers. Le problème n’est pas de savoir si elles ont raison ou tort ou si leurs jugements sont basés sur une analyse objective de la situation. Il vient du comportement même des acteurs de la finance qui ont besoin d’une autorité extérieure pour orienter leurs décisions grégaires. Les agences de notation ne jouent pas le rôle de thermomètre, mais d’un virus qui fait monter la fièvre de la cupidité, laquelle pousse à la formation de bulles dans les moments d’euphorie boursière, et qui déchaîne une panique incontrôlée dans les moments de doute. Le problème, ce ne sont pas les agences de notation, mais les marchés financiers. Il est donc criminel d’avoir mis les dettes publiques entre leurs mains.
Car, il faut insister, ce sont les gouvernements qui ont fait ce choix, ce sont eux qui ont permis aux marchés de développer leur capacité de nuisance.
En France, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Giscard d’Estaing, ministre des Finances de Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées et ce, aux taux d’intérêt du marché. Il s’agit d’un acte fondateur et destructeur car il inaugure la mainmise des marchés financiers sur les Etats. Cette disposition allait être intégralement reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités européens.
On a donc abouti à une situation hallucinante. Les États ne peuvent pas être financés par la BCE ; mais celle-ci peut par contre refinancer les banques privées à de très faibles taux. Ces dernières prêtent ensuite aux États à des taux nettement supérieurs, voire carrément usuraires. L’Union européenne se place volontairement sous l’emprise des marchés financiers.
Cette emprise allait être d’autant plus grande qu’une contre-révolution fiscale s’est déployée depuis plus d’un quart de siècle. Son fil directeur a été de baisser par de multiples moyens les impôts payés par les ménages les plus riches et par les entreprises, en particulier les plus grandes. L’impôt sur le revenu est devenu de moins en moins progressif avec la diminution du nombre de tranches et les baisses successives du taux marginal supérieur. L’impôt sur les sociétés, véritable peau de chagrin, pèse trois fois plus lourd sur les PME que sur le CAC 40. Résultat imparable, l’État s’est appauvri : ses recettes représentaient 15,1% du PIB en 2009 contre 22,5% en 1982. On trouve là une des raisons de l’accroissement régulier de la dette publique avant même la crise financière. Car, contrairement à une antienne dont on nous rebat les oreilles, ce n’est pas l’explosion des dépenses publiques qui a creusé les déficits. Avant la crise, elles avaient même tendance à baisser : 55% du PIB en 1993, 52% en 2007. La crise, dont il faut rappeler qu’elle trouve son origine dans les délires de la finance, a évidemment gonflé la dette. Baisse des recettes fiscales dues à la récession, plan de relance pour éviter la dépression et, enfin, sauvetage des banques se sont combinés pour arriver à ce résultat.

Alors que faire maintenant pour empêcher les prophéties auto réalisatrices des marchés de se concrétiser ? Tout d’abord, il faut acter que les plans d’austérité, au-delà même de leur caractère socialement inacceptable, sont inutiles. Et c’est tout le paradoxe de la situation. Les marchés veulent que les déficits publics soient réduits pour être sûrs que les États puissent payer la charge de la dette, mais ils s’inquiètent du fait que les mesures prises vitrifient l’activité économique. Face à ces injonctions contradictoires, il ne sert à rien de vouloir rassurer les marchés, puisque plus on les rassure, plus ils s’inquiètent. La seule solution est de sortir les États de leur emprise.
• Il faut, pour cela, tout d’abord européaniser et monétiser les dettes publiques. La BCE et les banques centrales nationales doivent pouvoir, sous contrôle démocratique, financer les États et les politiques publiques européennes.
• Concernant le stock de la dette existant, un audit citoyen doit pouvoir déterminer la part de la dette qui est illégitime, et donc doit être annulée, et celle qu’il faudra rembourser, la BCE pouvant dans ce cas la racheter.
• Les banques doivent être mises sous contrôle social afin qu’elles se tournent vers les financements de l’activité productive et la transformation écologique de la société.
• Enfin, il faut une réforme fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manœuvre à l’action publique.
Ces orientations supposent de rompre avec tout ce qui a fait l’orthodoxie néolibérale de ces dernières décennies. Les mouvements sociaux qui commencent à secouer l’Europe devront l’imposer.
* ATTAC : Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne ; promeut et mène des actions de tous ordres en vue de la reconquête, par les citoyens, du pouvoir que la sphère financière exerce sur tous les aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle dans l’ensemble du monde.
** fondation COPERNIC : Depuis 1998, La Fondation Copernic travaille à « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Soucieuse de son indépendance et restant par principe hors du jeu électoral, Copernic n’est liée à aucun parti politique, aucun syndicat, aucune association mais s’adresse à toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, et surtout à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’ordre néolibéral.
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"Celui qui contrôle l'argent de la nation contrôle la nation ".
Thomas Jefferson (1743-1826), 3ème Président des Etats-Unis (Que ça soit lui en vrai qui l'ait dit ou un autre ou personne, on s'en fout !)

Pompe à phynance et machine à décerveler.

dimanche 6 novembre 2011

L'Euro, c'est la zone !


LO N° 463 (6 nov 11)
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Combien la Grèce doit !
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« Le football est un jeu simple : 22 hommes courent après un ballon durant 90 minutes, et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne ». (Gary Lineker)
— La zone Euro est un jeu simple : 17 pays tapent sur un Grec durant une nuit à Bruxelles ou un dîner à Cannes et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne.
— La cigale grecque battue par la fourmi allemande. Normal.
Palme d'or à Cannes à Georges Papandréou pour son sens du suspense, rebondissement, twist scénaristique, retournement de situation.
C'est quoi, le choix de la Grèce ?
La faillite ou l'Europe (c'est-à-dire la soumission à l'Europe=l'Allemagne).
— Éloge de la faillite ! La faillite, c'est la liberté !
— Quand on vous disait qu'il fallait voter NON au TCE.
Mais… on a voté NON.
Et on l'a eu quand même (danlcul), sous forme d'accord de Lisbonne où on nous a pas demandé notre avis. Et qu'est-ce que ça a fait à part nous rendre la vie un peu plus compliquée ?
— Comme quoi les référendums, on peut s'en passer.
Papandréou, il peut plaider : ils m'ont tabassé pendant ma gardavue à Bruxelles, les Merkozy. J'ai signé sous la contrainte. Je reviens sur mes aveux ! Je remets mon sort entre les mains de mon peuple ! (Et qu'ils se démerdent !)
Un peu tard !
Sinon, quoi ? Sauver sa peau politique ? Coup de dé. Si le peuple vote OUI, merci l'Europe, Papa est sauvé. S'ils votent NON, il est foutu, mais peut-être aussi qu'il en avait un peu marre et qu'il peut s'offrir comme ça un suicide politique un peu spectaculaire. (Comme DSK, sauf que c'est pas très sexy…)
Moi, je crois que M. Papandréou a lancé l'idée du référendum par esprit démocratique. En quelque sorte, c'est la démocratie qui fait retour à la case départ : Athènes, la Grèce.
Tu dois être une sorte d'idéaliste naïf. La preuve : on le recuisine un petit coup et hop ! plus de référendum !
— C'est le champion de l'avalage de couleuvres ! Mais toujours digne, avec son côté "Major Thompson"… Je le trouve plutôt sympathique, en fait.
— Jean Leonetti, notre ministre des affaires européennes (ah bon ?) nous dit tout benoîtement que la zone euro peut "se passer" de la Grèce : « La Grèce est à la fois quelque chose qu'on pouvait surmonter et en même temps quelque chose dont on peut se passer. Parce que c'est 2 % du PIB de la zone euro et c'est 4 % de la dette de la zone euro. Donc on peut les aider, on peut les sauver, on ne peut pas sauver non plus les gens malgré eux. »  Autrement dit « Ce "quelque chose", la Grèce, on s'en fout »
— Ou : « Nous pouvons vivre sans les Grecs »……… ?
Référence craignos mais anniversaire : « Nous pouvons vivre sans les juifs. Eux ne sauraient vivre sans nous.» Adolf Hitler, le 5 novembre 1941. (In "Libres propos sur la guerre et la paix", recueillis sur l'ordre de Martin Bormann. Flammarion 1952. Cité par Edouard Husson dans "Nous pouvons vivre sans les juifs – Novembre 1941 – Quand et comment ils décidèrent de la solution finale". Perrin, 2005.)
— N'empêche… Il va falloir faire des provisions de feta, de moussaka, de yaourt à la grecque, si onctueux…

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L'ENFANT
[L'Europe est] passé[e] là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un choeur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tète blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
— Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

(Victor Hugo, Les Orientales, 1829)

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… Écrit au jour le jour, avec corrections quotidiennes… Tout ça va trop vite, dans ce film à rebondissement aux arcanes obscurs (on se croirait dans l'affaire DSK).
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Plus rapide que la lumière : l'obscurité ! Parce que, s'il y a une vitesse de la lumière, il doit bien y avoir une vitesse de l'obscurité. Quant à l'obscurantisme, il va toujours plus vite que les Lumières. C'est la lutte entre l'éducation et la prédation. L'ennui, c'est que les prédateurs sont toujours plus rapides que les éducateurs.
La preuve par Charlie-Hebdo : j'ai essayé de l'acheter mercredi en début d'après midi : plus rien, dans les deux maisons de la presse du village.
Peut-être qu'un mollah du coin était passé avant toi rafler tous les exemplaires.
Tant qu'ils balancent pas des cocktails mahometov !
Mais ils ont réimprimé. Je l'ai eu vendredi, jour de prière musulmane.
Et ça valait le coup ?
Oui.
Je veux dire de lui balancer une bombe ?
Non ! Rien ne justifie ça, nulle part, jamais ! Gluant l'a dit : la liberté de la presse, la liberté d'expression, c'est sacré !
Donc si on moque ou si on injurie la liberté d'expression, c'est du blasphème !
Oui, et comme, au nom de la liberté d'expression, on ne veut pas de loi anti-blasphème, on a le droit de moquer ou d'injurier la liberté d'expression.
— Tu te mords pas un peu la queue, là…?
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dimanche 30 octobre 2011

MassComm


LO N° 462 (30 OCT 11)
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QUELQUES RÉFLEXIONS, UN PEU EN VRAC, SUR LA COMMUNICATION DE MASSE DANS SES AVATARS ACTUELS TELS QUE LE TÉLÉPHONE PORTABLE, FACEBOOK OU TWITTER.
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Téléphone portab' : ça se confirme, c'est pas bon pour les enfants très sensibles à la tumeur cérébrale.
Jetez.
La société de croissance suppose l'obsolescence programmée (le prêt-à-jeter). D'où les tas d'ordures ingérables (Limeil-Brévannes).
La croissance n'a été que de 1,5% en 2010, au lieu des 3% "prévus" (par qui ?) C'est la faute aux grèves. Et aux gens qui n'ont pas assez jeté de téléphones portab's. Mais l'augmentation des prix du gaz et de l'électricité vont arranger ça. Le pain, pareil : l'augmentation du prix de choses indispensables entraîne mécaniquement de la "croissance"… enfin, du PIB. (Les accidents de la route aussi.)
Avec le téléphone portab' (dit aussi "mobile", ou "cellulaire"…) disparaissent de jolies expressions comme "passer un coup de fil". Dit-on "passer un coup de sans-fil" ou "un coup de portab' ?
Il y a une différence de taille entre passer un coup de fil à UNE personne déjà connue et envoyer un SMS, un tweet, un courriel à, simultanément, 50 (ou 5 000) personnes, connues et/ou inconnues. Des "amis Facebook" par exemple (disons "des contacts"). Différence de nombre, de taille, de durée.
Nombre : le téléphone abolit la distance entre DEUX personnes.
Taille (contenu) et durée : le téléphone permet des conversations (dialogues) longues (si on a les moyens).

Les communications Internet (il va bien falloir trouver un terme général pour ces Communications Instantanées  en Nombre (= CIN ?… e-com ?…) abolissent la distance, ce n'est donc pas nouveau. Par contre, ce qui s'abolit, là, serait aussi peut-être le dialogue personnel, d'individu à individu, c'est-à-dire la communication interpersonnelle, à deux : le dialogue… (et s'abolirait finalement l'individu ?). Le temps n'est pas aboli, mais se gère différemment : ces CIN supposent la brièveté (les 140 signes d'un message twiter…) On ne bavarde pas longuement à 5 000 comme on peut le faire à deux. Moins d'intimité, donc. Est-ce à dire que cette Communication Interindividuelle de Masse (=CIIM) ne peut être que brève et superficielle…? "Légère"…? (Voire chaotique : il y a de la chaommunication). Ou carrément dégradée, dégénérée…?
Abolition, souvent, de l'orthographe (on quitte l'écrit pour un domaine quelque part entre le parlé et l'écrit). Limitation du vocabulaire, du contenu…. Moins de quantité en contenu = moins de qualité ? Peut-être… Mais un contenu apporté à plus de gens à la fois, qui, eux-mêmes peuvent répondre en petite quantité de contenu adressé à un grand nombre instantanément ("en temps réel", comme on aime bien dire maintenant, expression qui mériterait toute une analyse…). Chacun en dit PEU, mais à BEAUCOUP de gens à la fois, en PEU de temps. Par rapport aux communications précédentes, chacun en dit MOINS, mais à PLUS de gens à la fois, et en moins de temps.
DEUX personnes en DIA-logue (dia = deux) en direct ou par téléphone, instaurent une réalité commune, un champ sémantique partagé, un "lieu" de communication où ils s'incluent. Un petit lieu… une bulle à deux places. De même 500 personnes en polylogue par e-com créent un "lieu" de communication, mais beaucoup plus vaste : un "champ" de communication collectif. La nouveauté essentielle est là : le NOMBRE.
D'où le terme de "réseaux sociaux".
La question est de savoir si ce grand nombre induit obligatoirement un contenu pauvre.
La culture de masse habituelle (livres, films, télévision) fonctionnait à sens unique : émetteur > récepteur(s). (Quand on envoie un message collectif, on dit "vous", c'est un peu étrange, dans la mesure ou chacun des lecteurs est seul et lit un message comme s'adressant à lui personnellement. Certains, partant de cette constatation écrivent des messages collectifs en disant "tu". C'est troublant, pour le récepteur : s'adresse-t-il vraiment à moi-personnellement ?  Tutoie-t-il tout le monde à la fois ? Est-ce une sorte de démagogie ? Imagine-t-on un homme politique qui ferait un discours public en disant "tu", pour s'adresser à chacun personnellement ?) Je corrige quand même cette idée un peu simplette de sens unique émetteur>récepteur : avec le temps il y a feed-back : votes par téléphone, courrier des lecteurs, accession aux commandes de la télévision par des gens qui ont été élevés par la télévision ("les enfants de la télé"), mimétisme réciproque, circuits…
La pratique des com's de masse type réseaux sociaux ne se prête sans doute pas à la philosophie ou à la réflexion profonde, celle qu'on pratique seul ou en petit comité (élitiste ?). Elle favorise plutôt l'action de masse : je ne donne pas à lire une réflexion intellectuelle à quelques familiers, j'envoie un slogan à des millions. Ce qui entraîne en retour des réactions plutôt que de la réflexion. (Face à un fait quelconque, les journalistes demandent aux politiques, entre deux portes : « Quelle est votre réaction ? » Mais on voudrait bien plutôt de leur part de la réflexion et des actions, plutôt que des réactions (épidermiques, viscérales, immédiates, et souvent, par définition, réactionnaires : le singe n'a que des réactions ; de l'homme on attend de la réflexion, c'est toute la différence.)
On envoie un slogan, donc, ou une injonction pratique : « Rendez-vous tel jour telle heure tel lieu » – pour un apéro géant ou pour une révolution…? Pour boire un coup en écoutant du rock ou pour renverser un gouvernement…?
Contenu pauvre, communication de masse, slogans, réactions superficielles, brièveté… On dirait que je rejette en bloc. Mais non, je ne fais pas de nostalgie, de "c'était mieux avant"… le téléphone, je déteste. J'essaye juste de (me) poser des questions. On ne sait pas très bien ce qui est en cours avec ça… ce phénomène. On n'a pas de nom, on n'évalue pas les conséquences, mais c'est bien ça qu'il se passe.
(L'inventeur de Facebook ne se doutait pas que son truc deviendrait l'instrument des révoltes arabes de 2011.)
(Et les "puissants", face à cela, sont impuissants. et sortent les mitrailleuses.)
Il s'agit de mondialisation, bien sûr.
Michel Serres : « Le monde, connecté comme nos réseaux, se mondialisa dès sa fondation ; nous mimons ce processus. » Si on pousse plus loin cette idée, on doit se dire que le monde (vivant et plus, la biogée) a toujours été "mondialisé", toujours en réseau et réseaux de réseaux, interactions d'interactions… (C'est la définition de l'écologie en tant que science.) Les hommes, détachés de la nature, dénaturés, déconnectés, démondialisés, sont-ils en train de se renaturer en se remondialisant…? Peut-être est-ce une manière de voir les choses. À part que le réseau connecté mondialisé humain est humain, trop humain et reste détaché de l'ensemble naturel, végétal, animal, climatique… et même exploite et perturbe cet ensemble naturel.
Peut-on parler d'"intelligence collective", comme celle des bancs de poissons ou des vols d'étourneaux qui fonctionnent par masse sur des principes d'interactions simultanées que nous avons du mal à comprendre. L'image d'un troupeau de moutons qui suit un leader (fuhrer, chef, conducator…) on la connaissait bien… mais c'est autre chose, là, maintenant : tous et chacun suivant tous et chacun, tous se guidant et se suivant les uns les autres.
Un trajet très fréquenté s'aplanit, se débroussaille, devient donc de plus en plus aisé. Mais si tout le monde passe exactement au même endroit, ça devient une ornière (habitude ancrée, tradition bien établie, mot d'ordre indiscuté…)
Bon, euh… y a pas de conclusion, je vous ai prévenu que c'étaient des réflexions en vrac.
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lundi 24 octobre 2011

Ennemis intérieurs


LO N° 461. 24 octob 11
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ILS L'ONT DIT (SANS RIRE) (sur i-télé)
Jean Amadou s'est éteint.
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BIENTÔT L'HIVER
Se chauffer est de plus en plus cher. Pétrole et gaz, les prix flambent ! (Ha-ha). Mais c'est pas grave, puisque la Terre se réchauffe. « Là d'où vient le mal croît aussi ce qui sauve », citation de Hölderlin que les opti-mystes mettent à toutes les sauces.
Les papys font de la résistance. Hessel, Morin, Siné…
« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve. » Voilà la vraie citation, chez Hölderlin. Morin ou Hessel ressortent ça. Ça devient un cliché. Mais est-ce bien vrai ? Ça sous-entendrait par exemple que la technologie est la planche de salut contre les méfaits de la technologie. Que la récupération dans les tas d'ordures est ce qui va nous débarrasser des tas d'ordures… Que parmi les millions d'enfants supplémentaires qui naissent chaque année va venir celui qui nous sauvera de la surpopulation ?
Est-ce autre chose qu'une pétition de principe ? Une sorte de volontarisme anti-désespoir. Le pharmakon, à la fois poison et remède… Question de dosage… Parce que en fait on pourrait aussi bien retourner le truc : « Là où croît ce qui sauve croît aussi le péril », puisque si souvent le remède s'avère pire que le mal, ou a des effets secondaires, ou des dégâts collatéraux. Un si vieux cercle vicieux. Principe d'inversion. La chimie agricole a permis de nourrir plus de monde, mais empoisonne ce monde. En même temps, cet empoisonnement stérilise les mâles (des pesticides dans les testicules, ça fait des pesticules - élémentaires) et prépare ainsi une future dépopulation, et donc une (future) baisse des besoins alimentaires… Ce qui sauve du péril accroît le péril qui sauve du péril… Etc.
C'est complexe ? Morin nous incite à pratiquer la dialogique plutôt que la dialectique : un principe qui unit deux principes antagonistes qui, a priori, croit-on, devraient se repousser l'un l'autre, mais en fait sont indissociables. Opposés ET complémentaires. La conjonction des contraires, c'est vieux comme Jüng, non ?
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L'ENNEMI INTÉRIEUR (EST PARMI NOUS)
Claude Guéant est défini par The Independant  comme "un homme intransigeant et lugubre".
« Méfiez-vous de tous ceux en qui l'instinct de punir est puissant. » (Friedrich Nietzsche)
« Le sérieux, ce symptôme évident d'une mauvaise digestion. » (Friedrich Nietzsche)
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SEPT MILLIARDS DE TERRIENS, le chiffre est atteint (et c'est pas de la tarte).
Vive les vacances d'automne ! Les enfants courent partout dans les bois. La chasse est ouverte.
(PS : Le prochain Psikopat aura pour thème du mois les chasseurs.)
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E
E-lecteurs, e-lectrices ! Êtes vous prêts à lire des e-livres (e-books) sur des tablettes ou sur ce qu'on appelle globalement des "lecteurs" ou "lectrices" ou "liseuses" ? Déjà, le nom pose problème… Masculin ou féminin ? La langue française n'a pas de neutre, dommage !

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"UNE FOIS LA CRISE PASSÉE", disent encore certains (ennemis intérieurs) – qui y croient. (Et ils courent partout comme des rats empoisonnés.)
À la fin du (magnifique) film de Robert Wise "La Canonnière du Yang Tsé", Steve McQueen se prend une balle mortelle et s'exclame « Qu'est-ce qui s'est passé ? J'étais chez moi… » et il meurt. Pendant tout le film, mécanicien-soldat, il était en quelque sorte "hors de sa tête", vivant dans un monde parallèle où il ne communiquait qu'avec les pignons et les soupapes de la formidable machinerie de son bateau. (Ce moment, quand il la découvre : « Bonjour, Machine » !) Et soudain, donc, au bord de la mort, il se réveille, il revient à lui et au monde. Trop tard.
Peut-être que nous (notre société) en sommes là, ayant "perdu connaissance", hors de nos têtes, hors-sol, hors Terre, perdus dans des non-lieux mécaniques dont les seuls critères de qualité sont des pressions dans des chaudières, dans des pistons, des tours/seconde, des bits zéro et un, des cours de bourse plus rapides que les Lumières, des AAA d'agences (machinerie infiniment plus complexe que la chaudière de la canonnière du Yang Tsé) et que, à un moment (maintenant, tout de suite ?) nous allons nous réveiller en criant « Mais qu'est-ce qui s'est passé ? On était chez nous… » et mourir.
Parce qu'il serait trop tard.
Ou pas ?

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http://campagne2012desarmementnucleaire.org/category/documents/

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Bientôt en kiosk :


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