samedi 19 avril 2014

LOI


Quand tu marches au bord d'une falaise, tu as intérêt à être en règle avec la loi. La loi de la pesanteur (ou gravitation universelle). Parce que le bord, c'est le bord : d'un côté, il y a les prairies vertes et grasses, avec des vaches normandes par-ci par-là. La sécurité. (Encore que, avec les vaches, il faut se méfier, c'est vite le coup de pied, le coup de corne, le coup de queue. Et puis il y a les taons. Il ne faut pas croire que la campagne, c'est tout sucre et tout miel.) De l'autre côté du bord, en bas, donc, c'est les rochers pointus et la mer qui bat, qui se déchire en lames d'écume, éclate et roule. C'est lyrique, certes, mais ça pardonne pas : quelques secondes d'éternité entre haut et bas – et plak.
La loi de la pesanteur (ou gravitation universelle), c'est ce qu'il y a de plus universel sur toute la Terre, et même ailleurs, quelle que soit la géographie, la race, le régime politique du pays ou de la planète. C'est même encore plus répandu que le jour et la nuit et les saisons, car là il y a des exceptions, avec les hémisphères, les pôles, l'équateur, etc. Sans parler des cas des planètes qui tournent toujours la même face vers le soleil…

Bref, la loi de la pesanteur (ou gravitation universelle), personne n'y échappe. C'est ce qu'il y a de plus légal dans l'univers. 


vendredi 18 avril 2014

LES "LOIS DE LA NATURE"


(Je ne fais pas de métaphysique, je cherche à dénuder des mots, ou l'emploi de certains mots, termes, concepts, en éclairer les sous-entendus, pour justement en évacuer toute métaphysique.)
Les "lois de la nature" ne sont que les contraintes de la contingence. Aucun sens. Aucune morale. Aucune justice. C'est juste comme ça. On pourrait dire, pour faire néologisme chic, une comme-ça-ité. On dit classiquement l'immanence. C'est nous qui en ferons une loi ou une justice ou une morale, en sublimant.
Le terme ne serait-il pas un abus de langage qui colle avec une vision déiste de l'univers ?

Une "loi", pour moi, c'est quelque chose de préalable à son application. C'est en amont. Des gens, des organismes sociaux (rois, parlements, juristes, etc.) instituent des lois qui sont ensuite appliquées (en principe) par les autres hommes et institutions.

Alors que les "lois naturelles" sont une conceptualisation en aval : une mise en forme (en langage), une description, une analyse par nous humains, de ce qu'il se passe dans la nature : des phénomènes que personne n'a décidés. Qui ont lieu. Comme ça. Ce ne sont pas des lois : personne ne les a promulguées. Les concepts que nous nommons "lois naturelles" ne sont que la définition a posteriori des conditions des faits, des phénomènes.

Le scientifique, le chercheur, le "savant", comme on disait quand j'étais petit, veut découvrir, décrypter les "lois de l'univers", comme si celles-ci étaient premières, avaient été établies une fois pour toutes, avant la création, puis cachées, dissimulées, cryptées, comme pour proposer ou imposer à l'homme un jeu d'énigmes, un jeu de piste, une chasse au trésor. Cette vision prétendument scientifique est totalement liée à la croyance en un créateur, vu d'abord comme "Dieu" à la fois grandiose et quelque peu inconscient, puis vu comme un horloger ou un grand architecte, beaucoup mieux organisé, certes, mais pas plus crédible.

Les savants ne découvrent pas les lois de l'univers, ils les inventent.

D'ailleurs ne dit on pas "l'inventeur" d'un trésor ?


jeudi 17 avril 2014

MEUBLES 2 (ÉTHIQUE PLANÉTAIRE)


Les plantes et les animaux ne sont pas posés sur la planète comme les meubles dans une pièce. La biosphère est un ensemble. Un ensemble plus grand que la somme de ses parties. L'important ce n'est pas le nombre de choses, c'est le nombre d'interactions : le x de la multiplication et non le + de l'addition. L'écologie = l'étude, l'illustration et la défense des entrelacs de la nature.
Le monde naturel est une "communauté biotique" ou une "collectivité biologique". A priori sans intentions, sans morale, sans éthique. Ce qu'on appelle le loi de la jungle. Pourtant l'éthique existe, au moins chez les singes nus, nous humains. Elle est un produit de la sélection naturelle : elle sert à resserrer l'unité sociale, l'intégrité communautaire, la solidarité. Nous sommes chacun, de base, membres de communautés humaines (famille, tribu, nation… etc., jusqu'à l'humanité entière) mais aussi, même si on n'en a pas encore parfaitement pris conscience, membres de la communauté biotique : végétal, animal, mais aussi minéral, climatique. D'où la nécessité d'une Earth Ethic (extension de l'idée de Land Ethic), ou éthique planétaire. (Pour l'éthique interplanétaire, on verra plus tard…)
On a le choix entre deux approches : les anthropocentristes (ou humanistes) : sauver la nature, d'accord, mais seulement pour sauver l'homme. Ou les écocentristes : la nature a une valeur en soi, avec ou sans l'homme, (position de J. Baird Callicott, par exemple et de la deep ecology), ce qui est une vue quelque peu mystique ou au moins idéale. On peut aller jusqu'à prôner l'éradication de l'espèce humaine, comme le fait le VHEMT ou la Church of Euthanasia. Ou dire, comme Yves Paccalet, "L'Humanité disparaitra, bon débarras", mais il y a en tout cas un paradoxe, quand on est un être humain, à prêcher pour l'éradication de l'espèce humaine. Une compassion nihiliste, un sens masochiste du sacrifice, une culpabilité suicidaire… 
Pour ma part je suis tout prêt à penser que si la Terre se porte mal c'est de notre faute et qu'elle se porterait mieux sans nous, et même, plus largement, voire métaphysiquement, que l'ensemble (la biogée) "vaut mieux" que chacune de ses parties, dont l'espèce humaine, dont moi. MAIS je suis moi, et je suis un humain. Et quelque part j'y tiens (je n'ai pas le choix, en fait). Quel intérêt, pour moi humain, une Terre sans moi humain, comment seulement la penser, cette Terre "en soi", nature sans hommes, sauf à se prendre pour un dieu situé "dans l'Absolu" ou un extraterrestre qui regarderait ça depuis Uranus ? (Quant à ce "mieux", de quoi s'agit-il ? d'efficacité, d'éthique, d'esthétique ?… Des termes qui n'ont de sens que pour nous humains…)


mercredi 16 avril 2014

MEUBLES


Les animaux domestiques sont depuis longtemps considérés comme des "biens meubles". Ça ne veut pas dire, "comme des meubles" au même titre qu'une table ou une commode. Bien meuble ou mobilier, c'est-à-dire mobile, par opposition à immobilier : terre, maison, immeuble. Donc ma commode, mon trombone, mes livres ou mon chien, tout ce dont je suis propriétaire et qui est déplaçable est un "bien meuble". (En vrai, je ne possède ni trombone ni chien, c'est juste pour dire…)
Les animaux sont maintenant décrétés à juste titre êtres doués de sensibilité, c'est la moindre des chose, tout en restant, me semble-t-il, légalement, économiquement, des "biens meubles", puisque susceptibles d'être déplacés, donnés ou vendus. Et c'est peut-être ça qui demandera, dans une évolution éthique à venir, à être remis en cause : comment peut-on prétendre être propriétaire d'un autre être vivant. (Déjà que j'ai du mal à admettre qu'on puisse se prétendre propriétaire d'une parcelle de sol, avec ce qu'il y a dessus et dessous… et pourquoi pas les rivières et les nuages ?!)


lundi 14 avril 2014

BARRIÈRES


Il est intéressant de constater que
- les scientifiques et/ou les antispécistes font tomber les barrières conceptuelles, métaphysiques, morales entre les hommes et les animaux, c'est-à-dire replacent l'homme en tant qu'espèce animale "comme les autres". (Ce qu'avait déjà fait le zoologue Desmond Morris dans les années 60 avec "Le Singe Nu".)
Et dans le même temps
- de nouvelles maladies (pandémies) franchissent elles aussi la barrière : des épizooties deviennent des épidémies humaines. On ne peut que confirmer la possibilité de contagion animal-homme. C'était sans doute déjà le cas "avant", mais on ne le savait pas, ou on ne voulait pas le voir, tant la séparation animal/homme (nature/culture) était nette. Séparation mentale, culturelle, séparation métaphysique issue du judéo-christianisme. La barrière immunologique cède avec la barrière ontologique.
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Vu ce dimanche soir : pas mal !