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dimanche 2 octobre 2011

BIENTOT 7 MILLIARDS


LO N°458. 2 octobre 2011.
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Les humains, quand y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup que ça pose problème.
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RELIGION ET SURPOPULATION
Toutes les religions sont procréatrices, je veux dire pro-procréation. Donc contre la masturbation (improductive), contre la contraception sous toutes ses formes, contre l'avortement. Contre tout contrôle des naissances, hors la retenue personnelle type coïtus interruptus et même pas coïtus du tout si ce n'est pas pour faire des petits. On peut se demander pourquoi. Qu'est-ce que le sexe et la procréation ont à voir avec la spiritualité ? Et ainsi, à chaque occasion où le pape (ou un autre du genre) fait une déclaration anti-capote, anti-avortement ou autre du genre, on gueule en disant : " Lui qui, justement, ne pratique pas le sexe, qu'il s'occupe de sa spiritualité et pas de nos fesses !" Mais c'est mal comprendre ce qu'est "la religion". Les religions ne sont pas "la spiritualité", ne sont même pas vouées à encourager la spiritualité ou le mysticisme qui ne sont que des effets secondaires indésirables.
Pour une grande part, "la religion" (= le dieu et ses prêtres) est un système politico-social, un système de gestion de la société : organiser des rituels de "communion", proposer ou imposer une morale sociale cadrant, ordonnant les instincts sauvages : la violence et la sexualité, principalement.
Plus profondément peut-être, ou plus primitivement, "la religion" (= le dieu et ses prêtres) est la voix de "la nature", le représentant direct des contraintes de la nature qui s'imposent à la vie en général, ou plus spécifiquement à l'espèce, ou, encore plus près, à la tribu. Toute espèce, la vie, la nature, n'a qu'un but : durer. Survivre au long du temps, et pour ce proliférer. Que l'on se place au point de vue universel de la nature ou au plus local de la tribu, la loi est la même : pour s'en tirer, quelles que soient les pertes (famines, maladies, guerres…), il faut faire nombre. Le dieu des fables bibliques est une sorte de chef de clan qui doit tout faire pour la survie de ses ouailles, non en tant qu'individus, mais en tant que groupe (nation, ethnie, espèce…).
La tribu (par exemple les habitants du proche orient de l'âge du bronze) vit des conditions difficiles : sécheresse, prédateurs… et aussi rivalité avec les tribus voisines, donc bagarres et guerres, défense de territoire ou conquête guerrière de territoire. Donc pertes : il faut renouveler le plus vite possible les chasseurs, guerriers, cultivateurs… Se pratique aussi la conquête démographique : occuper le terrain par prolifération jusqu'à évincer l'autre tribu moins prolifique. De plus, ces conditions de vie difficiles en général font qu'il y a beaucoup de mortalité infantile. Donc pour être sûr de garder un ou deux enfants survivants, il faut en faire huit ou dix. En bref, faire beaucoup de petits est un gage de survie, de persistance de la famille, la tribu, la race, l'espèce… la vie.
Donc, à la base, il y a les "croissez et multipliez" proférés par Yahvé Dieu, à Adam-Eve, à Noé, à Abraham… Et ce n'est pas du tout une affaire "spirituelle", c'est une question de survie. L'espèce veut perdurer. Le vivant veut perdurer… Mais ne prévoit rien – ne prévoit pas, en tout cas, que cette espèce, victime de son succès, serait en proie à une telle prolifération qu'elle se mettrait en danger (ça, encore…) mais mettrait en danger toutes les autres, tout le vivant. La nature est une idiote.
Parce que, évidemment, la suite de l'histoire, c'est l'arrivée à un seuil, le point ou trop c'est trop, où la quantité devient un handicap. La démarche de croissance démographique, sans doute indispensable dans les conditions d'il y a douze mille ans, se retourne contre elle-même en boomerang : les ressources (disons nutritives, pour rester basique) se restreignent, s'épuisent, malgré les progrès que l'on peut faire dans la gestion de ces ressources (l'agriculture) et même, plus tard, à cause des progrès en question (chimioculture, pollution, etc.). Il faudrait s'arrêter, à ce moment-là, juste avant l'épuisement et l'effondrement. Se dire "Bon, là, on est à notre optimum, on équilibre ressources et population, renouvellement des ressources et renouvellement de la population, tenons-nous en là. Gardons cet équilibre (déjà pas si facile à tenir)."
Ça semble rationnel… ou au moins raisonnable. Mais les prêtres, le dieu, la nature… ne sont ni rationnels ni raisonnables. Ils restent coincés dans leur obéissance à la loi primitive qui veut que l'on prolifère pour durer. Ils ont gravé des lois de fécondité dans le marbre et dans les circonvolutions cérébrales de tout leur petit monde. Vu par le petit bout, on peut dire qu'ils veulent garder leur place, leur pouvoir, leur richesse, mais c'est anecdotique. Plus largement, ils sont, comme le reste de la tribu, emportés par l'élan. Force d'inertie. Tradition. On a construit tout un monde sur ces lois, sur cet élan téléologique, sur ces légendes (legenda : ce qui doit être lu). La Loi de Dieu, aveugle, poussée par son passé, pousse devant elle la tribu (l'humanité, maintenant). Si les avant-gardes voient le ravin devant, par contre à l'arrière, on ne voit rien. On est une force qui va – dans le mur, dans le ravin, à la chute. Continuant sur sa lancée, sur son erre, comme un vaisseau. Ne comptons pas sur le dieu ou les prêtres pour arrêter le mouvement, ils pensent encore comme une tribu du désert, relais de la voix de la nature au sens le plus primitif. Attardés, ils pensent comme des homo à peine sapiens, à partir d'un état du monde lointain, à huit ou dix mille ans dans le passé.
Et finalement, c'est "la nature" qui réagit – idiotement aussi : elle réagit sans pitié, par la famine, la guerre, l'épidémie, la stérilisation, de grosses katastroffes… La mortalité infantile, déjà, depuis toujours, est le grand régulateur. (Mais on s'efforce avec succès de la réduire… est-ce bien raisonnable ?) Suite aux réactions de la nature, la tribu ou l'espèce s'éteint ou est ramenée à sa plus simple expression et pourra repartir de 0,2 pour un nouveau cycle de croissance. Pas de morale à ça. La nature n'est pas morale, ne connaît pas le bien et le mal, elle n'est pas hostile, elle est implacable. Et ses lois ne sont pas des "lois" (comme nous on en écrit), mais seulement les causes et conséquences mécaniques. Aucune volonté divine : la nécessité, les aléas.
On peut évidemment décider que la nature a raison et attendre qu'elle règle la question par sa violence aveugle. Mais si nous sommes devenus des humains, des civilisés, c'est bien en ayant pris les rênes – pour le meilleur et pour le pire. Le pire, c'est sans doute de continuer à laisser parler cette voix (et voie) de la religion primaire qui nous dit "Continuez à croître, un bon tsunami généralisé (déluge) réglera la question en temps utile." Oui, pourquoi s'embêter ? Y a qu'à attendre. Le meilleur serait peut-être que nous (les humains) décidions par nous-même, à moindre frais, de dire STOP à la prolifération.
« […] les limites inextensibles de nos provisions alimentaires nous faisant un devoir de prévenir rigoureusement un excès possible de notre population – parvenue aujourd'hui à un chiffre qu'elle ne saurait jamais dépasser sans danger, cinquante millions –, nous avons dû interdire en général, sous les peines les plus sévères, ce qui, paraît-il, se pratiquait communément et ad libitum chez nos ancêtres. Est-il possible qu'ayant fabriqué des monceaux de lois dont nos bibliothèques sont encombrées, ils aient omis précisément de réglementer la seule matière jugée digne aujourd'hui de réglementation ! Conçoit-on qu'il ait jamais pu être permis au premier venu, sans autorisation régulière, d'exposer la société à l'arrivée d'un nouveau membre vagissant et affamé – surtout en un temps où l'on ne pouvait, sans permis, tuer un perdreau, ni sans payer des droits, introduire un sac de blé ? Plus sages et plus prévoyants, nous dégradons, et, s'il récidive, nous condamnons à être précipité dans un lac de pétrole, quiconque se permet ou plutôt se permettrait (car la force de l'opinion est venue à bout de ce crime capital et a rendu inutiles nos pénalités) d'enfreindre sur ce point la loi constitutionnelle. » (Gabriel Tarde, "Fragment d'histoire future", 1896, p 43)
http://classiques.uqac.ca/classiques/tarde_gabriel/fragment_histoire_future/fragment.html
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MAIS C'EST TOUJOURS LE SEXE QUI LES PERDRA
En cherchant des images de la Kaaba de La Mecque pour la LO N°440, j'ai découvert ce détail hallucinant. (C'est moi qui hallucine ou cette forme est bel et bien vaginale ?)

Cette châsse en argent incrustée à l'un des angles du cube de la Kaaba contient une pierre noire sacrée, prétendument météorique et plus vraisemblablement volcanique.
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En kiosque d'un jour à l'autre, PSIKOPAT 235, spécial POLICE.


vendredi 1 juillet 2011

Moi, j'y comprends plus rien… alors je dessine


LO N°447 (Premier juillet deux-mille-onze)
Moi j'y comprends plus rien ! Un jour, on bombarde Khadafi, le lendemain la Grèce… Un jour Madame Aubry est nommée au FMI et Madame Lagarde présente sa candidature aux primaires écologistes, le lendemain le remaniement ministériel est pris en otage par Ghesquière et Taponnier, le jour suivant, c'est DSK qui épouse la Princesse de Clèves et Nafissatou Diallo qui deale de la coke dans les prisons, on retrouve un fémur d'Alexandre-le-grand à 13 ans, José Bové s'inscrit au patrimoine mondial de Ionesco, Nicolas S. se fait prendre au col par un quidam et Angelina Joly divorce d'avec Monsieur Hulot…
(A propos de Hulot, et pour échapper à la sauce moutarde de l'information, allez plutôt voir "Ni à vendre, ni à louer", le nouveau long métrage de Pascal Rabaté, « c'est un peu comme si Camping 4 avait été réalisé par Tati » disait un ami en sortant. Une idée (ou plus) par plan… et beaux, les plans !)
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Néanmoins, je continue à sévir dans la presse mal imprimée mal distribuée parce que j'aime ça.
Dans le PSIKOPAT de ce mois, "spécial été 100 pages sécurité routière", je signe la couverture sur une idée de Carali, deux pages de BD sur thème des radars (extrait), quelques dessins sur des thèmes connexes, ainsi que quelques dessins d'actualité "large", dont certains déjà vus ici, dans les LO.






Quant à ZELIUM, j'y signe la page 24 (dite aussi "4ème de couverture", soit un GRAND dessin), l'habituelle rubrique livres de Noël Godin et deux ou trois autres dessins, dont un pour la chronique d'un film inconnu qui mériterait apparemment d'être vu : Suspension. Ça change du poltrash (= humour noir politique).





mercredi 18 mai 2011

Retraite active


LO N° 441 (16/04/11)
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AUTOPROMO
2010 : l'année des fuites. Après les défections successives de Siné-Hebdo et La Mèche, pour le dessin de presse, qui décidément me passionne, je me suis rabattu sur le Psikopat, le mensuel de Carali, existant depuis plus de 20 ans et passé tout récemment à la couleur. Dessin d'actualité, ou "thème du mois" (actualité plus large), ou illustration de nouvelles… dont quelques dessins déjà vus ici… N°228, février "Pirates" : la couv' et trois dessins – N°229, mars "Médecines parallèles" : un texte et cinq dessins – N°230, avril "Dictateurs" : un texte et 4 dessins – N°231, mai "Le nucléaire" : 6 dessins.) – N°232, juin "Le retour des frontières" : pas encore vu, mais il devrait y avoir 5 dessins et une page BD sur la mort de BinLaden.

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… Ainsi que sur Zélium, nouveau mensuel satirique franco-belge qui a démarré en février avec un format et un papier épouvantables, ce qui s'est largement amélioré depuis, maquette comprise. J'y illustre en particulier les articles de l'entarteur Noël Godin qui propose sans cesse des livres subversifs à lire, anciens ou nouveaux. (N°1 : 3 dessins – N°2 : 3 dessins –  N°3 : 2 dessins. – Le N°4 devrait sortir d'un jour à l'autre, avec en principe deux dessins.)

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Je figure aussi largement (la moitié de la couverture et une vingtaine de dessins à l'intérieur) dans l'Almanach du dessin de presse 2010 couvrant l'actualité de l'année passée, mois par mois, à travers caricatures parues ou inédites. L'éditeur est Pat à Pan, alias Jean-Michel Renault à Montpellier. Ça vient de sortir : cartonné, avec jaquette, 192 pages, un millier de dessins, 30 €. Lancement à Montpellier en parallèle à la Comédie du livre avec une exposition d'originaux des auteurs régionaux au Pavillon du Musée Fabre. Ouverture mercredi 25 mai.
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Moins rentre-dedans, La Revue est un mensuel émanant du même groupe que Jeune Afrique. Je devrais y faire régulièrement des illustrations d'articles. Un dessin shakespearien dans le N°11 (avril). Un dessin sur le thème du pléonasme dans le N°13. Et 5 dessins sur "l'Europe en proie au tribalisme", dans un prochain N°.
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Festivals :
En mars, j'étais présent au festival BD de Massillargues-Attuech, dans le Gard (des voisins). et à celui de Bourgoin-Jallieu, quelque part entre Valence et Grenoble (dans la caserne de la gendarmerie !)
En avril à Angers (voir un peu plus bas).
Le week-end du 30-1er mai, à Dax (Landes), ville thermale aux hôtels pleins de curistes en peignoir éponge blancs et mules bleues – entre les deux, les varices.
Les 6 et 7 mai, je présentais le Festival des Très Courts à Montpellier. On y voyait en outre, hors compète, un excellent 3 minutes de PtiLuc, réalisé par l'école Objectif 3D (avec qui j'avais fait "Diamants" il y a trois ou quatre ans).
http://www.dailymotion.com/Objectif3D#videoId=xigz03
11 et 12 juin : je serai à Sérignan, Hérault, avec, entre autres, une table ronde sur l'underground, avec Yves Fremion, Pierre Guitton (dont Le Chant de Muses sort une rétrospective – voir plus loin, dans bd-sf-etc.com), Matt Konture, Gilbert Shelton (en attente de confirmation) et bien d'autres. 
Le festival BD de Boulogne-sur-Mer, pour fêter ses 20 ans, a sorti un bel album de dessins avec Boulogne pour prétexte graphique. Des tas de dessins jamais vus ailleurs : affiches, ex-libris, port-folios, expositions spéciales, par quelques 62 auteurs – et non des moindres ! J'y figure avec 7 ou 8 dessins.
On peut se le procurer pour la somme de 30 euros + 6 (envoi) auprès de l'association Les Amis de la BD (ABD)
Pascal Leprêtre : manueiris (arobase)free.fr
Bruno Ghys : ghys.bruno(arobase)neuf.fr
Affiche Boulogne 2000
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Retour à SF-Fantastique-Fantasy avec "Histoires d'Aulx" : un recueil de nouvelles vampiriques publié par imaJn'ère à Angers lors de la nouvelle convention SF-Fantastique qui s'est tenue à la Tour St-Aubin (à Angers, donc) du 5 au 10 avril. Outre ma couverture, on trouve à l'intérieur une douzaine de petits dessins (vampiriques et inédits pour la plupart) en intercalaires entre les nouvelles, ainsi qu'une BD de quatre pages, "Noces", précédemment parue dans le collectif "Vampires" des éditions Carabas en 2001.


Le dessin de couverture est aussi le motif de l'affiche et de toute la com' de cette manifestation. J'avais par ailleurs une exposition "Métamorphoses du vampire", dans la Tour St-Aubin, avec des illustrations, des planches de BD, des croquis et des peintures qui sortaient pour la première fois de mon atelier, tout cela choisi en rapport avec le thème vampires.
Pour plus d'infos : contact@phenomenej.fr
(J'ai aussi dessiné le nouveau bandeau de leur fanzine "La Tête en l'ère"
http://www.phenomenej.fr/bib_res/pages/200600C_4.pdf?sid=aa885b8b40b82b0db62fccc3142c3ce8
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Chez Le Bélial, après le recueil de Demuth "A l'est du Cygne", couverture de Bifrost N°62, illustration faite en partant de l'un des roughs de recherche pour le recueil en question.


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Je renoue aussi avec le domaine "Jeu de rôle", avec la parution en mai (d'un jour à l'autre, donc) de six dessins N&B dans le fascicule module de jeu de "Manga BoyZ 3", publié par Le Grimoire. Rien que des gros monstres extraterrestres mutants génétiquement modifiés (et très méchants)…
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Je participe aussi à un collectif fêtant les trente ans du célèbre jeu de rôle "L'Appel de Cthulhu", pour son nouvel éditeur Sans-Détour. Outre un nouveau dessin cthulhesque pleine page que je viens de finir, on y retrouvera les travaux déjà réalisés pour ce jeu en 93 : la couverture du livre des règles et l'écran de jeu. Et peut-être quelques travaux préparatoires d'époque. (Je ne sais pas encore qui seront les autres participants ni quelle sera la forme générale du projet.)

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ENFIN, ET NON DES MOINDRES :
Un nouveau bouquin tout à moi, projet chéri de ce printemps : "La Porte Rouge" est un petit livre d'une trentaine de dessins essentiellement féminins et couleurs pastel, la plupart inédits ou peu connus, au format 12x16, publié par Le 9ème Monde, émanation de la librairie parisienne "La Comète de Carthage". Sortie début juin, 8 €. Deux ex-libris au format carte postale l'accompagneront. La couverture reprend ma carte de vœux 2011 et vous y retrouverez aussi quelques dessins diffusés ici ou dans les LDC-Bédégrammes de Marcus.


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COMMERCE
Mon fils Romain a ouvert une boutique en ligne BD-SF-ETC.COM, distribuant les productions de micro-éditeurs de qualité. On y trouve d'ores et déjà
• A-Li-En, émanation du festival BD de Solliès-Ville, avec entre autres, un magnifique Smudja.
• Le Chant des Muses, un jeune éditeur de Béziers, avec en particulier une rétrospective Guitton (les vieux lecteurs de Charlie mensuel apprécieront) ;
• Etoile Mécanik, c'est Hervé Lecailtel, qui, l'an dernier, m'avait organisé une expo de dessins de presse et avait sorti à cette occasion 5 beaux tirages. Depuis, il a du Margerin, du Beltran, du Gess…
• La Fourmilière BD, des petits jeunes lyonnais bien sympas. J'ai participé chez eux à un collectif "Les Inventions de la vie moderne".
• Pat à Pan, c'est Jean-Michel Renault, caricaturiste et éditeur montpelliérain. Il est là en particulier avec les Almanachs du dessin de presse et de la caricature 2009 et 2010 et le collectif NON de dieux !
• Le Pythagore, libraire éditeur à Chaumont avec qui j'ai réalisé quelques sérigraphies et affiches autour du Monde d'Arkadi, un portfolio "Amazones", les trois petits recueils de croquis "Les Mois sont de papier", le grand recueil de dessins préparatoires d'illustrations SF "Dialogue avec l'extraterrestre", et encore quelques autres trucs comme ma participation, aux côtés de Topor et Moebius, au gros et beau livre de Fabrice Blin "Les Mondes fantastiques de René Laloux" ;
• Zanpano, de très beaux bouquins d'illustrations avec entre autres, Juillard, Amano, Denis Sire, Smudja, Varenne, Baudoin, Nicollet, Marie Mallard… et encore les recueils de Monsieur Mouche de Jean-Luc Coudray illustrés par un tas de gens bien (dont moi, dans le tome 2).
Tout ça paiement sécurisé, Paypal, etc.…
http://www.BD-SF-etc.com

et plus précisément pour mon espace perso dans la boutique :

samedi 19 février 2011

DÉMOKRATIKA


LO N° 433 (10/02/11)

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LE "MODÈLE FRANÇAIS" ou L'identité nationale ?
Une société ne s'organise pas selon un modèle. « Toute société est une réalité anthropologique qui sédimente des éléments historiques, culturels, sociétaux, étalés sur la durée et qu'on ne manipule pas si facilement. Chaque nation a son habitus propre. Un pays ne peut changer de modèle comme on change le carburateur d'une automobile. » Le danger ne porte pas sur un modèle, mais plus profond : révoltes, crises politiques, cynisme, désarroi, découragement face à l'avenir, émiettement social, absence de dessein. Dislocation des institutions, et du "monde commun". « Le monde commun, c'est l'espace pacifié où les particularités se résorbent, où les intérêts particuliers capitulent devant une exigence collective minimale. Etat républicain, intérêt général, morale civique, laïcité, service public au sens large.… socle élémentaire sur lequel prend pied la démocratie… »
Ce socle est ébranlé… « Déploration. On dénonce avec emphase la montée de l'individualisme, des corporatismes et de l'égoïsme ; on regrette la disparition des grands récits fédérateurs ; on en appelle aux "valeurs" disparues ou trahies… En réalité, immergés dans un rapport de force planétaire… en proie à des dangers diffus… des concurrences nouvelles… des adversités… on peine à retrouver ou à reconstruire un minimum de convictions fédératrices qui témoigneraient d'une plus claire volonté de vivre ensemble… une cohésion sociale… étroitement tributaire d'un sentiment de justice. » (Jean-Claude Guillebaud. Nouvel Obs. Nov 2010)
Au delà de la déploration, quoi ? Il s'agit bel et bien, oui, de « retrouver ou reconstruire un minimum de convictions fédératrices qui témoigneraient d'une plus claire volonté de vivre ensemble… une cohésion sociale… étroitement tributaire d'un sentiment de justice. »

D'un bronze raté, le sculpteur dira : « Faut passer à la refonte. »
Refondre… Refonder…
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"PAR DÉFAUT"
Nous sommes tous des ultra libéraux capitalistes "par défaut". C'est-à-dire sans le savoir, ou sans y faire attention, juste parce que c'est comme ça, c'est là qu'on est né (néné), c'est là qu'on vit. C'est préprogrammé. Ce n'est pas de l'aliénation, bien au contraire, c'est de l'appartenance. Aliénation voudrait dire que "ça" nous est imposé de l'extérieur, étranger à notre "moi". Mais non, notre moi n'est rien d'autre que l'habitus qui le fonde. (C'est un peu énervant.)
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« État-providence », dit-on. Nous avons peut-être la nostalgie d'un État-Providence, "maternant", en quelque sorte. Mais, plus rationnellement, face à la sauvagerie de la finance internationale, du capitalisme ultra-libéral mondialisé, nous avons envie, désir, besoin d'un État régulateur, qui, en ce sens, ne serait pas "providence" ou "maternel", mais "paternel" dans le sens d'une autorité positive. Pour l'instant, nous n'avons droit qu'au rôle paternel répressif : père fouettard qui n'a de réponse aux problèmes que punitive.
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L'INJURE COMME MODE DE GOUVERNEMENT
Un saboteur > un terroriste
Un gréviste > un preneur d'otage
Une protestation > un outrage à agent
Un squatteur > un voleur
Un sans papiers > un délinquant
Un Rrom > un délinquant
Un étranger > un délinquant
Un Français > un délinquant…






…MAIS AUSSI COMME MODE DE PROTESTATION
Dans Courrier International d'il y a quelques mois, dans un article du Times intitulé "L'art d'abaisser le niveau", Berlu est qualifié de "bouffon"… Sarkozy de "garce, une sale petite princesse, déversant sa bile, un mini Iago"… Alors les révélations de WikiLeaks sur ce que les ambassades pensent de nénesse ("autoritaire et susceptible", "un roi nu") ne nous apportent rien que nous ne sachions déjà sur ce que les étrangers pensent et disent de lui. Comme nous on pense la même chose, ça tombe bien.
« Que les délateurs prennent note : j'ai ajouté aux "métaphores zoologiques" l'ignominie des jeux de mot sur les noms propres. Aucun respect de la personne humaine ! Eh bien, je plaide coupable. Ce qui caractérise la politique, même si le capitalo-parlementarisme pousse sa domination jusqu'à vouloir le faire oublier, c'est qu'il y a des ennemis. Et pourquoi diable, si ce sont de vrais ennemis, me serait-il interdit de les injurier ? » (Alain Badiou, auteur de "De quoi Sarkozy est-il le nom ?" Le Monde, juillet 2008)
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TROIS ANAGRAMMES :
ZYR KAOS
SKYZO RA 
KORYSZA
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Séparation des pouvoirs
Il va falloir changer de manière de penser. Penser "pouvoir et contre-pouvoir" au lieu de "droite et gauche".
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Gouverner sans pouvoir.
Après s'être mis à dos l'hôpital, l'enseignement, la culture, la poste, quelques autres services publics et quelques pays étrangers, Nénesse, grand chantre de la sécurité, a réussi à se mettre à dos la justice et la police. C'EST BIENTÔT LA FIN.
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Rama rame, Ségolène c'est galère, Martine oublie, Dominique trousse Kahn, Nicolas s'arc-boute, Carla se rembrunit. François, fuyons !
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GRÔTTESQUE
« Dans cette caverne glauque qui sue l'angoisse et la rapacité, quel archéologue du futur, à la lueur d'une bonne vieille lampe à acétylène (il n'y aura plus d'électricité nucléaire depuis belle lurette), découvrira comme autant de gravures rupestres les excès de cette drôle de triste époque ? » (Édito du Monde Libertaire N°1568, 15-21 oct 2009)
Salmigondis, mescladissa… Une polémique chasse l'autre… Non, la recouvre. Couac après couac l'oiseau fait son nouac… Couche après couche, ça s'accumule. On n'oublie rien, en fait, on "oublie" seulement. Mais l'effet à long terme est cumulatif. La merde monte.

« Cette brouillasse politique qu'on a dans la tête, où tout se mélange et se renverse sans cesse pour finir neutralisé. » (Eric Loret dans Libé)
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"LA GROGNE"
J'attends toujours qu'un magistrat ou un enseignant manifestant envoie paître tous les journalistes en leur disant : « Nous ne sommes pas des porcs ni des grognards de Napoléon, nous ne grognons pas comme des enfants capricieux, nous protestons. Comme des adultes responsables. »
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TRAVAUX EN COURS
Psikopat N° 228 vient de sortir, sur le thème des PIRATES (modernes), avec du Caza en couverture et à l'intérieur (et en couleurs). (Je serai aussi présent dans le 229.)
Et Zélium ? Pas encore vu.
Un petit bouquin se prépare avec Le 9ème Monde (alias la librairie "La Comète de Carthage"). Une trentaine de dessins en couleurs, 12x16 cm. Titre "La Porte Rouge" (comme ma carte de vœux, reprise en couverture). Ma face tendre…
Quelques illustrations en cours pour Manga BoyZ, jeu de rôle publié par Le Grimoire.
Et un projet avec Sans Détour, nouvel éditeur du jeu de rôle "L'appel de Cthulhu" qui fêtera ses trente ans en septembre.