dimanche 29 décembre 2013

ABONDANCE


« La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler. » (Raymond Barre).

EASTERLIN
(Article copié et à peine remanié de Wikipedia)
Le paradoxe d’Easterlin tient son nom de l’économiste qui l’a mis en évidence en 1974 : une hausse du PIB ne se traduit pas nécessairement par une hausse du niveau de bien-être ressenti par les individus. Les explications avancées font notamment appel au paradoxe de l'abondance. Le paradoxe d’Easterlin est l'une des réflexions à la base de l'économie du bien-être.
(Easterlin, Richard A., « Feeding the Illusion of Growth and Happiness: A Reply to Hagerty and Veenhoven »)
Paradoxe de l'abondance
La disponibilité en quantité non limitée d'une satisfaction précédemment rare, après une période d'excitation, voire de frénésie initiale, finit par engendrer une lassitude qui conduit à la passivité. Le paradoxe provient du fait que ce qui est devenu facile d'accès se retrouve à terme moins utilisé que lorsque l'accès en était difficile. Le monde occidental l'a observé tout particulièrement dans le troisième tiers du XXème siècle avec la révolution sexuelle et la société de consommation. Montaigne mentionne, sans lui donner ce nom, cet effet dans le chapitre XV du LIvre 2 des Essais "Que nostre desir s'accroit par la malaisance". Il en fait ce résumé : "Il en va ainsi par tout : la difficulté donne prix aux choses". Le phénomène est aussi bien connu des pâtissiers : il est de tradition de laisser un apprenti se gaver de gâteaux le premier jour, afin de l'en écoeurer rapidement.
Les publicitaires dénoncent le danger qu'ils nomment l'hyperchoix : placé face à une offre trop abondante de produits divers, le consommateur finit par refuser de choisir, accordant plus d'importance aux possibilités dont le choix va le priver qu'à ce que celui-ci va lui donner.
Le mécanisme
Les diététiciens le résument par la formule lapidaire : L'interdit crée l'envie. Pour cette raison, tout régime doit comporter à intervalles réguliers (par exemple un jour par semaine) un jour de contrôle moins strict. L'expression l'attrait du fruit défendu est également passée dans le langage courant en France. Quant aux Italiens, on dit même chez eux : « Quel dommage que boire un verre d'eau ne soit pas un péché. Il en serait tellement plus désaltérant ! »
Un proverbe dit également que la nécessité est la mère de l'invention, ce qui laisse entendre qu'un esprit, pour ainsi dire privé de privations, a tendance à se mettre au repos. On observe de fait que les retraités qui ne cultivent pas rapidement une passion ou un hobby (ou plusieurs) ont souvent tendance à se laisser dépérir et à mourir rapidement. Boris Vian fait dire de même à l'un des personnages de L'Automne à Pékin : « Du moment que je suis vivant et que je ne désire plus rien, je n'ai plus besoin d'être intelligent ».
Autres manifestations
Le choc culturel associé à l'abondance a déstructuré, puis anéanti les peuples que l'on a cherché à faire passer du stade du chasseur-cueilleur au stade l'agriculteur-éleveur en moins de deux générations. Les abonnés d'un service de location de films ont constaté à leurs dépens le paradoxe de l'abondance : alors qu'ils étaient libres de commander des DVD de films à volonté en renvoyant les précédents, après une période d'enthousiasme du début. ils ont cessé de le faire. De la même manière, la surabondance initiale des découvertes de nouveaux gisement énergétiques, en particulier pétrolier et gazier finit par décourager toute tentative de progrès dans le développement des énergies renouvelables, de moteurs et de moyens de transports plus économes ainsi que de systèmes d'exploitations des ressources plus équilibrés,
J'ajoute, c'est connexe, les effets pervers non plus psychologiques mais concrets de certaines abondances : pollution, maladies nosocomiales, ou provoquées par les médicaments eux-mêmes, pesticides, ou obésité.
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Bonne année quand même !



3 commentaires:

Vincent a dit…

Mignonne la demoiselle. Très intéressante approche de cette chimère qu'est l'abondance. Fantasmée, monstrueuse, tentatrice, épuisante...écoeurante.Ta "Mona Lisa" (nordique ?) apaise, par son sourire et ses attraits virtuels, nos neurones dépressifs. Merci

Philippe Caza a dit…

Blond vénitien………

wens a dit…

"Mona Lisa à poil, c'est extraordinaire, quand tu te déplaces on dirait qu'elle te suit des seins !"
( brève de comptoir )