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mardi 13 juillet 2010

SUCKER CITY


LO N°394 (12/07/10)

DÉFORESTATION
— A chaque seconde, la forêt primaire perd la surface d'un terrain de football !
— Qu'est-ce qu'ils vont devenir, nos enfants ?
— Footballeurs.
(REDIFF' LO N° 221 (03/07/08)


LA FIN DU MOND-IAL
— La FFF se plaint d'ingestion poiltique
— Mais… C'est que… les bleus, c'est un peu l'équipe de France quand même…
— Moi je me plaindrais plutôt d'indigestion footistique.

C'est la fin du mondial : Sucker City se vide, les vuvuzelas au vestiaire, Mandela rejoint sa prison, la coupe déréglée du monde vendu à la découpe, n'en jetez plus, la coupe est pleine, elle déborde même ! Les bleus sont repartis la queue basse et la tête entre les jambes. Et les autres, les derniers sur place, Espingouins et Pays-Bassistes, après quelques bons échanges de gnons à défaut de buts, en font autant…
Mais on n'a pas fini d'en parler, sur les écrans, il faut la boire jusqu'à l'hallali, jusqu'au coupable, la coupe amère. Car la France veut des coupables ! Et déjà, on s'énerve : on a beau interroger les joueurs, les coach, les patrons de la FFF, Lilian Thuram, Rama Bachelot et Paul-le-Poulpe, il n'y a pas, il n'y aura pas de révélations. Rien sur les "vraies raisons". (Je parle bien sûr du fiasco – terme consacré – des bleus.) C'est qu'il n'y a pas de "vraies raisons". Toutes celles qui ont été évoquées par les commentateurs sont vraies. Tout est vrai. Il n' y a rien d'autre que ce que l'on a vu.
Mais… on veut des coupables !
Pourquoi ? Parce qu'on veut du sens. Pour faire son deuil, il faut du sens et de la vengeance au nom de la justice. Si on n'a pas une "vraie réponse", c'est très dangereux car la première venue conviendra. Alors chacun y va de son bouc émissaire préféré : le coach, les joueurs convertis à l'islam, les noirs, les Bretons, la FFF, l'arbitrage qu'on veut pas vidéo, les sponsors, l'argent, Rama Yade, Bachelot, la presse, l'éducation, la mentalité des cités, Philippe Val, Sarko, le libéralisme économique ultra mondialisé… Et pourquoi pas "les nazis", aussi ? C'est bien, "les nazis", c'est pratique, c'est un méchant indiscutable ! Ça coûte juste un point Godwin…
D'aucuns, par exemple, voient dans le fonctionnement de l'équipe de France de foot la "mentalité des cités". C'est vrai, mais cette mentalité, cette culture de groupe, c'est celle de n'importe quel microcosme humain qui vit selon ses propres règles et considère que l'extérieur ne peut pas comprendre celles-ci. Une éthique clanique, ou tout au moins des codes de bande ou de secte ou de mafia. Coupure, une autoghettoïsation, l'omerta, culture du secret qui suppose que toute révélation est une trahison, que toute accusation ne peut émaner que de félons. Paranoïa de groupe.

Le problème c'est que tout cela est vrai, toutes ces causes du fiasco, désastre, supplice, catastrophe, affaire, calamiteux, cataclysme, coup de tonnerre, guignolade, pantalonnade, honte, lamentable, minables, naufrage, psychodrame, rocambolesque, séisme, supplice… (C'est juste la liste de quelques termes les plus couramment employés par les commentateurs…)
Chaque analyse, à un niveau ou un autre, contient sa part de vérité. Tout est vrai, toutes les analyses sont justes. (Sauf peut-être "les nazis", pour une fois…) Mais ça ne nous va pas. On veut une réponse simple : un coupable, un sacrifice expiatoire, un meurtre rituel : on le pend haut et couille, on le guillotine comme un louisseize, on l'écartèle comme un ravaillac…! Et après on est tranquille… On rentre chez soi, relaxé comme un Pasqua, déstressé, on se lave les mains et on rallume la téloche.
Mais… Au Mexique y a l'inondation d'Alex, les populations évaculées, les morts… Dans les bouchons futés, faut s'humecter, s'hydrater, y a des trous dans la couche d'ozone du petit sur la banquette arrière, tu ralentis, tu avances et tu recules, comment veux-tu que je te canicule, Angelina ?… Clip : Yannick Noah chante remember Angela Davis… Rio : le Crocovado, tout juste remis à neuf (les enfants des favelas sont ravis) doit porter le deuil d'un match perdu (les enfants des favelas sont dégoûtés)… Ha¨ti qui n'en finit pas de gémir… Chaque jour de nouvelles réfellations (sans le dentier, c'est mieux) dans l'affaire Bettancourt-Banier-Woerth et ses enregistrements pirates clandestins sans papiers, bien que sous couverture d'un fiscal bouclier, ses îles fiscalement paradisiaques, ses allers-retours en Suisse pour acheter du chocolat détaxé… Le pôle-emploi qui se réchauffe et fond comme merde au soleil, ce qui est bien normal vu que les employés sont des "radiateurs" dont le boulot consiste radier, c'est-à-dire à faire fondre les statistiques… Parisot en rose est réélue à la tête du madoff… Ça fusillade à Villiers-le-bel ou à Puteaux, et ça lynche sur l'autoroute. L'Hadopi maudite entre en application… L'expérience des cagnottes pour l'assiduité des élèves est abandonnée… Des caméras partout sur le réseau RER, 12 000 d'ici 2013 (et les marchands de caméras de se frotter les mains)… Le Prez dessondé à 26%, forcé d'aller tâter le cul des vaches d'altitude en Aveyron et d'augmenter sa dose de chocolat… Le délit de violence psychologique adopté… La Grèce générale… Total condamné à rouvrir la raffinerie des Flandres… La reprise d'Heuliez… Et celle du Monde… Toyota rappelle encore 270 000 véhicules (mais où ils vont les mettre ?) et Apple rapple ses i-Phones défectueux. Les soldes d'été fondent sur le bon peuple et le train de vie gouvernemental : quatre ministres par voiture, on mangera Rama Yade, on fumera Christian Blanc, on vendra le Palais de l'Elysée à la découpe et Fort Boyard à Khadafi. La garden party du 14 juillet sera recyclée en potager carotte-pomme de terre-poireau. (Et pourquoi on supprime pas plutôt le défilé mirlitaire ?!) Les secrétaires d'Etat seront priés de prendre leurs vacances en Vendée, à Brive-la-Gaillarde, dans le Var ou à Douarnenez, armés de pelles à algues vertes.
Demandons des asiles avant que le grand cric nous croque et que le moloch avide nous donne son aval !

Hé oui, la réalité est folle et con. Ou simplement complexe. La réponse simple, le coupable bon à couper, ce n'est pas la réalité.  La cause unique n'existe pas. Les causes sont des faisceaux de causes. Le principe de non-contradiction est un leurre. Le tiers n'est jamais exclu. Mieux que la dialectique : la polylectique. Depuis que la télé est en couleurs, la causalité n'est plus noire ou blanche. Et pas grise non plus : la réalité (= le chaos) est bariolée, autant que les vuvuzelas, que le ballon jabulani aux couleurs de l'Afrique du Sud, les chapeaux délirants des supporters. La réalité est moirée, comme ces tissus dont la couleur change selon l'éclairage, selon l'angle de vue, les plis…
En fait, je dois avouer que le foot, je m'en fous un peu-beaucoup. Et que je n'y connais rien. (Que personne n'essaie de m'expliquer un hors-jeu…) Ce qui m'intéresse là dedans, c'est la question d'actualité, donc une question de société, d'économie, de politique, d'état du monde. J'aime bien de temps en temps, j'avoue, regarder du tennis (surtout quand c'est les sœurs Williams…), de la gymnastique pratiquée par de jeunes athlètes féminines à peine pubères et… euh… Hum, restons en là… de la natation ou du ski pour des raisons d'histoire familiale. Bref, si je regarde un sport, quel qu'il soit, c'est pour voir du beau jeu, du beau spectacle, de la dynamique, de la créativité, de la verve, du panache. La nationalité, on s'en fout ! Ce que gagnent les joueurs aussi…
Pourtant, en dehors du plaisir personnel, il y a ce fait politique : les bleus, c'est (c'était) en principe "l'équipe de France". Or les bleus, les footeux, en réalité, sont des sportifs privatisés, délocalisés, mondialisés : apatrides. Ils se vendent au plus offrant, d'un club à un autre, peu importe le pays, peu importe avec qui on joue. Il n'y a pas d'"équipe de France", il y a des individus gagnant très bien leur vie par ailleurs, qui, pour l'occasion, se réunissent et sont censés représenter la France. Anelka viré rentre chez lui à Chelsea, GB, pas à Trappes.
Le foot ne doit pas être cocardier, paraît-il, pourtant c'est lui qui a permis depuis soixante ans aux pays d'Europe de se foutre sur la gueule symboliquement plutôt que de se faire la guerre. Le foot est privatisé, OK, mais en même temps l'équipe de France représente "la France", ce n'est pas un club privé, c'est la France = nous. L'équipe et son maillot font partie de l'identité nationale, autant que le drapeau ou la Marseillaise ou le 14 juillet… et bien entendu le tour de France. Je n'aime ni les uns ni les autres… J'ai toujours du mal à m'identifier en tant que "Français", sinon par la langue, et je ne serai jamais ni supporter ni nationaliste… Pourtant la francéité fait partie de mon histoire, de ce qui me construit… comment pourrait-il en être autrement ?… et j'apprécie d'être né ici et de parler cette langue…

Bon. Là je parlais du foot et plus particulièrement de la non-participation de l'équipe de France (dite "les bleus") au mondial 2010 en Sud Afrique. Mais ça peut s'appliquer tout pareil aux deux autres évènements encombrants de la quinzaine : l'éviction de Didier Porte et Stéphane Guillon de France Inter et l'affaire Bettancourt-Woerth.
Il n'y a pas de "vraies raisons" à tout ça : TOUT EST VRAI.
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Rien à voir, mais 2 minutes 42 de pure beauté :
http://www.youtube.com/watch?v=L4aTLurY3gw

mardi 22 juin 2010

Vu du comptoir…


LO N° 386 (21 juin 2010)

— Intempéries…
— Un temps pourri, oui… Et c'est l'été, à ce qu'il paraît !
— Après la Vendée et la côte d'Azur, le Var, nouvelle zone noire…
— Disons boueuse… ils vont pas tout raser quand même…
— Au Bangladesh aussi, ça va mal, question inondations… Et en Chine…
— D'accord, mais tu crois que les Bangladais, ils se font du soucis pour Draguignan ? Ils savent seulement pas que ça existe, Draguignan ! Les Chinois, pareil !

— Le shark rend visite aux sinistrés.
— Avec son kärcher ? Aider à tout nettoyer ?
— Les pieds dans la boue, comme son nom l'indique.
— …?
— Ben oui, j'en ai déjà parlé, sarkozy, en hongrois, ça signifie littéralement "dans la boue".
— On peut dire qu'on est les deux pieds "sarkozy"...
— Mais on le savait…

— Procès des présumés émeutiers de Villiers-le-Bel. Mini-moto contre voiture de police, taser contre fusil à pompe…
— Ils brament leur innocence.
— Ils clament, on dit, normalement, à la télé.
— Justement, y'en a marre ! "L'accusé clame son innocence", pour le moindre procès… "L'accusé clame son innocence"… Y'en a marre !
— Ils sont là suite à des "témoignages anonymes et rémunérés".
— Ça fait des gens qui ont trouvé du boulot au moins. « Qu'est-ce que vous faites, dans la vie ? – Je suis témoigneur anonyme et rémunéré. » C'est toujours mieux que le chômage.
— C'est bien, mais y a pas de preuve, quand même…
— Pas vu, pas pris. Comme la main de Thierry Henry…

— Cette main, c'est la malédiction qui pèse sur l'équipe de France de foot. Une sorte de péché originel qui imprègne l'ensemble : l'équipe, le staff, le public, la presse et l'opinion internationale : quelque part, on sait qu'on n'a pas le droit d'être là. La culpabilité sourde, le poison !
— Rédemption ! Rédemption ! Crucifiez Thierry Henry !


— C'est la vengeance des Irlandais.
— Oh, ceux-là, qu'ils s'occupent de leurs curés pédophiles et de leur loi anti-blasphème !

— Les Brésiliens aussi, ils font des pieds et des mains… au moins des épaules, des bras…
— Faut les attacher ! Ou leur couper les mains, comme à la charia.
— Ils ont expulsé Kaka, quand même…
— … Kaka…
— … Expulsé…

— Le foot, c'est un sport de voyous, de toute façon. Bande contre bande, comme dans les banlieues.
— Mais sans fusil à pompe ni taser.
— Le taser est au fusil à pompe ce que la vuvuzela est à la trompe d'éléphant.

— Et à l'intérieur de la bande, c'est un asile de foot ! Pire que le débat sur l'identité nationale ! C'est niveau télé-réalité : c'est le loft, c'est koh-lanta… Une réunion d'abrutis agressifs et vulgaires, incultes, sans respect pour qui ou quoi que ce soit, ni le coach, ni la fédération ou la France, ni "le sport", le public, l'honneur…
— Mais tout cela mérite-t-il respect ?
— Et eux, méritent-ils gloire et richesse ? Ils sont aussi respectables que le "dans la boue", notre coach, et son gouvernement, ses Besson, ses Hortefeux ! Ils sont juste un gros plan, "l'effet loupe" sur l'état actuel de la France, et du monde néo-libéral.
— Une bulle financière prête à exploser !

— Finalement, les Français, "les bleus", comme on dit, ils ont le choix : jouer leur dernier match "pour l'honneur"…
— Honneur ? Quel honneur ? Qu'on les pende !
— … ou le suicide collectif.
— On pourrait se contenter de les renvoyer illico ici en charter…
— Ou en Afghanistan…
— Les passer au kärcher…
— … dissoudre l'équipe, après le match, et la FFF, et Domenech…
— … dans l'acide chlorhydrique, oui…
— Tu crois pas que t'exagères, des fois ?
— Si, mais j'aime bien.

— Quant au « Il y a un traître parmi nous », langage de chef de bande, de secte.
— Un Judas qu'a vendu son Jésus !
— Qu'on le pende !

— Mais bon, Roselyne Bachelot est nommée pompier volontaire des bleus sinistrés.
— "Pompier" ? Une petite pipe à chacun, et ça repart…
— Moi j'aurais préféré Rama Yade.

— La Corée du Nord contre le Portugal. C'est contre nature… Pourquoi pas Nouvelle Zélande contre Islande…?
— Bizarrement, les Nord Coréens sont en blanc, les Portugais en rouge… Quand je dis que c'est contre nature…
— La Corée du Nord, ils ont des fuites : déjà quatre joueurs disparus…
— Si ça continue, ils vont finir à trois sur le terrain.
— Et si quand même ils gagnaient la coupe : Kim Jong Il maître du monde !
— Laisse tomber, ils se sont fait laminer par le Portugal. Et sous la pluie, en plus.
— Mines de sel pour tout le monde ! Et privés de kimshi au ptit déj !

— Finalement, les seuls gagnants, dans tout ça, c'est les marchands de vuvuzelas !



dimanche 20 juin 2010

FROOT……


LO N° 385 (19 juin 2010)

# 7 MILLIONS POUR LES BLEUS !
Même s'ils se font éliminer dès le premier tour de la Coupe du monde, les joueurs de l'équipe de France, ainsi que l'encadrement, devront se partager un magot de 7 millions d'euros. # (francefootball.fr)

J'aime bien le "devront" !



RASED = Réseau d'Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté.
ERASED = gommé.


— L'appel, De Gaulle, la guerre de 40, ils nous bassinent, avec ça !
— La guerre de 14, ça au moins, c'était une vraie guerre, avec des vrais Français d'un côté, des vrais Boches de l'autre. Y a pas eu de collabos.
— Moi ce que je préférerais, en tout cas pour nous, pour la France… je le souhaite pas, hein, c'est juste pour causer… c'est une guerre civile : au moins ça resterait entre Français.



lundi 31 mai 2010

TENNIS, FOOT, RUGBY, MARÉE NOIRE…


LO N°381 (31 mai 2010)

Terre battue de France
— Tsonga a abandonné, finalement…
— Jo-Wilfried, il souffrait du fessier.
— Ironie du sport.

— Séréna Williams prouve qu'une sacrée paire de nibards n'empêche pas de jouer au tennis.
— Sa sœur Vénus, elle, hurle à chaque frappe. Quelle famille !

— Le tennis, c'est bien joli, mais c'est quand même le foot qui est le principal sujet de conversation des mâles européens.
— Ça m'étonne pas.
— Les bleus en Tunisie : Thierry Henri est resté sur le banc de touche. S'il jouait, ce serait avec les mains attachées dans le dos.
— Heureusement qu'ils n'appliquent pas la charia, là-bas…



— Ensuite, à La Réunion contre la Chine, puis l'Afrique du Sud. C'est du tourisme extrême !
— Aller jouer au foot dans un pays où il y a 50 meurtres par jour, c'est gonflé, surtout pour une équipe à moitié blanche.
— Ou à moitié noire…
— Dans les deux cas, la remarque est raciste, j'vous f'rai dire…
— Avec ça la France organisera l'Euro 2016 de foot. « Réponse à la crise », dixit Machin. Faudra plein de nouveaux stades et ce qui va avec : routes, parkings. Bouyghes va se gaver.
— Et nous on va être gavés de foot.
— Bon, râlons pas sur tout : ça crée du lien social, il paraît.

— L'iPad est arrivé.
— C'est pour les iPadophiles.
— Foot + iPad : du pain et des jeux… Euh, pardon : des jeux et des jeux… sans pain.
— Sans iPain.

— La manif de vendredi a battu en retraite.
— Demi-succès ou demi-échec, on ne sait pas.
— C'est qu'il demi-pleuvait, aussi.
— Mais c'est aussi qu'on ne se mobilise plus dans la rue, maintenant, mais sur Facebook.
— Pour des apéros géants.
— Pas que. On peut aussi y dénigrer sa hiérarchie ou se faire interdire au Pakistan pour cause de caricature de Mahomet. Et puis, quand on aura tous un iPad, on pourra emporter son Facebook à la manif !
— Y a une application Taser, sur les iPad ?
— Tasernator, le retour. La Seine-Saint-Denis, c'est la jungle. Les petits porteurs prennent la fuite, abandonnant les aventuriers à la recherche de la cité perdue. Arlette à Malibu. Retraite de Russie…

— Et sur le rugby, rien ? Pourtant, Clermont-Ferrand, le bouclier arverne, tout ça…
— Et puis le rugby, c'est nettement plus fair-play que le foot.
— Facile, ils ont le droit de se servir de leurs mains, eux.
— Et puis y a l'accent.
— Et puis les maillots roses.
— Ah bon, je croyais que c'était la Gay Pride !?



— BP est sous pression.
— Tiens, ressers-moi un demi.
— Ça traîne. Tout le monde râle, genre « on nous cache quelque chose. » Mais on vous cache qu'une chose, ma bonne dame, c'est que nous, humains technologiques, ne nommes pas tout-puissants. Même problème que pour récupérer les boites noires du vol Rio-Paris par 4000 m de fond.
— C'est à qui, BP, en fait ? Le patron, c'est qui ?
— Mais y a plus de patrons ! BP, c'est aux actionnaires, c'est-à-dire à tout le monde. T'as un compte en banque ? BP t'appartient, t'es responsable !
— C'est pas juste, moi au moins, je lave mes ordures avant de les foutre à la poubelle.

BP disperse le pétrole au Corexit : le remède est pire que le mal
On reproche à B'O son manque d'action face au problème d'oil spoil : c'est que, en bon libéral, il clame : c'est la faute à BP, que BP se démerde. Ce n'est pas une question d'abandon des populations, reproche que l'on a pu faire à Bush lors de l'ouragan Katrina. Il n'y avait pas de coupable direct, là, juste des éléments de réflexion rétrospectifs : les digues mal entretenues, les habitations plantées dans les zones à risque (tiens, ça me rappelle quelque chose de plus récent, en France…)
Pour l'essentiel, c'était une "catastrophe naturelle" qui n'aurait fait de mal à personne si elle avait eu lieu dans une zone déserte, comme Rousseau l'avait dit pour le tremblement de terre de Lisbonne, mais, plus près de nous, comme Haïti, comme le tsunami… Les catastrophes ne sont des catastrophes que quand elles ont lieu dans des zones peuplées, très peuplées, trop peuplées.
Mais là, c'est bon : il y a un coupable tout désigné, avec son logo sur chaque baril. Pollueur = payeur. Que BP se démerde. Alors BP balance du Corexit.
Le détergent Corexit est un cache-misère. Déjà, il est fabriqué par NALCO, un client de BP – rien ne se perd. Il ne limite pas la pollution, il essaie de la cacher. Et en fait il l'augmente : les gouttes de pétrole ne disparaissent pas, y a pas de miracle, elles sont diffusées, éparpillées dans un volume d'eau encore plus grand. Sans parler des effets nocifs du Corexit lui-même... On est dans la même logique que dans la gestion de la crise financière : encore plus de dette pour résoudre le problème de la dette.
Au lieu d'une nappe qui flotte en surface, genre gelée, repérable et susceptible d'être arrêtée par des filets et des bouées, on a du sirop, une sorte d'émulsion de pétrole qui reste entre deux eaux. Les poissons absorbent et absorberont ce mélange de pétrole et de Corexit ; mais à plus faible dose que si le pétrole restait compact ; par conséquent ils ne mourront pas mais ils accumuleront les toxiques ; ils seront ensuite péchés et consommés par les humains, s'il en reste. En l'absence du Corexit les effets du pétrole seraient plus violents, sans doute, mais surtout plus visibles, car la nappe de pétrole compacte et flottante laisserait une meilleure chance de pouvoir la ramasser. Quant aux poissons, ils seraient vraiment intoxiqués, donc ils  mourraient et ne seraient pas consommés.


— De toutes façons, d'ici 2050, il y aura plus de poissons.
— On a donc une nouvelle destination de tourisme extrême : après Afghanistan, Corée du Nord, Tchernobyl, Thaïlande, Grèce, Si-Chuan, Haïti, Chili, Abruzzes, Vendée… maintenant, Louisiane, Floride…
— T'as oublié Manhattan… Ground Zéro…
— Ils vont y construire une mosquée, il paraît…
— Avec deux minarets de 400 mètres de haut ?
— Et à Marseille, on va en construire une à la place des anciens abattoirs (!)
— Et puis n'oublions pas l'Indonésie, avec son volcan de boue, un véritable site d'attraction touristique !

Indonésie, 2006, Province orientale de Java. La compagnie PT Lapindo Brantas fait des forages à la recherche de pétrole ou de gaz. Son trépan perce différentes couches de roches, jusqu'à plus de 2800 m de profondeur. De-ci de-là, aux alentours, des éruptions se produisent : de la vapeur d'eau et du sulfure d'hydrogène H2S qui pue et qui est dangereux : cf algues vertes. Il semble que le forage ait agi comme déclencheur de décompression d'une poche de boue, dans un sous-sol déjà déséquilibré par l'activité sismique de la région. Depuis, c'est une sorte de volcan mou qui crache sa purée à la surface, une matière visqueuse, grisâtre et chaude, chargée en hydrocarbures et en métaux lourds.
Eruption au ralenti, tsunami au ralenti, explosion au ralenti.
Le "volcan de boue" de Sidoarjo a éjecté 50 000 m3 de boue par jour à ses débuts, un peu moins maintenant, semble-t-il, mais avec deux nouveaux cratères ; il a déjà recouvert plus de 700 hectares et une douzaine de villages. L'éruption risque de continuer pendant un temps qu'on ne peut déterminer (des décennies, pensent certains) et à ce jour, tous les efforts pour l'arrêter ont échoué. Les rivières sont polluées, les élevages de crevettes sont foutus, 40 000 personnes ont été déplacées, on construit des digues – qui se fissurent déjà : le sol s'effondre, des villages, des lignes à haute tension, des voies ferrées  ou des routes sont englouties. (D'après Wikipedia et Good Planet)

— On dirait du Brussolo !

— Mais… des trous dans la terre, on en a toujours fait. Les puits, les mines…
— Des trous au fond des mers, c'est plus récent. Avant, on n'avait pas les moyens.
— Si la Terre était creuse on pourrait craindre que les océans s'écoulent vers son centre comme l'eau sale au fond d'un évier. Mais c'est le contraire qui se passe : il y a de la pression, là-dessous.
— Si ça se trouve, la Terre est pleine de pétrole comme une outre !
— Et de boue grise !
— Une valve, une bonde, un bouchon, un couvercle ! Vite !
— Mais B'O nous le dit : BP paiera les dégâts, et on fait des commissions pour que ça ne se reproduise pas.
— Mais ça s'est produit. C'est comme les meurtres suivis d'une loi sur la récidive, ou les guerres suivies d'un "plus jamais ça" ! Trop tard : ça s'est produit. On ne retourne pas dans le passé pour empêcher la catastrophe avant qu'elle se produise. Le crime contre la biogée a eu lieu, a lieu, aura lieu chaque jour et aucune loi anti-récidive n'y peut rien.
— Amen.
— Ta gueule !

vendredi 21 mai 2010

ANORAKS


LO N° 378 (20/05/10)
Les BLEUS, ça joue à quoi, déjà ?


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KOREA
Le naufrage de la corvette sud-coréenne Cheonan le 26 mars a été provoqué par une torpille nord-coréenne, a conclu jeudi une commission d'enquête internationale, une "agression" démentie par Pyongyang qui a menacé d'une "guerre généralisée" en cas de sanctions. (AFP)
C'est vrai que, à voir cette image, ça fout la trouille... (ou ça fait hurler de rire, faut voir…)
En tout cas, sur Facebook, ça en fait rire quelques uns…

F.D. : Ce qui fout le plus la trouille, c'est son tailleur (ou sa mère si c'est elle encore qui fait ses bords de pantalons)...

P.G. : C'est pas bien de se moquer du non-voyant à qui ses copains ont fait croire qu'il mettait lui aussi son costume du dimanche !