Affichage des articles dont le libellé est forêt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est forêt. Afficher tous les articles

samedi 29 mars 2014

UN CHEMIN DANS UNE FORÊT


« J'aime bien marcher à pied, au sens philosophique du terme. » (Brève de comptoir)

… M'empêchant de marcher tout droit vers mon but, il y a un arbre, un rocher, un ravin… Je le contourne. Et ce détour ennuyeux devient un serpent dans lequel on met et remet ses pas, jour après jour. Ainsi mes pas font le chemin qui fait mes pas.

Le chemin ne s'est pas tracé tout seul. Il obéit à une volonté (humaine), il a une fonction (humaine), un but (humain), un concept (humain). Tous ces termes (volonté, fonction, but, concept) sont de l'ordre de l'abstrait. Le chemin, lui, reste concret par ses matériaux mais a été structuré par l'humain. Le lieu concerné (forêt) perd en nature (chaos) mais gagne en structure. L'intervention humaine sur la nature est d'abord cela : dénaturation / structuration.
On oppose généralement nature / culture. On pourrait aussi bien opposer nature / structure.
Pour autant, la nature est-elle du chaos ? Pas tant que ça. Elle est vue par l'humain, a priori, comme chaos. Mais l'observation, l'étude, mènent à y découvrir des structures : veines du bois ou d'un minéral. Une étude plus poussée mène à comprendre ces structuration de la matière, qu'elle soit vivante ou morte : structurations nées d'une force (poussée volcanique, pesanteur…) ou d'une fonction (fonction chlorophyllienne des plantes).
J'ai failli dire "d'un but", car on pense facilement « Pourquoi les plantes sont-elles vertes ? Pourquoi la chlorophylle ? C'est pour capter l'énergie solaire qui va permettre de changer le CO2 en O2… » Hola ?! La plante aurait-elle des intentions, des buts ? Cette manière de penser, proprement humaine, va nous retomber sur le râble à chaque coin de page. C'est pourquoi j'ai choisi le mot "fonction", plus abstrait, ne nécessitant pas forcément volonté, intention, but. Partie d'un mécanisme global qui ne fonctionne que si chacun de ses éléments a une fonction et accomplit sa fonction. C'est l'écologie. Boucles de feed-back ou rétroaction (positive ou négative), interactions, échanges, complémentarités. Il s'agit de complexité.


dimanche 16 février 2014

CLAIRIÈRE


Comment une clairière disparaît-elle — ou comment détruit-on une clairière ?
Définie comme une zone d'absence d'arbres au sein d'une forêt, un trou.  Comment un trou, un manque, un vide disparaît-il ?
Soit par remplissage : planter de nouveaux arbres dans la clairière ; ou les laisser pousser : avec le temps, "la nature reprend ses droits", les arbres voisins se ressèment et en 10 ans ou 20 ans la clairière disparaît, n'est plus qu'une partie de la forêt comme les autres, à part qu'un œil exercé reconnaîtra que là, les arbres présents sont tous jeunes.
Mais la clairière peut disparaître à l'opposé, parce qu'on aura coupé tout ou partie de la forêt autour : si, par coupes claires, vous élargissez le périmètre de la clairière, il vient un moment où il n'y a plus assez d'arbres autour du périmètre dénudé pour le qualifier de clairière ; ce n'est plus qu'une partie de la lande environnante comme les autres, ex-clairière dans une ex-forêt…

ÉCRIT DANS LES BOIS


 (Une sorte de suite au post du 10/11/2013, "NOVOMBRE")
 « Une coupe sombre »
On emploie l'expression pour désigner la suppression d'un nombre important de choses : large coupure dans un texte, forte réduction de crédits ou d'emplois dans un service, une entreprise. Mais c'est contresens. Dans le monde des forestiers, une coupe sombre (dite aussi "coupe d'ensemencement") s'appelle ainsi parce qu'il y subsiste, justement, de l'ombre.
Littré : "Opération qui consiste à enlever, dans un massif, une partie des arbres qui le composent, de manière à permettre à ceux qu'on laisse sur pied d'ensemencer ce sol au moyen des graines qu'ils produisent et qui se disséminent naturellement".
Il s'agit donc de ne couper que quelques arbres, par-ci par-là, ce qui conserve un sous-bois relativement sombre.
A contrario, la "coupe claire" consiste en l'abattage d'un très grand nombre d'arbres, pour que la lumière pénètre bien dans la zone et favorise la pousse des jeunes plants. Une coupe claire crée une clairière.
« Mais, dans le langage populaire, le véritable sens de "sombre" n'a pas été retenu et ce sont les connotations de l'adjectif "sombre" (quelque chose de menaçant, d'inquiétant) qui ont donné un sens complètement opposé à l'expression. Car la menace et l'inquiétude ne planent-t-elles pas lorsqu'un plan social d'envergure, une "coupe sombre" dans les effectifs, se prépare, par exemple ? » (D'après le site expressio)
Quant à la "coupe réglée"… Il s'agit de tracer des carreaux sur la carte, tracés rectilignes que l'arpenteur reportera sur le terrain, qu'on débarrassera de ses arbres, carreau après carreau. Métaphoriquement, mettre un territoire en coupe réglée, c'est l'exploiter de manière systématique, organisée, exhaustive.

Personnellement, je suis plus attiré par les croupes (sombres ou claires, mais rarement réglées, sauf culotte à carreaux.