mardi 11 mai 2010

En plus, Frazetta est mort !


LO N° 373

LES RÉCHAUFFEURS ET LES NÉGATEURS

SUITE 12 - FLUX ET STOCK
Je reviens un petit coup sur l'histoire de la chaleur, avec les lois de la thermodynamique, la loi d'entropie qui veut que tout travail se dégrade en chaleur… laquelle se disperse. Dans un système fermé cela mène au désordre maximal, au chaos (ou entropie : l'Entropie, c'est un peu le pays où on jette tout ce qui est en trop – la grande poubelle).
Mais la Terre n'est pas un système fermé (voué à l'entropie). La Terre reçoit des poussières et météorites de l'espace, ce qu'on peut négliger, mais surtout des rayonnements, surtout solaires. Le soleil apporte sans cesse, chaque jour, un flot d'énergie sur la Terre, énergie que l'on peut dire FLUX, contrairement au pétrole-gaz-charbon, que l'on peut dire STOCK.
La durée de ces stocks est bien évidemment conditionnée par leur quantité fixe et non renouvelable (sauf à coup de millions d'années) et par l'intensité de leur exploitation… Les stocks sont une espèce en voie de disparition, alors que la durée prévue du flux solaire est de l'ordre de cinq milliards d'années, ce qui, à notre échelle, équivaut à l'infini. Donc l'usage de l'énergie solaire devrait s'imposer comme une évidence. On peut d'ailleurs se rappeler que l'énergie solaire, bien avant d'être à base de panneaux photovoltaïques, c'est toute l'énergie du vivant. Nous humains fonctionnons depuis toujours à l'énergie solaire via les animaux et plantes dont nous nous nourrissons et l'oxygène que nous respirons, lequel est aussi fabriqué par les algues et les plantes qui se nourrissent du soleil.
Le muscle, celui du hamster ou celui du cheval comme celui de l'homme, c'est de l'énergie solaire en stock. Stock infini tant qu'il y a du soleil et du vivant.
Et, plus globalement, comme on parle de biodiversité, on pourrait parler d'ergodiversité : préserver la variété des sources d'énergie.
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Selon Freeman Dyson, « le réchauffement du climat pourrait retarder l'arrivée d'un nouvel âge glaciaire. »
En effet. S'il ne faisait pas chaud, il pourrait faire froid.

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CONTRAILS (traînées de condensation) ET NUAGE DE CENDRES
Vu il y a quelques mois un docu mettant en scène un certain Peter Cox, climatologue US, qui s'était aperçu, après le 11 septembre 2001, que la température était brusquement montée. Pourquoi ? Parce que, selon lui, pendant quelques jours, plus aucun avion n'avait volé, ou presque, aux USA. En effet, les traînées de condensation des avions (comme les divers aérosols et nuages de pollution) assombrissent l'atmosphère. C'est pas bien. Ben si, c'est bien, parce que ça amoindrit le réchauffement en nous protégeant du rayonnement solaire. L'effet de serre réchauffe, les aérosols refroidissent.
Du coup, si on arrête les autos, les avions, les centrales thermiques, on réduit la production de gaz à effet de serre, certes, et c'est bien, mais on réduit aussi la pollution par aérosols qui obscurcit l'atmosphère et ainsi nous protège du rayonnement solaire. Autrement dit, si on dépollue l'atmosphère, ça va se réchauffer deux fois plus vite ! Alors vive la pollution ? Ben non, parce que, si au moins on obscurcissait autant qu'on réchauffe, ça resterait stable, mais apparemment, non, on produit du réchauffant plus que du refroidissant. C'est con.
(Un détail : ne pas confondre les contrails avec les chemtrails issues de la théorie du complot, merci.)

Par contre il n'est pas impossible que le printemps froid actuel soit dû aux cendres du volcan islandais que j'ai la flemme d'aller encore chercher son nom pour un copié-collé. Car l'effet des cendres dans le ciel (arrêter les rayons du soleil) est immédiat, alors que l'effet de serre (réchauffant) produit par le CO2 émis par ce même volcan, lui, ne jouera qu'à long terme.
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« Ça me fait chier d'être né sur terre, il pleut tout le temps.
— Pourquoi on est sur Terre, aussi ? Hein, pourquoi ? » (Brève de comptoir)

(En plus, Frazetta est mort !)


jeudi 6 mai 2010

EFFONDREMENT


LO N° 372 (06 05 10)

Grèce, banques, euro, mer, climat, gouvernement…………
L'EFFONDREMENT, oui, mais c'est pas si simple.



Penser contre (la doxa, le gouvernement, les pollueurs, la croissance, le développement durable…) c'est à la portée de tout le monde et on ne s'en prive pas. Mais après ?
Avant, c'était plus facile : il y avait les méchants capitalistes et les gentils exploités, mais aujourd'hui, peut-on encore défendre les ouvriers (chinois ou non) qui fabriquent des porte-clef en plastique ou des avions ou des bagnoles, les agriculteurs industriels qui farcissent les terres de pesticides, les pays du Sud qui exploitent à mort leurs ressources (pétrole, bois, terre, eau…) pour nous fournir en trucs et en machins. Ils font du mal. C'est pas de leur faute ? Non, bien sûr, encore que l'expression "pas de leur faute" soit à mettre entre guillemets. C'est de notre faute à nous ? Pareil, avec des guillemets à "notre", à "nous".
La question, centrale, essentielle, taraudante, c'est celle de la finalité des activités humaines en général. La finalité des activités humaines, en principe, ça devrait être simplement établir et prolonger un monde viable et vivable, non ? Mais le souhaiter c'est souhaiter l'effondrement du système (ce système que j'aime à surnommer STIC : science, technique, industrie, commerce). Tout en sachant que cet effondrement suppose des milliers de travailleurs de tous les domaines à la rue, de la misère, de la maladie, de la mort…
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IL NE S'AGIT PAS DE "LA CRISE"
Si on doit employer le mot "crise", ce sera en un sens beaucoup plus large et profond que l'emploi mécanique, médiatique et politique actuel, terme fourre-tout, paresseux, qui croit dire quelque chose et ne dit rien, sinon que, en creux, il suppose une fin de la crise. Ce qui est illusoire : la crise est l'état permanent de la société et de la biosphère. Et la crise actuellement désignée, crise de surcharge, n'a à peu près aucune chance de s'arrêter. Chaque accalmie prépare l'étape suivante.
L'effondrement, c'est autre chose : la fin brutale, souvent liée à l'atteinte d'un seuil, une "catastrophe" (au sens mathématique), qui se traduit en catastrophe tout court. C'est brutal, rapide, dramatique. Une image simple et parlante : quand on remplit d'eau un verre, l'eau monte régulièrement, niveau après niveau, il ne se passe rien d'autre que du plus, jusqu'au moment où on atteint le bord. Là, alors, ça déborde, ce qu'il se passe n'a plus rien à voir avec la phase de remplissage. Le bord du verre peut être considéré comme seuil, point de rupture, point-catastrophe, niveau d'effondrement.
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FILM CATASTROPHE
Un risque est d'exagérer la situation, de donner dans le film-catastrophe ou le roman de science-fiction type "le monde pendant ou après l'apocalypse". On adore ça, en fait : il s'agit sans doute d'une tentative de conjuration du mal par la fiction. Mais qu'on fasse ce genre de prophétie comme si on l'appelait de nos vœux ou au contraire comme une manière d'essayer de l'éviter, n'y change pas grand chose : la catastrophe aura ou n'aura pas lieu, nos vœux ou nos peurs n'y changeront rien.
N'empêche que pour l'instant, en ce début de troisième millénaire, ça sent pas bon. Le XXIème siècle a démarré avec l'effondrement du WTC, dont les images nous habitent définitivement, tout à la fois effrayantes et réjouissantes : sidérantes, en fait, laissant dans nos cerveaux une zone blanche (blank, dit-on en anglais, pour ce zéro, ce vide, cette absence et ab-sens où la pensée et l'émotion se figent.) Après ça, on a des banquises, des prix du lait, des General Motors, des banques, des Grèces, des tsunami, des séismes, des pétroliers brisés, des séismes encore, des volcans islandais, et jusqu'à cette marée noire en cours dans le golfe du Mexique : du trou creusé par Monsieur BP au fond de la mer, la Terre recrache son jus, sa pourriture intérieure puante et grasse, l'essence du sale : le putrole. (Qui était bien pratique et rémunérateur, quand même, avant !) Effondrement encore de la biodiversité, du climat : là aussi, il peut y avoir un seuil de quantité de gaz à effet de serre, qui, franchi, donnerait une brutale augmentation de température, non pas en cent ans mais en dix. (C'est la dernière thèse de Lovelock, mais j'ai du mal à me fier à ce vieil illuminé, bien que je pratique moi aussi avec plaisir le style Philippulus-le-Prophète…) Ajoutons encore l'effondrement de la déconomie, la phynance, la démocratie, la laïcité, la croyance en dieu(x), l'Europe, les abeilles, les ressources de ceci ou cela… Effondrements accomplis ou en cours, contradictoires, souvent, complémentaire et réciproques. Effet domino, boomerang, tâche d'huile, boule de neige…… Finalement, nous voyons autour de nous tellement de choses qui s'effondrent que nous sommes forcés d'en venir à dire : mais… c'est TOUT qui barre en couille !
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HÉBÉTUDE
Pour le moment (disons pour aujourd'hui début mai 2010), on n'en souffre pas trop… Enfin, moi… Il fait pas très beau, mais bon, ça va, je touche ma retraite, mon frigo est plein, le réservoir de ma voiture aussi, mon ordi est très silencieux et rapide et j'ai plus de deux mille amis sur FaceBook. Mais il y en a plein d'autres qui souffrent, un peu partout et de plus en plus, chaque jour. Jusqu'à quel seuil ? Est-ce que ça va rester indolore ou sustainable longtemps ? Et comment expliquer que ça ne tourne pas déjà tout de suite maintenant à l'effondrement psychique et social : des fous par millions qui se mettent à bouffer leurs voisins en faisant la danse des canards, des émeus et des émeutes, des révolutions, des guerres civiles instantanées, des suicides de masse…?
Schizophrénie : le tabac rapporte plein d'argent à l'État, mais l'État impose l'apposition de « Fumer tue » et d'images d'apocalypse pulmonaire sur les paquets… Les enfants devant la télé sont bombardés du message « Ne mange pas trop sucré, trop salé, et cinq fruits et légumes par jour », entre deux pubs pour des barres chocolatées ou des macburgers… Et maintenant partout, on nous vend des oxymores : développement durable, tourisme vert, biocarburant, et pour finir, au point où en est, pourquoi pas? : "capitalisme vert". Double message, double contrainte… l'incitation permanente à tout et son contraire, ça rend fou.
Alors, pour ne pas éclater (effondrement psychique), on s'anesthésie, il y a tout ce qu'il faut pour ça, même sans analgésiques : c'est diffus, généralisé, même si personne ne complote, si personne ne nous manipule, pas besoin, nous nous anesthésions nous-mêmes, et réciproquement, entre familles, voisins, télé, élections, blogs. Cette insignifiance du monde, ce non-sens, nous le voulons, chacun dans sa bagnole, sous sa burqa, dans son frigo… nous l'entretenons soigneusement.
Et finalement, que faire ? "Sortir en boîte" ? (Encore une expression auto-contradictoire !)
« Alors on danse… »
« Alors on danse…… »
« Alors on danse……… »*
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PAR DESSUS BORD
D'abord, sans doute "se libérer du connu", comme disait mon copain Krishnamurti, et encore plus se libérer de la peur de perdre "le connu", comme dit J.C. Besson-Girard, ce qui est déjà un problème psychologique (individuel ou de masse) énorme. Pratiquement un lavage de cerveau ! Ensuite, ou pendant, reste à créer un projet attractif, désirable… que l'idée de décroissance, ou de croissance zéro, ou d'objection de croissance sorte du négatif, de la critique, de la dénonciation répétée des éco-tartuffes, de la "fascination des ruines", et découvre son inspiration, son aspiration à-, se convertisse en message positif, donne envie : projeter un monde viable et vivable, une vie qui vaille la peine d'être vécue. Pas un "message d'espoir", non, pas un appel au miracle (venu de dieu(x), de la science, ou de la pétition de principe : « Mais ça ne peut pas s'arrêter comme ça !? »)
Quand le verre déborde, il faut d'abord arrêter le robinet, puis vider ou boire au moins une partie de l'eau contenue dans le verre, histoire de ne pas en rester à un seuil constamment au bord de la catastrophe, et après encore, se demander ce qu'on fait de toute cette eau répandue par le débordement : remplira-t-elle encore des piscines hollywoodiennes, ou arrosera-t-elle des jardins ? Noiera-t-elle les Charentais maritimes, les Bangladais ou abreuvera-t-elle les Peuls ? (Moi, pour le moment, un petit bain de pieds ne me ferait pas de mal.)

* Chanson et clip de Stromae.

(Ce texte m'a été inspiré par la lecture de "Malaise dans l'effondrement", de Jean-Claude Besson-Girard, in Entropia, Revue d'étude théorique et politique de la décroissance, N° 7, automne 2009.) www.editions-parangon.com


mardi 4 mai 2010

LA TERRE VUE DU MONDE


LO N° 371 (04/05/10)

« Si un Dieu a fait le monde, je n'aimerais pas être ce Dieu, car la misère du monde me déchirerait le coeur. » (Arthur Schopenhauer)

— En Grèce, en toute logique, on devrait brûler des banques.
— Mais Goldman Sachs est à New York.
— Le véhicule piégé qu'on vient de découvrir à Time Square, il était bourré de moussaka ?
— Mal visé de toute façon : Time Square, c'est pas Wall Street.

("Démineurs", formidable film de Kathryn Bigelow, vu hier soir chez moi.)

— Faudra-t-il vider la mer ? La nappe d'oil qui se répand dans le golfe du Mexique, c'est pas le contenu d'un super tanker. Mieux que le Torrey Canon, l'Exxon Valdez, l'Amoco Cadiz, le Prestige, l'Ericka… c'est tout le puits qui prend la fuite, le gisement sous-marin qui fait sa vidange, jusqu'à épuisement. Trop forts, ces Ricains !
— Un peu comme une éruption volcanique islandaise, quoi.
— Ou une fosse septique qui refoule.
— Mais ils disent que c'est un accident extrêmement rare…
— Ben oui, mais il suffit d'une fois…
— Mais ça va s'arrêter quand ?
— Quand le gisement sera épuisé, sans doute. Mais il va jusqu'au Venezuela… en passant par Haïti.
— Tu crois que c'est pour ça que les US se sont tellement portés au secours d'Haïti, après le tremblement ?
— Sûrement pas, sûrement pas…

« La richesse est pareille à l'eau de mer : plus on en boit, plus on a soif. » (Arthur Schopenhauer)


— En attendant, la nappe va se répandre dans tout le golfe et au delà : Cuba, les Bahamas, les Antilles… et pourquoi pas enrober la Floride comme une capote autour d'un membre flaccide.…
— On verra les fonds de pension bourrés de vieux mazoutés tout englués…
— Sans omettre une bonne tempête tropicale qui soulèverait tout ça et le répandrait sur le continent !
— … Remonter  le long de la côte Est, en Caroline, en Virginie… Et jusqu'à Washington, Philadelphie, New York… Wall Street, Goldman Sachs…
— La vengeance des Grecs, quoi.
— Mais SuperObama est là, il va faire un rempart de son corps…
— Elément TERRE : Haïti, le Chili, la Chine… L'AIR : le volcan Chikungunya Eyjafjallajökull… Maintenant l'EAU : la marée noire du golfe du Mexique… La prochaine fois, le FEU ?
— Les banques au feu, oui !
— A la fin du "Troupeau aveugle" de John Brunner (1972), des habitants de l'Irlande voient de la fumée sur l'océan Atlantique… Le vent souffle de l'ouest…
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L'ÉLYSÉE VU DE LA FRANCE
« Si les autres parties du monde ont des singes, l'Europe a des Français. Cela se compense. » (Arthur Schopenhauer). (Et la France a Nicolas Sarkozy).

— Selon un sondage, 66% des Français considèrent que la politique de Sarkozy est un échec.
— Par ailleurs, on constate que 66% des radars routiers sont installés en zones non dangereuses.
— Faut dire que les radars ne sont pas gérés par la gendarmerie mais par des sociétés privées.
— Ah ouais ?! Mais alors, le bilan de Sarkozy n'est pas un échec : il a déjà réussi à vendre 66% des services publics.
— Ben oui, ça fait partie de la démarche néosarkolibérale : vendre 66% du public au privé puis devenir avocat d'affaire.
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Un nouveau mouvement : la grève des chômeurs ! Intéressant !
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— Quand on voit les éleveurs défiler dans Paris, les détracteurs du lait n'ont qu'à bien se tenir.
— Ils veulent bien les miettes, oui, mais beaucoup de miettes.
— La décroissance est en plein essor.
— Moi, je prendrais bien un décroissant avec mon déca.
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Balladur aurait vendu des sous-marins au Pakistan ? Et pourquoi pas au Tibet ou à la Mongolie ?
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Pour un jeune de banlieue, s'attaquer aux bus de banlieue, c'est manifestement vouloir se couper du monde. Qui ghettoïse qui ?
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Russel Crowe joue Robin des bois…
Comment imaginer un Robin des bois GROS ?!
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LA BURQA EST UN LAPSUS LINGUAE
La question du poil intégral (lapsus de Besson en direct sur F2 lundi 26)
Serons-nous déchoués de la nationalité française pour avoir pratiqué l'adultère ? (Le mari de la dame emburqée au volant).
— Mais qu'on place donc tout ce monde-là en famille d'accouille !… Ou en garde à vit… Ou en centre de prétention… Qu'on dégoûte l'accusation !  Qu'on trouve un autre bouc hémisphère puisque l'accusé brame son innocence. Les polygames se dévoilent. Les parties si viles paraissent au grand jour.
— Accusez le printemps !
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mercredi 28 avril 2010

LA GRIPPE B


LO N° 370 (28/04/10)
Après la grippe A, la grippe B — comme burqa.
Et si, pour changer du réchauffement climatique, on parlait, comme tout le monde, de "la burqa en France" ?
Certains traitent par le mépris cette polémique. « Ça touche 300 ou 3000 femmes, y a plus important, ça sert à voiler les autres problèmes, etc.… » Pourtant c'est important, et pour des tas de raisons que je développerai peut-être plus loin ou plus tard. En fait, depuis des mois, j'ai accumulé des dizaines de pages de réflexions personnelles, témoignages, opinions diverses, lectures… que je ne me vois pas découper sous forme de lettres ouvertes. Ceux et celles que ça intéresse vraiment peuvent me mettre un mot, je leur enverrai un .pdf du truc en bloc, illustré, à lire tranquillement.
Pour l'instant je me contenterai d'une simple prise de position : a priori, j'étais contre la burqa (comme ça pouvait sans doute se deviner à travers quelques illustrations accompagnant quelques LO précédentes) et a posteriori, après toutes ces informations et réflexions… je suis toujours contre.

(Ce premier bout de texte est frais, tapé à la suite du "C dans l'air" d'hier sur France 5, et particulièrement inspiré par les propos de Guy Carcassonne, juriste.)

NE SORTONS PAS LES GRANDS MOTS. VOYONS LES CHOSES AU PLUS SIMPLE :
La burqa, ce n'est pas une question d'identité française. Même pas une question d'identité féminine. Une question d'identité tout court.
La question n'est pas l'islam. La question n'est pas la laïcité. La question n'est même pas l'égalité homme-femme ni la dignité de la femme.
Appuyer une loi de prohibition sur de tels principes serait aberrant et néfaste. Le seul principe sur lequel peut s'appuyer une loi est l'ordre public. Par "ordre public", on n'entend pas "sécurité publique" (qui n'en est qu'un des élément), mais habitus, consensus social, règles de vie, mœurs, éthique sociale minimale, codes sociaux, us et coutumes (et costumes), bon fonctionnement de la société. Dans notre société, on vit à visage découvert. Point barre.
La connaissance ou reconnaissance de l'identité de l'autre par le visage est la base de la convivialité, ou de la convivance*, du partage de l'espace public, de la cohabitation… On ne se montre pas nu en public (sauf exceptions délimitées). Quelles qu'en soient les raisons, ce n'est pas dans nos mœurs. De même, on ne dissimule pas son visage en société. C'est la seule raison d'une loi et elle est suffisante.
La loi ne doit donc pas être une loi contre le voile intégral islamique (burqa, niqab, etc) mais contre toute dissimulation d'identité par dissimulation du visage. (A quelques exceptions près, faciles à lister : forces de l'ordre en mission, carnaval (période et espace délimités), chirurgien en opération et autres circonstances hygiéniques (grippe A, B, C ou Z). Le motard qui porte un casque intégral est tenu de l'enlever quand il descend de sa moto, ne serait-ce que pour faire le plein. Par grand froid, un skieur peut se cagouler entièrement, mais se dégage le visage quand il est dans la file du téléski, etc.)
Après, faut-il une loi ou autre chose ou rien ? Rien, certainement pas : si la raison "interdiction de la dissimulation d'identité" est suffisante, la loi est nécessaire. Jusqu'ici, jusqu'il y a quatre ou cinq ans, cela allait sans dire, pas besoin de loi. Nous aurions sans doute préféré ne pas avoir à le faire, mais à partir du moment où ce consensus millénaire et général est remis en question par une minorité, la République, bon gré mal gré, doit poser et imposer clairement un choix de société. La perpétuation d'un "rien" serait insupportable. Une demi-mesure comme une "recommandation" ou des décrets locaux serait le pire, porte ouverte à toutes les manipulations, à de multiples procès de procédure. A partir du moment où il y a loi, les choses sont claires : c'est la loi ou rien, on est dedans ou dehors.

(La position de Guy Carcassonne est bien précisée dans un article de La Croix, de décembre 2009, disponible ici :
http://www.la-croix.com/Les-deputes-defrichent-la-voie-etroite-d-une-loi-interdisant/article/2405964/55350
Il se conclut à peu près ainsi :
La question de la liberté individuelle se joue non pas du point de vue de la personne qui porte la burqa mais de ses interlocuteurs. Le visage n’est pas une partie du corps comme les autres. Il est ce qui fonde les relations humaines dans la société.)
Et aussi, en vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/xbirbp_burqa-guy-carcassonne-plaide-pour-u_news
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(Le bout de texte suivant date de quelques mois. Il y a des redites, tant pis)

LES SEULES FRONTIÈRES SONT JURIDIQUES
Etre français, c'est quoi ? C'est avoir des papiers français. Point. Tout le reste est opinions, discutailleries, faux-fuyants… Pour arrêter ces verbiages, il faut se limiter à une définition technique, juridique : être français, c'est avoir des papiers français. Point. (Et parler Français, aussi, c'est mieux…)
La question du voile intégral (dit couramment burqa) est la même : pour avoir prise sur la question, pour laisser de côté tous les ingrédients d'une discussion qui n'en finit pas sur la liberté individuelle, la pression familiale ou communautariste, la religion, la peur, etc., etc., il faut affirmer juridiquement : dans notre pays, on se présente les uns aux autres à visage découvert. Point. Jusqu'ici, c'était simplement sous-entendu, inscrit dans les mœurs, l'habitus, sans qu'on ait besoin de l'exprimer tout haut : un choix de société qui allait sans dire.
Pour ma part, il m'est impossible de parler à quelqu'un qui a le visage masqué – quel que soit le masque. Et ce n'est pas parce que Copé et quelques autres UMP disent la même chose que je dois m'abstenir (ni que je dois apprécier ce personnage…) Alors que la casquette à l'envers n'empêche pas la communication… (Et le verlan ? Euh………)
À partir du moment où une communauté, quelles que soient ses raisons et quel que soit son nombre, remet en question ce consensus, il devient nécessaire d'affirmer fortement, donc juridiquement, ce choix de société. La seule question de convivance* et de sécurité publique suffit à justifier cette loi – qui ne doit pas être une loi "sur la burqua" mais une loi sur le masque, sur la dissimulation d'identité sous toutes ses formes.
Gardons les masques pour Carnaval.
Ensuite, techniquement, je ne suis pas juriste, il faut voir ce qu'il en est des lois déjà existantes, de la constitutionnalité, du droit européen… et voir l'applicabilité. Évidemment, tel que ça a d'abord été envisagé, "dans les administrations et les transports", ça serait la merde : c'est abandonner le travail d'application de cette loi aux chauffeurs de bus ou aux employés de mairies, directeurs d'écoles… Le chauffeur de bus : « Non, madame, vous ne pouvez pas monter dans ce bus vêtue ainsi ». La secrétaire de Mairie : « Dévoilez-vous ou sortez ». La postière, pareil. Et dans les magasins, les boutiques ??? Merci pour eux, sympa, le cadeau, surtout quand, comme par hasard, des dames voilées seront accompagnées de trois ou quatre barbus tendance salafiste, vaguement menaçants.
Une loi se limitant aux administrations et transports est une bête demi-mesure.
Quant à une loi plus générale "tout l'espace public", on la dit inapplicable : le flic va-t-il exiger de la femme qu'elle se déshabille sur place ? Ridicule, bien sûr, surtout qu'il ne s'agit que du voilement du visage. Par contre, le flic met la dame dans une voiture de police qui la ramène à domicile et qui la lâche à sa porte avec sa contredanse.
Ça va faire des caillassages et autres incidents ? Sûrement, oui ! Mais de toute façon, que ce soit dans la rue, à l'entrée d'une administration, à la montée dans le bus, des incidents, ça va en faire, comme ça en fait déjà. On n'évitera pas le problème en faisant comme si ça n'existait pas.

(* Le mot convivance n'est pas dans le dico. Convivialité pourrait suffire, mais a pris un sens de festoiement collectif sympathique qui n'est pas ce que je veux dire. Convivance serait donc simplement le fait de vivre ensemble, con-vivre, sur un plan avant tout pragmatique – avec ou sans sympathie.)








lundi 26 avril 2010

SERRE


LO N° 369 (26 04 10)

On en était donc (LO 367) à l'effet de serre en général et l'excès d'effet de serre (provoqué ou non par les activités humaines).


SUITE 11 - UN PEU DE PHYSIQUE AMUSANTE
Dans les descriptions habituelles de l'effet de serre, je me suis toujours demandé pourquoi la chaleur venue de l'espace (rayonnement infrarouge en provenance du soleil) traversait l'atmosphère jusqu'au sol, mais ensuite ne pouvait pas ressortir par le même chemin. L'atmosphère fonctionnerait-elle à sens unique, un peu comme une glace sans tain laissant passer la lumière dans un sens et pas dans l'autre ?

MANICORE
Du coup, je me suis plongé dans le détail du site de Jancovici :
http://www.manicore.com/documentation/serre/physique.html
Je reprends une bonne part de cette page, à ma sauce, moins technique que la sienne.

Une serre de jardin
Une serre, c'est un bâtiment couvert de vitres, qui laisse bien passer la lumière du soleil.  Sous l'effet de celle-ci, il se produit de la chaleur à l'intérieur. Deux effets contribuent à retenir la chaleur prisonnière à l'intérieur de la serre :
• un effet purement mécanique : les vitres empêchent tout simplement l'air chaud de sortir. (À ce point de vue, pas d'analogie avec l'effet de serre atmosphérique.)
• un "effet de serre", qui correspond en fait à une opacité du verre à l'infrarouge : en réponse à l'énergie reçue de l'extérieur, l'intérieur de la serre chauffe et émet des infrarouges. Or ces infrarouges émis par l'intérieur de la serre sont interceptés par le verre, qui est un matériau très opaque pour ce rayonnement particulier, ce qui empêche l'énergie de se dissiper vers l'extérieur et fait monter la température à l'intérieur.
(Mais de nouveau je me pose la question : pourquoi les infrarouges passent-ils de l'extérieur vers l'intérieur et pas le contraire ?) (Suspense)

L'atmosphère et ses gaz à effet de serre
Il existe au sein de notre atmosphère des gaz (les fameux "gaz à effet de serre"), présents en petite quantité, qui jouent le même rôle que les vitres de la serre, du moins en ce qui concerne les infrarouges. Ces gaz n'empêchent pas la lumière du soleil d'arriver jusqu'à nous (ils sont très transparents au rayonnement solaire), mais empêchent le rayonnement infrarouge émis par le sol de repartir vers l'espace.
Les deux gaz à effet de serre les plus importants (mais il y en a d'autres) sont parfaitement naturels et présents de longue date dans notre atmosphère :
• la vapeur d'eau, qui occupe environ 0,3% de l'atmosphère, y est présente depuis qu'il y a de l'eau à la surface de la terre, c'est à dire quatre milliards d'années ;
• le gaz carbonique CO2, qui occupe actuellement 0,037% de l'atmosphère. (Mais cette proportion a beaucoup varié au cours des âges.)
Si le chauffage supplémentaire du sol lié à cet effet de serre n'existait pas, la surface terrestre aurait une température moyenne de –18°C au lieu de +15 °C. L'effet de serre de notre atmosphère est donc un phénomène naturel, et, de notre point de vue de mammifères à sang chaud, bénéfique.
— Un coup de bol pour nous…
— Euh, ben, c'est que… mieux que ça : si l'effet de serre n'existait pas, on serait pas là pour en parler.

L'excès d'effet de serre
Le danger qui est couramment désigné par le terme "effet de serre" correspond à un abus de langage. Il faut lui préférer le terme de "réchauffement climatique", ou mieux encore de "changement climatique". Ce qui est dangereux n'est pas le phénomène lui-même, parfaitement naturel et essentiel à notre existence, mais sa modification rapide. Et modification rapide du fait de, semble-t-il bien, nos activités industrielles.
Lorsque le rayonnement solaire arrive sur notre planète, 30% est directement réfléchi vers l'espace, par les nuages (20%), les diverses couches de l'atmosphère (6%), et la surface de la terre (4%), en particulier les surfaces de glace – les calottes polaires - particulièrement réfléchissantes (on parle de l'albedo). Le reste est absorbé par les divers composants de notre planète (sol, océans, atmosphère), puis finalement réémis vers l'espace sous forme de rayonnement infrarouge. Les gaz à effet de serre, qui avaient laissé passer la lumière sans encombre, ont par contre la propriété d'absorber une partie de ces infrarouges. Ce faisant, ils en récupèrent l'énergie et chauffent. Tout comme la surface de la terre, ils vont dissiper cette énergie en émettant eux aussi des infrarouges, dont une partie retourne vers le sol, le chauffant donc une deuxième fois après que le soleil l'ait fait une première.
Cette interception de chaleur conduit donc ces gaz, puis l'atmosphère basse (la troposphère), puis la surface de la Terre elle-même, à être plus chauds que si le rayonnement infrarouge terrestre remontait à travers l'atmosphère sans être intercepté. Bien sûr, le système finit toujours par s'équilibrer, mais il s'équilibre avec une température de surface supérieure à celle qu'il aurait sans la présence de ces gaz.
Le "réchauffement climatique" peut, en première approximation, être résumé de la manière suivante : quand la concentration de gaz à effet de serre augmente dans l'atmosphère, cela augmente son opacité au rayonnement infrarouge terrestre, ce qui augmente la T° des couches basses de l'atmosphère et le sol lui-même.

Infrarouges proches et infrarouges lointains
Le truc qui me troublait c'est que j'avais tendance à penser que bon, les infrarouges, c'est les infrarouges… tous pareils. Or non : les infrarouges c'est toute une gamme du spectre. De même que les longueurs d'onde de la lumière visible vont de 400 nanomètres (violet) à 750 nm (rouge), celles de l'infrarouge (rayonnement électromagnétique invisible mais chaud) vont de 750 nm à 1 000 000 nm (1 mm). (Sauf erreur de ma part, parce qu'il y a parfois beaucoup trop de virgules et de zéros pour moi, dans les diagrammes et les définitions… Un nanomètre nm, c'est un milliardième de mètre m.) Du coup, on a subdivisé cette gamme infrarouge (très large !) en • infrarouge proche, • infrarouge moyen et • infrarouge lointain.
Et du coup, si j'en crois Janco, les choses s'éclaircissent : les infrarouges reçus du soleil sont des "proches infrarouges", alors que la Terre n'émet que de "l'infrarouge lointain". (Ça fait un peu contradictoire parce que la Terre est proche alors que le soleil est lointain, mais faut s'y faire). Or les infrarouges proches (émis par le soleil) sont moins arrêtés par les gaz à effet de serre que les infrarouges lointains (émis par la Terre). En d'autres termes, la chaleur venue du soleil traverse les gaz à effet de serre alors que celle rayonnée par la Terre reste piégée. Ce n'est donc pas que les gaz à effet de serre fonctionnent comme une glace sans tain, c'est plutôt que les rayons qui remontent du sol ne sont pas les mêmes que ceux qui tombent du ciel.

Mais encore ceci : à chaque gaz son effet spécifique
Tout rayonnement émis par la Terre est partiellement ou totalement absorbé par un des gaz à effet de serre : vapeur d'eau, CO2, protoxyde d'azote N2O, méthane CH4. C'est de loin la vapeur d'eau qui en arrête le plus. Car les gaz à effet de serre ont leurs préférences : disons en gros que chacun arrête des infrarouges de longueurs d'onde différentes. Et du coup les effets des différents gaz se cumulent : en effet si tous les gaz agissaient sur les mêmes plages de fréquence, cela "saturerait" très vite sur ces fréquences, mais, sur les autres fréquences, cela laisserait le rayonnement repartir sans encombre.
Rajouter un gaz à effet de serre dans l'air a un impact d'autant plus important que la proportion du rayonnement déjà absorbé par ce gaz déjà présent est faible.

Voilà pour les informations capturées chez Jancovici.

Par ailleurs, je dirai que la terre, l'eau, l'air même ne réfléchissent pas le tout de la chaleur qui les frappe sous forme de rayons infrarouges (lointains). Ils gardent cette chaleur, ils font masse, volant calorique, surtout les éléments sombres, comme on le sait bien. (La glace blanche reflète lumière et chaleur, la mer sombre les absorbe). Et en plus la Terre elle-même, la planète, produit de la chaleur : celle de son magma interne qui se diffuse à travers sa croûte et atteint la surface. Le volcanisme entre aussi en jeu en diffusant de la chaleur et du CO2. (Cf notre cher Eyjafjallajökull).
On en arrive à une équation où soleil, Terre ET activités humaines produisent ET de la chaleur ET du CO2 (et autres gaz…) lesquels produisent de l'effet de serre… lequel retient cette chaleur… laquelle augmente la diffusion de CO2… lequel augmente l'effet de serre… etc.  (Vous le savez, je suis un grand fan des boucles de rétroaction positive.)
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+ En anglais, mais de lecture facile.
http://www.alternet.org/environment/146084/the_best_argument_against_global_warming_..._oh_right%2C_there_isn%27t_one
(Particulièrement savoureux le courrier reçu par ce scientifique de la part d'un "denier"…)

lundi 19 avril 2010

ZONE NOIRE


LO N° 368 (19/04/10)

FÊTES DE PÂQUES, suite
— Merde, Jésus s'est fait crucifier !
— Encore !
— Çà ! Il l'a bien cherché !

FÊTES DE PÂQUES, suite et fin
JC bandait-il sur sa croix ?
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/vu-sur-le-web/20100416.OBS2558/etats-unis-un-crucifix-juge-pornographique.html

LE FAUCON MALTAIS
L'Eglise dans la tournante… euh, la tourmente !






ZONE NOIRE SUR L'EUROPE
— T'as vu que t'as oublié un tréma sur le O du volcan. C'est Eyjafjallajökull.
— Comme Björk, quoi. Si ça se trouve, c'est elle qu'a chanté trop fort !
— A propos, le coup du nuage, ça fait du repos aux riverains des aéroports et des grosses économies de kérosène.
— Oui mais question émission de gaz à effet de serre et autres polluants, c'est pas terrible : CO2, soufre, chlore, fluor………
— Comme le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 a provoqué un choc en retour dans la pensée et la foi occidentales, comme le tsunami de 2004, comme le séisme récent d'Haïti (et quelques autres déjà hors-médias), la tempête Xynthia (et quelques autres…) — le nuage du Eyjafjallajökull (je ne m'en lasse pas) entraîne une réflexion simple, voire simplette, un cliché philosophique, sur "la nature plus forte que nous" et "la fragilité de notre civilisation". On est bien peu de chose, ma bonne dame ! Mais que dire d'autre ? Un risque naturel combine l'ALÉA et la VULNÉRABILITÉ. On ne peut rien contre l'aléa (phénomène naturel "innocent", dépourvu d'intention), c'est la vulnérabilité humaine qui en fait une CATASTROPHE.
— Et déjà les compagnies aériennes se plaignent que tout cela leur fait perdre beaucoup d'argent et que la prévention, ça commence à bien faire !
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ROBOTS
Il y a de plus en plus de gens sur Terre. Alors comment se fait-il qu'on ait tant de mal à trouver un plombier ? Que quand on appelle EDF ou F.Télécom, on tombe sur un robot qui récite "Tapez 1", etc. ? Que pour obtenir un billet de train, il faille discuter avec un site internet tout pourri ou une borne automatique parce qu'il n'y a plus personne au guichet ? Que l'on manque de garçons de café ou de femmes de ménage, que les postiers sont remplacés par des distributeurs automatiques de timbres ou des balances automatiques, que l'on automatise les lignes de métro, etc., etc., etc.
En fait, on ne veut plus avoir affaire à des êtres humains : c'est trop cher. Une machine, une fois achetée, passage du service d'entretien (extérieur) une fois par an, et c'est bon, alors qu'un employé, faut le payer tous les mois + les charges ; en plus il se syndique, il fait grève…
Le problème, c'est le point de bascule : quand tout le monde sera au chômage et que donc  personne ne pourra se payer des timbres-poste, envoyer des colis, être abonné à l'EDF ou à Fr.Télécom, prendre le train, aller au café, au restaurant ou à l'hôtel. (Quant au plombier, n'en parlons pas : un SDF a-t-il usage d'un plombier ?!)
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— Concentration industrielle…
— Comme les camps du même nom…
— C'est le système qui veut ça…
— Système concentrationnaire, donc.
— Pour l'éradication de l'espèce humaine, l'industrie est plus efficace que la guerre. La guerre, c'est périodique, l'industrie, c'est permanent.
— D'ailleurs, en temps de guerre, le taux de suicides diminue notablement. (Authentique).
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Une blague (canadienne)
Premier jour de classe à Ville St-Laurent.
Le directeur fait l'appel des élèves.
— Mustapha El Ekhzeri ?
— Présent !
— Achmed El Cabul ?
— Présent !
— Kadir Sel Ohlmi ?
— Présent !
— Mohammed Endahrha ?
— Présent !
— Ala In Ben Oit ?
Silence.
— Ala In Ben Oit ?
La classe demeure silencieuse.
— Pour la dernière fois : Ala In Ben Oit ?
Enfin, dans la dernière rangée, un garçon se lève :
— C'est moi, mais ça se prononce Alain Benoit.
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TAUPE
Nous ne sommes pas dans le choc des civilisations, mais dans un délitement de civilisation.
Ou dans un brouillon de légumes. La fracture est sociale, numérique, écologique, panique, pataphysique. Dans la Grèce agressée, dégraissée, l'inflatulence guette et bientôt les branques centrales inondent les marchés de liquidités puantes. Carla, desperate housewife, retourne chez sa mère. On passe les quartiers au Karcher. On mange casher à Cachan, allal à La Villette, et sushis dans la colle. Le gregrenelle de l'environronnement se débine en douceur, M. Hulot le quitte, tandis que les grenouilles s'aplatissent sur les routes et que les nouilles grouillent dans les assiettes plates. Les souris de laboratoire se choppent des maladies nosocomiales, les pesticules bourrées de pesticides. Les chiens eux-mêmes deviennent fous.
J'éteins mes paupières et il fait noir comme dans une taupe.
Avatar que jamais.
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UNSUSTAINABLE
Bourrés de frustration nous sommes. Et même de culpabilité chacun envers soi-même comme envers le monde. Dans ce monde, on est malheureux de ne pas être heureux. Je veux dire : on se sent malheureux de ne pas se sentir heureux. On se sent coupable, même, honteux.
— Hé quoi ? notre abondance ne te satisfait donc pas ? Tu ne profites pas de ce qui t'est offert si généreusement… Tu ne joues pas le rôle que le monde attend de toi, lâche. Tu n'es pas un bon citoyen/consommateur/endetté/assuré. C'est immoral, sais-tu ? Pense aux petits Chinois qui travaillent 18 heures par jour pour te fabriquer des ticheurtes et des basquettes… Si tu n'achètes pas, ils vont mourir de faim.
Telle est le bonheur moderne – insoutenable comme le développement pas du tout durable, pas du tout sustainable. Devant l'hyper-choix proposé constamment, on ne peut que renoncer, se résigner à ne pas choisir, et ainsi connaître l'apathie aplatie du non-choix. Et ainsi se rapprocher du nihilisme.
Ou de la sagesse, peut-être…?
Le nihilisme est le commencement de la sagesse, oui… mais seulement le commencement.
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BLEU
http://observers.france24.com/fr/content/20100304-ras-bol-haibao-mascotte-expo-2010-shanghai
Non ce n'est pas le retour de la pub "Butane Propane sont nos amis", ni une bouteille de Soupline dégénérée, ni une pube pour un dentifrice fluorescent, c'est Haibao, la mascotte de l'exposition universelle de Shanghaï 2010. Ça peut évoquer un schtroumpf par sa couleur et une capote à deux place par ses deux pieds patte d'eff'…
Terrifiant. Mais cohérent avec la politique de l'enfant unique.
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SUSHIS
On se disait que les thons rouges allaient s'emmerder, à ne plus être pêchés, plus de sport, plus de fuite, la vie quotidienne toute bête, à faire blub blub dans l'eau salée…
Et puis tout reprend : les japonais ne peuvent pas s'en passer. Ils les boufferont jusqu'au dernier. Quand y en n'aura plus, ils se feront seppuku. A moins que d'ici là, la décroissance de la population japonaise et sa récession économique sans freins toyota ne fasse baisser les capacités consommatoires de sushis au point de sauver le thon rouge.
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SÉISME EN CHINE
— Aux dernières nouvelles, pas loin de deux mille morts.
— Bah ! Pour la Chine, c'est pas beaucoup !