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jeudi 9 novembre 2017

Société thermodynamique


 — A quoi sert la COP23 ?
 — A préparer la COP24.
Ce ne sont pas les belles éoliennes (industrielles) qui nous sauveront. Ce ne sont pas les panneaux photovoltaïques (industriels) qui nous sauveront. Ce ne sont pas les voitures électriques (industrielles) qui nous sauveront (pas même les hybrides qui transportent leur propre centrale à pétrole pour recharger leurs batteries…)
On peut toujours s'amuser à essayer de colmater en interdisant l'usage des sacs en plastique dans les supermarchés, interdire l'automobile à pétrole, les avions, les voyages en tous sens, le transport des marchandises comme l'incinération des macchabées, dans le vain espoir d'arrêter les émissions de CO2 et l'augmentation déraisonnable de l'effet de serre, et donc la montée inéluctable des eaux. En réalité, si on abandonne toutes illusions angéliques, tous les espoirs fondés sur la bonne volonté générale des gentils colibris agriculteurs bio, on sait que toute régulation écologique devra être imposée par la force. Il vaudrait mieux se préparer à vivre sous la dictature.
Comme nous sommes moralistes et victimaires, nous accusons toujours l'avidité (greed) des autres, les vautours capitalistes… la passivité des autres (les masses indifférentes)… l'égoïsme des autres… Nous-toi-moi voulons seulement jouir sans entraves, « y a pas de mal à ça ». N'accusons pas les vautours du capitalisme industriel, accusons les masses (nous) inconscientes ou indifférentes ou pressées par les besoins immédiats (bouffer) et le désir tout puissant. Nous sommes les vautours de l'apocalypse. Nous boufferons tous les gentils colibris, toutes les abeilles, tous les nettoyeurs bénévoles des rives des rivières, tous les conscients de bonne volonté. Seule l'inéluctable écodictature nous sauvera de nous-mêmes.
Sinon… Comment arrêter la surpêche ? En ne mangeant plus de poisson. Comment arrêter la production de CH4 (méthane) par les pets des bovins ? En ne mangeant plus de viande. Comment arrêter la production de pesticides agricoles, en ne mangeant plus de pain ni de patates. Finalement, en ne mangeant plus rien, donc en mourant – on en revient toujours à ça.
Comment arrêter les émissions de gaz à effet de serre, surement pas par un marché de droits à la pollution, mais en ne prenant plus ni voiture, ni avion, ni train ni scooter, en n'achetant plus que dans le village voisin, et le nucléaire en éteignant la lumière, pas seulement quand on sort de la pièce : tout le temps, la machine à café, la télé, l'Internet (Nooon ! Paaas l'Interneeet !)
— Mais… c'est le célèbre retour à la bougie, ton affaire !
— Non, les bougies sont à base de paraffine elle-même à base de pétrole. Faut tout éteindre. C'est le retour à la caverne ! Et je vous préviens : ça va être tout noir.
— Ta gueule.


mercredi 19 décembre 2012

Des nouvelles de l'eBook boutique




LO N° 486 (18 décembre 2012)
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Il y a bien longtemps que je n'ai pas pondu de LO, certes (presque trois mois). C'est que j'ai été bien occupé par d'autres activités  : les dessins de presse habituels, quelques illus, ma nouvelle BD "Le Jardin Délicieux" et le montage, avec mon fils Romain, de notre boutique en ligne Caza/eBook. Et, depuis sa mise en place en octobre 2012, les scans à faire, la gestion, les angoisses d'imprimeur qui rate le tirage ou qui prend du retard, les nouvelles idées, les envois, le contact avec les lecteurs, la pub sur FaceBook ou ailleurs, etc.
Pour fêter ça, et plus spécialement pour ceux qui font partie du milieu BD ou édition, lecteurs, auteurs, éditeurs, je m'en vais vous narrer, sur deux ou trois épisodes, notre saga de l'autoédition numérique.
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Pour l'instant, quelques liens et images qui vaudront mieux qu'un long discours :
D'abord le site boutique lui-même, où on trouve à peu près toutes les infos nécessaires : des interviews de Caza en vidéo (habillé ou à poil selon les cas) ; les albums disponibles, en eBooks ou en papier, les prix, comment commander, comment payer, comment recevoir, etc. ; des infos, des liens, un espace pour déposer des messages, poser des questions, etc. Bref, tout ce qui fait une boutique en ligne, y compris le joyeux "Ajoutez au panier" qui vous permet de dépenser des sous sans douleur.
Et le dernier gadget : une clé USB originale à tirage limité pour charger tout ce que vous voulez (et avec des bonus : ex-libris, fond d'écran…).
http://www.bdebookcaza.com/









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Ensuite, notre production vedette, celle pour laquelle cette boutique a été conçue, "Le Jardin Délicieux", ma nouvelle BD, 64 pages pour réfléchir en s'amusant, ou vice versa (surtout vice, en fait…) sur la Genèse, chap. 2 : Yahvé, Adam et Eve, leur naissance, leur vie, leurs mœurs, dans quelles positions, l'arbre, le serpent, etc.
En eBook à télécharger ou en papier (A4, 64 pages, broché, tout en couleurs, impression numérique) à recevoir par la poste.
(Ci-joint couverture, page titre et 4ème de couv)



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Et puis deux aperçus (l'un au début de ce post) du petit recueil de dessins de presse "La Fin du monde ne passera pas", une sélection tendance écolo parmi ma production de ces dernières années.
En eBook à télécharger ou en papier, 50 pages, 21x21, broché, tout en couleurs et impression numérique.


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(à suivre)












vendredi 29 octobre 2010

ARBRES


LO N° 418 (29/10/10)
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 22 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387, 397, 398, 399, 402, 406)
Vu que l'Académie des sciences vient de publier, à l'usage de madame Pécresse, un rapport qui, en gros, confirme les thèses du GIEC, et que même Claude Allègre s'est vu forcé de signer, je me dis qu'il serait temps de reprendre ma saga des négateurs et des anti-négateurs.
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CANICULES ET SÉCHERESSES
Si l'année 2003 est apparue comme exceptionnelle avec ses 15 000 vieux séchés sur place, l'année 2010 se présente pas mal non plus. La météo d'été réjouit les vacanciers, mais moins les paysans. C'est la dictature urbaine : le citadin (parisien, sinon rien) en vacances ou en week-end veut du soleil pour entretenir son cancer cutané (ce n'est pas une grossièreté). Le paysan, lui, ce plouc attardé, veut du foin pour ses vaches (Ha-ha!) ou voir pousser son blé (Ha-ha-ha!). Qu'on lui donne de la brioche.
Et donc, avec le réchauffement climatique, les étés cumulonimbustes et caniculaire (et cunilinguistes ?) risquent de devenir la norme annuelle.

# COMMENT LA VÉGÉTATION, DE PUITS DE CARBONE, PEUT SE TRANSFORMER EN SOURCE.
Canicules et sécheresses menacent de "booster" l'effet de serre. (Extraits)
… D'après les modélisateurs simulant, sur leurs supercalculateurs, les interactions entre climat, végétation et CO2, il apparaît qu'à l'échelle de l'Europe la production végétale a chuté de 30 % en 2003 par rapport à 2002, dans les peuplements forestiers comme sur les surfaces cultivées. Une baisse sans précédent au cours du siècle écoulé. Conséquence de cette anémie, une réduction considérable de la quantité de carbone stockée dans la biomasse.
Face aux fortes chaleurs et, surtout, au stress hydrique, les plantes adoptent en effet un mécanisme de défense qui leur permet de limiter leur évapotranspiration et d'éviter de dépérir. Elles ferment les stomates de leurs feuilles, ces minuscules pores par lesquels s'effectuent les échanges gazeux avec leur environnement. Résultat : une photosynthèse ralentie, donc une quantité de CO2 absorbée moindre. Et même, dans le cas présent, largement inférieure à celle émise par la respiration des végétaux. (J'ajoute que chez moi, sur le micocoulier, un arbre typique des régions méditerranéennes, ça se voit à l'œil nu : aux heures les plus chaudes, l'arbre replie à moitié ses feuilles sur elles-mêmes "pour" offrir moins de surface à l'évaporation. Conséquence pour moi : l'ombre en dessous est beaucoup moins fraîche que je le souhaiterais… C'est con.)
En 2003, "l'année de la canicule", les écosystèmes européens ont relâché dans l'air quelque 500 millions de tonnes de CO2. Soit l'équivalent de quatre années de séquestration du même gaz par la végétation.
Ces conclusions inattendues vont sans doute obliger les climatologues à revoir leurs modèles. Ceux-ci prédisaient plutôt que le réchauffement climatique aurait pour effet, en Europe et aux latitudes tempérées, d'allonger la saison de végétation active et de stimuler la flore. Les forestiers en avaient observé des signes avant-coureurs : au cours du dernier demi-siècle, le volume de bois sur pied des forêts européennes a augmenté de plus de 40 %.
L'article de Nature met en fait en évidence l'impact sur les écosystèmes, non pas d'un réchauffement global, mais d'une canicule et d'une sécheresse exceptionnelles. Il n'en sonne pas moins comme un avertissement, dans la mesure où l'une des répercussions attendues du changement climatique global est, précisément, la multiplication d'épisodes extrêmes. (Canicules et sécheresses).
« Si, comme les climatologues le prévoient, le réchauffement planétaire se traduit notamment par une augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses, on peut alors penser que la végétation sera moins efficace qu'elle ne l'est aujourd'hui pour limiter l'effet de serre », commente André Granier.
A l'échelle de la planète, les experts estiment que le manteau végétal permet aujourd'hui de capturer entre 10 % et 20 % des émissions humaines de CO2. Ce bouclier vert risque donc de se transformer en menace. De "puits" (capteur) de carbone, « les écosystèmes des régions tempérées pourraient se muer en sources de carbone ».
Cette nouvelle étude s'ajoute aux récents travaux de chercheurs britanniques qui, dans Nature également, décrivaient comment, sous l'effet du réchauffement, les sols libèrent du carbone par millions de tonnes (Le Monde du 09.09.05).
(Pierre Le Hir. Le Monde, 25.09.05)
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DÉFORESTATION
Une forêt mature est un réservoir ("puits") important de carbone. La disparition de surfaces toujours plus grandes de forêt au profit de cultures ou de pâturages a pour effet de réduire l'absorption de CO2 atmosphérique. En effet, à surface égale, la biomasse d'un pré est beaucoup moindre que celle d'une forêt. Replanter, c'est bien, mais la pousse de jeunes arbres ne peut pas absorber autant de carbone qu'en génère la dégradation des arbres morts).
Donc défricher pour semer des céréales ou de l'herbe à vache, donc pour nourrir les gens, c'est pas bon.
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Et quand c'est défricher pour nourrir les bagnoles, c'est pire.
LES AGROCARBURANTS

# Conjuguée aux problèmes de réchauffement, cette ruée vers l’or vert peut-elle entraîner une multiplication des crises alimentaires ?
— Les urgences alimentaires ont augmenté depuis le milieu des années 1980. De quinze opérations par an, on est passé à trente opérations annuelles depuis l’an 2000. Le changement climatique va accentuer cette tendance. Il va affecter en particulier les plus démunis, les petits agriculteurs et les pasteurs nomades qui dépendent directement d’une agriculture pluviale. En Afrique, 55 à 65 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir de faim vers 2080, à cause d’une élévation de température d’environ 2,5 °C. La bioénergie vient se rajouter à ce problème déjà très complexe : elle pose la question de l’utilisation des ressources naturelles. La disponibilité, l’accès, l’offre et l’utilisation des aliments pourront être affectés par l’expansion des bioénergies. # (Jacques Diouf, directeur de la FAO, interrogé par Christian Losson dans LIBÉ, lundi 23 juillet 2007)
Réchauffement climatique et faim dans le monde, même combat. Les deux problèmes se mordent la queue l'un l'autre !

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LES ZARBS
Durant l'été 2009, un peu par hasard et par l'intermédiaire de La Gazette de Montpellier, j'ai pu être au courant d'échanges entre Gérard Duvallet (Professeur Emérite Université Paul-Valéry Montpellier3, je passe ses autres titres scientifiques, orientés écologie) et Christian Dupraz,
Directeur de Recherche INRA (spécialiste d'agroforesterie)
et porte-parole des Verts de Montpellier.
Gérard Duvallet dénonçait un tract des Verts (pour qui il avait voté aux européennes) : « Dites NON au massacre des platanes de l'avenue de Lodève », dont il considérait les arguments comme fallacieux. (Cet abattage est lié à la construction d'une troisième ligne de tram à Montpellier). Il précisait : « Les platanes de l’avenue de Lodève ont atteint leur pleine croissance depuis longtemps et il est dommage que vous n’indiquiez pas leur bilan carbone (excédent d’émission de CO²) et leur état de santé. Alors abattre ces arbres pour les faire entrer dans la filière biomasse et replanter des arbres jeunes – puits de carbone –,  pour le développement d’un transport urbain collectif moins polluant que les centaines de véhicules qui passent là chaque jour… c’est de l’écologie responsable. »
Christian Dupraz lui répondait : «
… Les platanes de l'avenue de Lodève, comme tous les arbres fortement et régulièrement élagués du monde, ne sont pas en équilibre du point de vue du bilan de carbone. Ils ont au contraire une forte croissance après chaque élagage, permise par une système racinaire puissant. Ils sont fortement fixateurs nets de carbone. A l'inverse, de jeunes arbres (comme les 11 malheureux arbres promis pour remplacer les 35 géants) auront, au cours des prochaines décennies, un bilan de carbone extrêmement faible.
L'enracinement profond des arbres permet de stocker beaucoup de carbone dans le sol, surtout pour les platanes, qui plongent leurs racines dans la nappe souterraine, et qui ont des racines très profondes, à durée de vie assez courte à cause des variations du niveau de la nappe. Ces arbres injectent donc du carbone dans le sol profond, et c'est tout bénéfice pour le climat.

Par ailleurs le bilan de carbone d'arbres centenaires abattus aussi sauvagement, sans aucune utilisation noble du bois, est totalement catastrophique : les 100 tonnes de carbone contenues dans les 35 arbres abattus vont retourner très rapidement dans l'atmosphère, quelle que soit la filière d'utilisation de leur biomasse. »
Et Gérard Duvallet de lui répondre alors : « Merci pour votre réponse et les précisions apportées. Je reconnais mon incompétence sur le sujet et je retire mon message initial. Bien cordialement. »
Remettons donc les bilans carbone à l'heure !
J'ajoute que Monsieur Duvallet, dans notre échange de mails, a précisé à mon intention : « Pour être complet, concernant le bilan carbone : pour une forêt méditerranéenne, non soumise à l’élagage annuel, le bilan annuel est négatif : la forêt est émettrice de CO², d’où l’intérêt de replanter des arbres jeunes. Ce n’est pas le cas pour les arbres urbains, soumis à l’élagage, comme l’explique M. Dupraz. »
Quel bonheur de voir un scientifique reconnaître son erreur, ou son incompétence sur un sujet pourtant proche de sa spécialité. Ça s'appelle de l'honnêteté intellectuelle et c'est plutôt rare, en tout cas chez les scienti-médiatiques.


dimanche 24 octobre 2010

Une petite fable


LO N°416. 24/10/10
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ZOB

— Il s'appelle Zob et il vit à poil sur un tas de fumier…
— C'est pas plutôt Job ? Dans la bible, je veux dire…
— Non, dans mon histoire, c'est Zob, avec un Z, parce que c'est la dernière lettre de l'alphabet. Et le type, c'est le dernier homme sur Terre.
— Et le tas de fumier, pourquoi ?
— En fait, c'est plutôt un tas de décombres : déchets, restes, toxiques, cendres, cadavres, débris, ordures, détritus, gravats, scories, poussières, saletés, poubelles, dépotoir, excréments, crottes. Caca.
— Ça a l'air chouette. Tu racontes ?
— Ben, un jour, l'ONU a fait une grande réunion internationale de chefs d'États dans sa grande salle de réunion à New York, face à un grand écran planisphère. Un laboratoire de CalTech avait enfin réussi à modéliser la Terre dans un programme informatique hyper-sophistiqué. Enfin, on allait pouvoir discuter avec elle en temps réel, en direct et en clair.
On a mis la bécane en marche, l'écran s'est illuminé, et la Terre (elle s'était fait un look tout en rondeurs mamelues et vallons velus) y est allé direct :
« Bon, ça suffit les conneries. Grève d'oxygène pendant six mois. Effet immédiat. »
Et elle a disparu de l'écran, tandis que les chefs d'États dans la salle s'effondraient sans plus attendre. Et la même chose partout sur Terre : les quelques sept milliards d'humains moururent en quelques minutes.
— Et les animaux ?!
— Les animaux aussi. La plupart. Ne survécurent que ceux qui peuvent se passer d'oxygène pendant six mois, les scorpions, certains batraciens et insectes qui peuvent se mettre en diapause, les poissons qui pompent directement l'oxygène dans l'eau grâce à leurs branchies. Mais tout ce qui respire avec deux poumons creva. La fin du monde, faut pas rêver : c'est dur pour tout le monde.
— Pas cool. Mais chez les hommes, y a bien eu des survivants ? Y a toujours des survivants, dans les histoires de fin du monde…
— Oui, des plongeurs sous-marins qui avaient des bonbonnes en réserve. Des pompiers, aussi… Des militaires… Et puis dans les hôpitaux, des malades sous respirateur qui ont compris ce qui se passait en voyant leurs infirmières collapser, et qui ont su trouver la réserve d'oxygène en bouteilles… Paradoxalement, ce sont les malades en insuffisance respiratoire qui s'en sont tirés d'abord… Tant qu'ils ont eu des bouteilles d'oxygène sous la main… Mais quand il n'y a oplus personne pour te livrer à domicile…
— Ça fait beaucoup de conditions, pour survivre…
— Ouais… Et du coup ça fait pas beaucoup de survivants : il fallait avoir des réserves pour six mois.
— Et les plantes, la végétation ?
— La végétation, ça respire du CO2, du dioxyde de carbone (et le CO2, c'est pas ça qui manquait) et ça recrache de l'oxygène O2, oui… mais même si tu t'installes le nez dans le potager, t'en auras pas assez pour tenir le coup. Les plantes ont bel et bien mis six mois pour reconstituer une atmosphère respirable, comme l'avait prévu Pandora.
— Pandora ?
— Oui, la Terre avait décidé qu'elle se nommait Pandora, référence mythique et cinématographique.
— Et ce… Zob… alors ?
— Oh, lui, c'était un brave type, un black de la Nouvelle Orléans, gardien dans une réserve de fournitures pour hôpitaux, pompiers, etc. Il en avait vu d'autres. Il avait déjà vu passer Bush père et fils, Katrina et la marée noire BP… Il aimait se shooter à l'oxygène dans son coin, derrière un tas de caisses. En plein shoot, il a vu les autres employés du dépôt s'effondrer, haleter et clamser… Il est allé aux écrans de vidéosurveillance sans lâcher sa bonbonne, il a vu la catastrophe qui s'étalait partout… avant que les écrans s'éteignent… parce qu'il y a eu très vite des pannes de courant, évidemment, faute de maintenance.
Il a compris, il est resté scotché à sa bonbonne et il s'est installé dans la réserve, avec de l'eau et de la bouffe. Il est très vite devenu expert dans l'avalage de contenu de boîtes de conserves sans respirer. Il a survécu comme ça pendant les six mois.
De temps en temps, il testait l'air, toussait-crachait… et reprenait une bonbonne… jusqu'au jour où il a senti qu'il pouvait à nouveau respirer normalement. Et c'est comme ça qu'il s'est retrouvé dernier homme sur Terre : Zob, à poil sur le tas de décombres de la civilisation humaine.
— C'est tout ?
— Ben oui. Il était déjà vieux. Un jour, il est mort.

CAZA, août-septembre 2010, sur une idée de Vincent Kra.


vendredi 20 août 2010

SALADE, SAUCE CO2


LO N° 406 (20/09/10)
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 21 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387, 397, 398, 399, 402)
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VÉGÉTATION ET CO2
François Gervais ("Physicien sceptique"), qui me disait que le CO2, loin d'être un poison, est le nutriment indispensable d’une végétation qui en redemande, disait aussi que la prolifération de CO2 « a amélioré le rendement des récoltes de 15% » (Depuis quand ? Il ne me l'a pas dit). Je cite encore (LO 361) : Les expériences de culture en serres saturées en CO2 montrent une nette augmentation des rendements : en doublant le taux de CO2, on augmenterait le rendement du riz de 44 %, le blé de 47, etc.  (Et même le café de 270 % ! Chic alors !)
A la suite de quoi, Bruno Bellamy, sur mon blog :
« Et si on construisait des dômes gigantesques pour multiplier localement l'effet de serre ? On pomperait tout le CO2 de l'atmosphère pour le réinjecter dans ces bulles-jardins, dans lesquelles la production agricole serait décuplée.
On y fabriquerait assez à manger pour tout le monde (tous les végétariens, en tout cas, eh-eh !), et hors des bulles, le climat redeviendrait tempéré, les calottes glacières se reconstitueraient, etc.
Comme ça ferait beaucoup de travail il n'y aurait plus de chômage, et comme ça mettrait un terme à la faim dans le monde il n'y aurait plus de guerre. Les soldats seraient troubadours, et, heu... enfin bon, c'était juste une idée comme ça. » (18 avril 2010)
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Mais est-il si vrai que ça que l'augmentation du CO2 dans l'air soit si favorable aux arbres, petites fleurs, patates et céréales, sauvages ou cultivées ? Le CO2, ça fait partie de leurs nutriments, OK, mais on peut se dire aussi, d'abord, que la végétation n'a pas attendu l'homme pour se goinfrer de CO2 : elle n'a pas spécialement besoin de ce supplément de CO2 apporté par l'industrie humaine, elle se débrouille très bien sans, pour assurer sa photosynthèse.
Et puis il y a des études… (Aaah, les "études"… Chacun sort la sienne… Alors je vais pas me gêner… Y a pas de raison…)
Tandis qu'une étude nous explique que le réchauffement climatique, ça va nous rendre malades et nous cuire façon court-bouillon, une autre nous explique que les arbres poussent plus vite grâce au réchauffement climatique, puisqu'ils se nourrissent de CO2. Les arbres et toutes les plantes à chlorophylle, donc les légumes, les fruits……… la bouffe de base, quoi. L'avenir serait donc un monde chaud où on vivrait à poil au milieu d'une végétation abondante et d'arbres gigantesques. Quelque chose comme le jardin d'Eden, même sans les dômes de l'ami Bruno. (Nous, on aimerait bien, on est végétariens – surtout lui.)
MAIS il est à craindre que l'argument soit fallacieux. (Vous y croyez, vous ?)
(Et les plantes, d'abord, elles éprouvent du plaisir, au moins, en se reproduisant ?)

Il va falloir encore faire un peu de science (bio). D'abord il faut quand même voir que la croissance (végétale) a des limites. La vitesse de croissance aussi. La lumière du soleil et le CO2, c'est pas le tout : il faut aussi de l'eau de qualité, en abondance, et ça………? Et d'autres nutriments issus de la terre, sels minéraux, phosphate, azote – naturels… ou artificiels. Et ça aussi………?
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Jean-Paul Besset, dans "Comment ne plus être progressiste… sans devenir réactionnaire" (Fayard, 2005), p 62, note : « Cette croissance accélérée des plantes vivrières par l'apport de gaz carbonique (CO2) provoque une diminution de la teneur en protéines et en vitamines. » En ce cas, où est l'intérêt (nutritif) ?
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Autre chose, c'est encore frais (Le Monde, 15 mai 2010) :
# Du CO2, mais pas trop
Plus l'air ambiant contient de dioxyde de carbone (CO2), plus la végétation terrestre est censée prospérer et, en définitive, fixer du carbone atmosphérique sous forme organique. Selon des travaux américains, ce constat de bon sens est simplement erroné. Les chercheurs ont procédé à des contrôles de croissance sur le blé et Arabidopsis (de petites plantes ressemblant au chou et à la moutarde très utilisées pour étudier la biologie végétale) dans une atmosphère enrichie en CO2 jusqu'à 720 ppm (parties par million), contre les 380 ppm aujourd'hui présentes dans la basse atmosphère terrestre. A leur surprise, la croissance de ces plantes en a été légèrement inférieure, en raison d'une dégradation de leur capacité à fixer l'azote présent dans le sol.
Les auteurs concluent à une dépendance croissante de l'agriculture aux fertilisants azotés à mesure que les concentrations atmosphériques en CO2 augmenteront. (Bloom et al., "Science" du 14 mai) #
C'est con.
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J'ai aussi retrouvé ça dans mes archives :
Patricia Reaney, Libération, lundi 05 septembre 2005 :
# Le réchauffement climatique menace de propager la famine
Environ 500 millions de personnes souffrent déjà de la faim dans le monde, mais le problème risque de s'aggraver avec l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre.
« Nous pensons que les changements climatiques vont aggraver les problèmes actuels des millions de personnes menacées par la faim, probablement à hauteur de 50 millions », a déclaré le professeur Martin Parry, du Bureau britannique de météorologie. « La grande majorité, environ les trois quarts de ce chiffre, se trouveront en Afrique. »
Pour éviter un tel risque, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20 fois plus que ce qui est prévu par le protocole de Kyoto. Lequel prévoit, d'ici 2008-2012, une réduction de 5,2% des gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990.
Par ailleurs, le professeur américain Steve Long, de l'Université d'Illinois, a révélé des expériences dans le domaine agricole qui viennent renforcer ces thèses. Il a d'abord souligné que certes l'élévation du niveau de CO2 stimulerait la croissance des plantes. Mais lors de ses expériences de terrain, l'équipe de Long a découvert que cette stimulation n'équivalait qu'à la moitié de leurs prévisions et ne concernait pas le maïs. De plus, une augmentation du niveau d'ozone dans l'hémisphère nord, autre conséquence attendue du réchauffement, pourrait finalement entraîner une diminution des rendements.
« Nous avons mené, dans l'Illinois, les premières expériences de cette situation en plein air. Nous avons découvert avec nos semis de sojas qu'en cas d'élévation aux niveaux attendus en 2050, les rendements baissent d'environ 15%. », a expliqué Long. « Cela annule donc toute stimulation due au dioxyde de carbone.  #
http://www.liberation.fr/page.php?Article=321483
— Ouais… Peut-être, oui, que la Terre peut nourrir douze milliards d'habitants, mais pas en même temps !
L'idée d'une population nourrie grâce à la surabondance de dioxyde de carbone, c'est soit un rêve naïf… soit une manœuvre pour dire : ne changeons rien à nos habitudes surconsommatoires – business as usual.
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"Le Monde vert… enfin" (2002).
Couverture pour Bifrost 29, Spécial Andrevon. (Janvier 2003)

dimanche 8 août 2010

LE CO2, BOUC ÉMISSAIRE DES ÉMISSIONS


LO N°402 (08/08/10)
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 20 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387, 397, 398, 399.)
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BOUC ÉMISSAIRE et VÉGÉTATION
Mon contradicteur François Gervais ("Physicien sceptique", déjà présenté dans les LO N°361 et 383 ) me disait :
— Quel intérêt à faire du CO2 le bouc émissaire de toutes les pollutions alors qu’au contraire d’être un poison, c’est le nutriment indispensable d’une végétation qui en redemande ?
Là dessus, c'est l'occasion de faire le point et de répondre sur deux aspects : le bouc émissaire, le terme pollution et la végétation.
Le reproche de bouc émissaire est justifié. Le bouc émissaire biblique a la fonction de prendre sur lui (de recevoir, plutôt : il n'a rien demandé) les tensions d'une société à un moment de son histoire, de "payer pour les autres", qu'il soit coupable ou non. Sacrifice défoulatoire. En effet (LO 359), j'ai d'abord considéré le CO2 comme "résumé", ou "prétexte", et plus tard comme "symbole", et ce dans une optique  de "com" = information / propagande. (N'ayons pas peur du mot : il s'agit de propager des infos et, au delà, des idées. Ce qui ne veut pas dire que tous les moyens sont bons…) Cela dit, le CO2 n'est ni un bouc ni un jésus…
J'ai eu d'autres réactions concernant le terme prétexte, analysé comme "mensonge", donc manipulation, propagande au pire sens… (Je reviendrai plus tard sur la question information / communication / propagande…)
Ça m'a en tout cas poussé à chercher sur quoi focaliser la communication, au delà de ce malheureux et encombrant CO2.
1) Donc creuser d'avantage les questions scientifiques (à mon niveau), et du coup mettre en valeur les autres GES, méthane, vapeur d'eau, halocarbures, protoxyde d'azote…  (LO 369, 376, 380). Et accessoirement détromper ceux qui confondent réchauffement climatique et trou dans la couche d'ozone. (LO 383)
2) Insister sur le terme Equivalent-CO2 ou Equivalent-carbone, Eq.C ou PRG (potentiel de réchauffement global). (Ce système de mesure incluant tous les GES est trop souvent lu simplifié en CO2 tout court, d'où l'argument des négateurs : vous êtes obnubilé par le CO2 d'origine humaine, et ce CO2 d'origine humaine, sur le total de ce qui entre en jeu, c'est peanuts.)  (LO 376)
3) Travailler la question du savoir, de la certitude, du doute, la conviction, la croyance, le scepticisme, l'empirisme, la critique, l'argument d'autorité, le déni, la responsabilité (je n'en ai pas fini avec…), donc, disons, en gros, la philosophie des sciences. (LO 387, 397)
4) J'ai insisté aussi sur les (nécessaires ?) simplifications et quasi-certitudes utilisées par le GIEC dans les résumés de ses rapports destinés aux hommes politiques ignares et pressés et au grand public de même. Simplifications nécessaires ou non ? Comme toute vulgarisation scientifique ? C'est la problématique (non scientifique) de la communication / propagande. La question du dérèglement climatique est une question à la fois scientifique et politique (géopolitique), et les deux domaines ont beaucoup de mal à s'entendre, ce n'est pas nouveau. Mission impossible ? (Les scientifiques, très honnêtement et dans leur pureté, se sentent souvent trahis par cette vulgarisation. L'ennui, c'est que cet idéal de pureté confine, en l'occurrence, à l'irresponsabilité : la question du dérèglement climatique n'est pas un simple sujet d'étude et de publication dans les revues spécialisées, c'est une question de survie de l'espèce, rien que ça ! Mais ça, c'est pire que de la politique droite/gauche, c'est de l'idéologie cosmique…)
5) J'en suis venu à focaliser l'accusation, au delà des GES, sur le PÉTROLE et, encore plus généralement, sur l'ÉNERGIE sous toutes ses formes (surtout les "non-renouvelables") et la chaleur qu'elle produit. Le CO2 et les autres GES ne sont que des symptômes d'une maladie plus profonde : notre surexploitation énergétique. (LO 367) (Derrière encore, il y a notre surproduction / surconsommation de tout un tas de choses, du nutella au voyage aux Philippines… Derrière encore notre surpopulation…)
Tout ça alors que le but de la manœuvre, pour moi, dans cette série, n'était pas d'expliquer globalement le dérèglement climatique mais de mettre en valeur l'idée que :
1) Réchauffement climatique il y a.
2) S'il n'est pas du tout d'origine anthropique (nous), on n'y peut rien.
3) S'il n'est ne serait-ce qu'un chouïa d'origine anthropique, agissons sur ce point, le seul à notre portée.
4) Et par la même occasion, ça nous amènera à calmer la surexploitation des ressources en énergie et matières premières et les diverses pollutions qui s'ensuivent.
Je reste sur cette thèse.
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Maintenant, la question de CO2 ET VÉGÉTATION
En commençant par LE CO2 et LE TERME "POLLUTION"


J'ai plus d'une fois, comme tout le monde, ou comme les médias, parlé de pollution à propos du CO2 et autres gaz à effet de serre. Et je continuerai sans doute, à l'occasion, par facilité. Mais je reconnais que c'est un abus de langage. Le CO2 n'est pas un polluant, ni un "rejet toxique", au même titre qu'un produit chimique ou radioactif, un pesticide, un solvant… (En Bretagne, les algues vertes  qui dégagent de l'anhydride sulfureux (ou hydrogène sulfuré) H2S, ça c'est une pollution, au sens strict (comme quoi, le vert, c'est pas forcément bon…). Les lisiers de porc qui s'infiltrent dans les nappes phréatiques sont aussi des pollutions. Les déchets radioactifs qui traînent un peu partout, c'est une pollution. Une marée noire…)
Le CO2, de base, est naturel et normal. Les plantes en bouffent et rejettent de l'oxygène O2 que les animaux respirent (en rejetant du CO2, donc échange gagnant-gagnant). On a tous appris ça à l'école. Il ne s'agit donc pas de "pollution" qui supposerait, pour s'en protéger, l'usage de masques à gaz. (Même si, question image, le masque est intéressant : il fout la trouille. Il sera donc utilisé, à tort, dans des dessins militants = propagande basée sur la peur, donc sur l'émotionnel.)
Le CO2 n'est pas "sale" et n'empoisonne que par sa concentration. Question de quantité, donc, et de quantité relative, c'est-à-dire sa proportion dans la composition de l'air. LE problème, en fait, dont on cause, ce n'est pas que ce gaz nous empoisonnerait (il en faudrait beaucoup plus), c'est qu'il génère (avec ses petits copains GES) de l'effet de serre qui nous réchauffe (trop).
De même, toujours dans le domaine de la précision du langage (c'est un peu mon dada), une énergie "verte" n'est pas "plus propre" ou "moins polluante". Elle émet de toute façon du CO2, qui génère de l'effet de serre. (Voir LO 345, sur le biogaz).
Ça force à réfléchir plus loin.
Si la dangerosité des émissions de CO2 nous semble contestable, on doit se dire que tous les moteurs, tout ce qui dépense de l'énergie, émettent bien d'autres saloperies beaucoup moins contestables : de la chaleur, des particules microscopiques en suspension, des cendres, des poisons, soufre, acides, and so on. Si le CO2 n'est pas "polluant", n'est pas "sale" ou toxique, respirez dans les rues d'une ville, au pied d'une usine ou au cul d'un avion, ou encore derrière un bateau ou un tracteur traitant des arbres fruitiers, vous aurez droit, outre le CO2 (dioxyde de carbone), au monoxyde de carbone (méthode de suicide avérée), au plomb, à la dioxyne, au dioxyde de soufre SO2, aux oxydes d'azote (NO et NO2), à l'ozone (O3)…
— Le métro est le seul endroit où l'air que l'on respire a déjà été pété trois fois. (Tartalacrem)
Et quand des manifestants brûlent des pneus, même si leurs revendications sont justifiées, huez-les ! D'après la couleur et l'odeur de la fumée qui en sort, c'est pas du CO2, mais c'est une sacrée saloperie pour les poumons ! (Pour mémoire : composition chimique d'un pneu : Carbone 70% ;
Fer 16% ;
Hydrogène 7% ;
Oxygène 4% ;
Oxyde de zinc 1% ; Soufre 1% ;
Azote 0.5% ;
Acide stéarique 0.3% ;
Halogènes 0.1% ;
Liaisons cuprifères 200 mg/kg ;
Cadmium 10 mg/kg ;
Chrome 90 mg/kg ;
Nickel 80 mg/kg ;
Plomb 50 mg/kg. Ça vous dit, de respirer ça ?) C'est d'ailleurs interdit par la loi, de brûler des pneus. Mais quand ce sera pour cette raison-là et aucune autre que les CRS chargeront les manifestants, c'est que le monde aura changé : on sera dans ce que certains appellent totalitarisme écologique, mais qui sera peut-être simplement "question de survie".
Tout ça, c'était pour dire une fois de plus que quand on lutte contre les émissions de CO2 (et autres GES), on s'attaque par la bande à tout un tas de saloperies peut-être beaucoup plus graves ou plus immédiatement graves. (D'où l'idée du CO2 "prétexte" ou "symbole"…)
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à suivre

dimanche 18 avril 2010

CLIMATONÉGATEURS (SUITE)


— Les climatologues du GIEC sont attaqués de toutes parts.
— Par les ours blancs, les manchots, les Inuits ?
— Non par les climatosceptiques.
— Des mammouths ! Les sceptiques finiront dans les fosses de l'histoire !

LO N°367 (18/04/10)
LES GRANDS RÉCHAUFFEURS

SUITE 9 - FOCUS
Comme dit précédemment (LO 361), oui, il y a toujours d'autres causes, naturelles et humaines, toutes liées, à toutes les questions écologiques, réchauffement, désertification, famines… c'est ce qui fait que c'est toujours complexe, que le doute subsiste toujours, et c'est pourquoi il faut faire ses choix en fonction d'une convergence de faits avérés et, sinon de certitudes, du moins d'hypothèses vraisemblables, et se concentrer sur ce point de convergence. Pour moi, c'est celui que je qualifie de prétexte, le CO2. (Mais certains y voient un mensonge, et un mensonge, même si c'est "pour la bonne cause", c'est pas bien, ni moralement, ni techniquement. Ou disent qu'on fait du CO2 un bouc émissaire, le pauvre ! On en reparlera, mais plus tard. Là, il faut que je continue sur ma lancée).
Mais on pourrait se focaliser plutôt sur "le pétrole", ce serait presque pareil, sauf qu'on oublierait le charbon, le gaz… et même la combustion du bois, ce n'est pas neutre…
On pourrait se focaliser sur "l'énergie en général" et ce serait peut-être mieux, parce que ça inclurait le nucléaire et bien d'autres sources d'énergie qui n'entraînent pas directement de production de gaz à effet de serre, mais collatéralement.
Peut-être, oui, que je vais revoir ma copie en ce sens : L'ÉNERGIE. (L'une des questions étant, quand on veut faire passer une idée complexe et dérangeante, qu'est-ce qui va faire image ou être le plus parlant ? Le CO2, en fait, c'est aussi difficile à représenter que "l'énergie", concrètement ou métaphoriquement… (J'ai déjà soulevé cette question avec la manif autour des "350 ppm". D'autres, depuis, ont lancé une campagne 10:10, dont le thème, très concret est : chacun de nous s'engage à baisser de 10% sa production de gaz à effet de serre au cours de l'année 2010. Disons plutôt, pour être clair : s'engage à baisser sa consommation d'énergie de 10% au cours de l'année ; ça, c'est lisible et maîtrisable par tout un chacun : nombre de pleins ou de kms effectués en voiture ou en avion ou en train, T° de la maison, facture d'électricité ou de gaz, poids de la poubelle chaque semaine, etc. Et les années suivantes, pourquoi pas?, on accroîtra l'effort : 11:11, 12:12, etc.…)
Tout est lié, oui, c'est ce qui fait que, réfléchissant en direct et croyant à la base produire un texte d'une page, bien concis, bien ramassé, puis répliquer en quelques lignes à des arguments opposés, ou rebondir en quelques lignes sur des arguments enrichissants, je me retrouve à la tête d'un gros paquet proliférant. Je voudrais bien ne pas parler de tout à la fois, mais comme toujours, je choppe un fil et tout le pull se détricote. (Mais l'écologie, c'est ça, c'est prendre en compte un réseau d'interactions hyper-complexe, ce n'est pas protéger les petites fleurs les petits oiseaux !)
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SUITE 10 - LA CHALEUR
Par exemple, une autre façon d'en parler pourrait être de se concentrer sur la chaleur. La production de chaleur. Tout ce qui produit de la chaleur.
JE REPRENDS mon thème de base avec une formulation un peu différente, mais pour dire la même chose, au fond.
Il est scientifiquement admis qu'il y a une corrélation entre les températures et la quantité de CO2 dans l'air. Mais corrélation n'est pas raison : on ne sait pas avec certitude si le CO2 est une cause ou un effet du réchauffement. Les températures ayant augmenté (constat partagé par une très large majorité de scientifiques et les montagnards mesureurs de glaciers), le GIEC dit que c'est à cause du CO2 que la planète se réchauffe. Mais si ça se trouve, c'est le contraire : c'est parce que la Terre se réchauffe qu'il y a augmentation de la quantité de CO2 dans l'air. Admettons. C'est l'argumentation principale des climato-sceptiques. Partant de là, ils affirment que la part (minime) de CO2 produite par l'homme ne fait que s'ajouter à la part (maxime) de CO2 produite par le réchauffement climatique (lequel serait dû aux cycles solaires)… Cette part de CO2 produite par l'homme, étant donc minime, n'aurait donc en elle-même aucune importance… Et donc il n'y a pas de cause humaine au réchauffement puisque le réchauffement n'est pas dû au CO2. CQFD. (Il y aurait du syllogisme là-dessous que ça ne m'étonnerait pas… ou au moins l'oubli des phénomènes de boucles de rétroaction positive : la chaleur produit du CO2… qui produit de l'effet de serre… donc de la chaleur… qui produit du CO2… etc.)
Mais à côté de cette production, importante ou non, de CO2, il ne faudrait pas oublier que l'activité humaine, en consommant de l'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la chaleur. (Chauffages, moteurs, et tout mouvement et tout frottement). Le lien entre réchauffement climatique et activité humaine pourrait être plutôt vu via l'équation d'Einstein E=MC2 qui traduit la conversion de la masse de pétrole, charbon, gaz (et uranium) consommés en énergie – et donc, via les lois de la thermodynamique, en chaleur. (La matière M génère de l'énergie E, mais celle-ci ne se retransforme jamais en M, par contre elle se dégrade systématiquement en chaleur, qui ensuite se disperse dans l'environnement, ce qui ne veut pas dire qu'elle disparaît)… Tous nos moteurs, destinés essentiellement à produire du mouvement, du travail, sont loin d'un rendement parfait et produisent donc aussi de la chaleur. Un frigo ou une clim' eux-mêmes produisent du froid d'un côté, certes, mais de la chaleur de l'autre. Le transport de l'électricité, via la résistance des câbles, produit de la chaleur. Une ampoule électrique produit de la chaleur, et si, dans les ampoules basse consommation, la lampe reste froide, il n'en est pas de même pour le transfo qui l'alimente. Etc.
Mettons-nous bien ça dans la tête : toute production-consommation d'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la chaleur.
Partant de cette idée (peut-être naïve) le réchauffement climatique ne viendrait donc pas forcément (ou pas seulement) des émissions de CO2 et de l'effet de serre y afférant, mais directement de la production de calories via la consommation d'énergie. Ainsi, dans les centrales nucléaires elles-mêmes, 30% seulement de l'énergie est convertie en électricité, 70% part en chaleur dans l'eau et l'air. Les centrales nucléaires sont donc, du fait de ce très mauvais rendement, une importante source de chaleur, alors même qu'elles ne dégagent pas de CO2...
Le concept nucléaire = énergie "propre" perd toute valeur.


(Ajoutons en passant – rien à voir avec le CO2 ni avec une pollution chimique ou radioactive – que l’oxygène se dissout moins bien dans l’eau chaude que dans la froide. Or, les centrales thermiques et nucléaires utilisent l'eau des lacs et des rivières comme liquide de refroidissement et restituent donc à ces lacs et les rivières une eau réchauffée. On peut parler de pollution thermique. Quand il y a ainsi augmentation permanente de la température d'un cours d'eau, il s'ensuit une diminution de la quantité d'oxygène dissous dans le cours d'eau, ce qui a des effets néfastes sur la vie aquatique.)

Vu comme ça, l'idée toute bête est que pour lutter contre la chaleur, il faut arrêter d'en produire. La solution au réchauffement climatique passerait essentiellement par la réduction de la production de chaleur, donc de la production-consommation d'énergie, que celle-ci soit directement productrice de CO2 ou non.
 Partant de là, le nucléaire est une énergie "polluante" au même titre que le pétrole.
A contrario, l'hydraulique ou l'éolien ne produisent de chaleur que modérément, par les frottements, comme tout mouvement mécanique (pompe à vélo) et même tout mouvement animal. Quant aux carburants végétaux, certes ils s'inscrivent dans un cycle écologique puisque le CO2 qu'ils libèrent en brûlant avait été capté par les plantes utilisées et sera de nouveau capté par la récolte de l'année suivante, mais cela n'empêche pas qu'ils produisent, en brûlant dans les moteurs, de la chaleur. De même le bois dans la cheminée. Finalement n'importe quel élément que l'on brûle ou que l'on agite produit de la chaleur. L'atmosphère de la Terre se réchauffe parce que nous la chauffons, tout simplement, comme l'air dans la maison quand on a allumé le poêle, l'effet de serre jouant le rôle d'un toit bien isolé.
Ceci n'est-il pas un peu empirique ou carrément naïf et suffit-il à expliquer le réchauffement climatique ?… Je n'en sais rien, je ne suis pas physicien-chimiste ! Disons que c'est une image ou une métaphore qui permet de focaliser. Mais il serait bien invraisemblable que ça n'y contribue pas, surtout s'il y a par ailleurs un effet de serre qui empêche cette chaleur d'origine humaine de se disperser dans l'espace. Finalement, il y aurait synergie d'un effet sur l'autre : les activités humaines produisent de la chaleur ET du CO2, et celui-ci (+ tout le CO2 naturel), par effet de serre, retient celle-là.
N'oublions pas d'inclure le soleil et la Terre elle-même dans le processus.
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Quelques considérations sémantiques sur les termes de chaleur, froid, température.
Dire "produit de la chaleur", ou "empêche la chaleur de s'évader", c'est du langage courant, avec quelque chose de trompeur : ça laisse supposer que "la chaleur" est une chose, ou des particules (les calories ?), quelque chose comme ça. Le langage courant, c'est suffisant pour la vie de tous les jours ou pour le baratin d'un représentant qui veut vous vendre une pompe à chaleur, mais si on veut aller plus loin… On devrait dire quelque chose comme "les activités humaines chauffent (ou réchauffent) l'atmosphère – ou : font monter la T° de l'atmosphère."
Qu'est-ce que "la chaleur" ? Non pas "quelque chose" mais un état de la matière. (La dénomination d'un état de la matière.) Dans cet état, une matière est agitée au niveau moléculaire (mouvement brownien). Plus agitée, en tout cas que dans l'état de "froid" (= quand la T° est plus basse). Ces états (chaleur ou froid) sont relatifs : ils n'existent pas en soi, mais seulement en tant que différence. Différence perçue (subjectivement) par moi, ma peau ou (plus objectivement) par un instrument (codé selon une échelle conventionnelle acceptée dans notre culture).
Ma tasse est pleine de café chaud. La paroi "transmet la chaleur" du café de l'intérieur vers l'extérieur. Au sens strict, rien ne passe à travers la paroi. Ce que je perçois en touchant la paroi, c'est une différence : la différence entre la T° de l'air (et de ma peau) et la T° du café. On pourrait dire "la chaleur du café se répand dans l'air de la cuisine à travers la tasse", mais, plus justement, que "la T° de l'ensemble café+cuisine tend à s'équilibrer" (homéostase) : le café a refroidi, certes, mais l'air de la cuisine a chauffé. On peut dire que, en un certain temps, l'air de la cuisine a "absorbé la chaleur du café". Façon de parler, encore : on pourrait dire aussi bien (mieux, même) que le café a chauffé l'air de la cuisine. Mais de façon si infinitésimale que je ne le percevrai pas : quand la T° de la pièce et la T° du café se seront équilibrées, je dirai seulement "le café a refroidi", mais en fait la T° globale de la pièce aura bel et bien augmenté.
Mais, suite des évènements, comme la cuisine n'est pas hermétique, cette chaleur supplémentaire sortira, avec l'air ambiant quand j'ouvrirai la porte ou à travers les murs sous forme de rayonnement infrarouge (s'il fait plus froid dehors que dedans). Autrement dit, la chaleur du café, via la tasse, l'air de la cuisine et les murs, aura réchauffé l'atmosphère extérieure. Ce n'est pas grave, sauf si on est des milliards sur Terre à faire du café en même temps. Ce n'est pas grave non plus si l'effet de serre est modéré : cette chaleur supplémentaire se dispersera dans l'espace, en partie avec les molécules d'air chaud montant et se refroidissant au contact du vide spatial, en partie par rayonnement infrarouge.
MAIS s'il y a excès d'effet de serre ? C'est tout le problème.

Partant de là, on va se retrouver obligé de faire un peu de science physique.
(A suivre)