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mercredi 19 décembre 2012

Des nouvelles de l'eBook boutique




LO N° 486 (18 décembre 2012)
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Il y a bien longtemps que je n'ai pas pondu de LO, certes (presque trois mois). C'est que j'ai été bien occupé par d'autres activités  : les dessins de presse habituels, quelques illus, ma nouvelle BD "Le Jardin Délicieux" et le montage, avec mon fils Romain, de notre boutique en ligne Caza/eBook. Et, depuis sa mise en place en octobre 2012, les scans à faire, la gestion, les angoisses d'imprimeur qui rate le tirage ou qui prend du retard, les nouvelles idées, les envois, le contact avec les lecteurs, la pub sur FaceBook ou ailleurs, etc.
Pour fêter ça, et plus spécialement pour ceux qui font partie du milieu BD ou édition, lecteurs, auteurs, éditeurs, je m'en vais vous narrer, sur deux ou trois épisodes, notre saga de l'autoédition numérique.
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Pour l'instant, quelques liens et images qui vaudront mieux qu'un long discours :
D'abord le site boutique lui-même, où on trouve à peu près toutes les infos nécessaires : des interviews de Caza en vidéo (habillé ou à poil selon les cas) ; les albums disponibles, en eBooks ou en papier, les prix, comment commander, comment payer, comment recevoir, etc. ; des infos, des liens, un espace pour déposer des messages, poser des questions, etc. Bref, tout ce qui fait une boutique en ligne, y compris le joyeux "Ajoutez au panier" qui vous permet de dépenser des sous sans douleur.
Et le dernier gadget : une clé USB originale à tirage limité pour charger tout ce que vous voulez (et avec des bonus : ex-libris, fond d'écran…).
http://www.bdebookcaza.com/









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Ensuite, notre production vedette, celle pour laquelle cette boutique a été conçue, "Le Jardin Délicieux", ma nouvelle BD, 64 pages pour réfléchir en s'amusant, ou vice versa (surtout vice, en fait…) sur la Genèse, chap. 2 : Yahvé, Adam et Eve, leur naissance, leur vie, leurs mœurs, dans quelles positions, l'arbre, le serpent, etc.
En eBook à télécharger ou en papier (A4, 64 pages, broché, tout en couleurs, impression numérique) à recevoir par la poste.
(Ci-joint couverture, page titre et 4ème de couv)



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Et puis deux aperçus (l'un au début de ce post) du petit recueil de dessins de presse "La Fin du monde ne passera pas", une sélection tendance écolo parmi ma production de ces dernières années.
En eBook à télécharger ou en papier, 50 pages, 21x21, broché, tout en couleurs et impression numérique.


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(à suivre)












jeudi 29 juillet 2010

CANICULE, ETC


LO N°399 (29/07/10)
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 19 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387, 397, 398.)
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CANICULE

C'est pas parce qu'il y a la canicule qu'il n'y a plus de réchauffement climatique… (ou de dérèglement climatique).
« La moitié du nuage d'ozone qui sévit dans la région parisienne est d'importation anglaise et allemande. » (Roselyne Bachelot).
Bachelot va essayer de nous fourguer un vaccin anti-canicule ou des masques anti-ozone, (les stocks inemployés de la grippe A), ne vous laissez pas faire !
Je disais plus haut que l'hiver froid avait contribué à décrédibiliser la thèse du réchauffement climatique. La canicule a l'effet opposé, bien sûr… Actuellement, après que diverses enquêtes aient réhabilité les conclusions du Giec et que Claude Allègre ait été renvoyé dans les cordes (mais on n'en a pas fini avec le mammouth, comme dit précédemment), on voit revenir les preuves du réchauffement climatique, toutes pimpantes, sur le devant de la scène. Il fait chaud, alors évidemment, ça pousse dans ce sens, même si la météo sur quelques mois n'a pas grande signification au plan global et sur le long terme du climat. N'empêche que les signes + s'accumulent.
# Les températures de l'air sur l'Europe occidentale sont étroitement liées à celle de l'océan Atlantique. Or, explique Christophe Cassou, chercheur (CNRS) au Centre européen de recherche et de formation avancées en calcul scientifique (Cerfacs), « les "anomalies chaudes" observées sur l'ensemble de l'Atlantique tropical sont les plus fortes jamais observées »… « Nous avons eu un hiver particulièrement atypique en terme de circulation atmosphérique. La quasi-absence de l'anticyclone des Açores a entraîné un affaiblissement des vents d'est, les alizés. Du coup, ceux-ci ont moins soufflé sur l'Atlantique, qui a donc pu stocker plus de chaleur. » Partant, une quantité inhabituelle d'énergie s'est accumulée sur les cinquante premiers mètres de l'Atlantique tropical. Cette situation n'a pas seulement un impact sur les températures de l'air en Europe : elle favorise aussi la naissance des cyclones qui, formés au large de l'Afrique de l'Ouest, viennent heurter l'Amérique centrale. # (Le Monde, 6 juillet 2010).
J'ai passé sur les détails les plus techniques, mais il me semble qu'en effet, du côté du Mexique………
• Pour l'Australie, on peut voir aussi :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3007
(En résumé : plus chaud et plus sec que jamais.)
• Et pour l'état du pôle l'hiver dernier :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2951
(En résumé : l’Arctique était plus chaud que la moyenne, tandis que des régions dans les latitudes moyennes étaient plus froides que la normale.)
• Je n'ajoute rien sur l'état de la Russie en ce mois de juillet 2010.
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RETOUR FIN 2009
Le prochain rapport complet du GIEC est prévu pour 2012. En attendant le "rapport d'étape" de fin 2009 (publié pendant le G20 de Pittsburgh) disait carrément  : « La rapidité et l'ampleur des changements climatiques semblent en voie de dépasser les prévisions les plus alarmantes du dernier rapport » et s'inquiétait du franchissement en cours de quelques seuils d'irréversibilité pour de grands écosystèmes  : la fonte des glaciers de montagne (fourniture en eau potable, irrigation, électricité de 25% de l'humanité), et la sécheresse un peu partout (avec ses conséquences nutritives et incendiaires). Le rapport s'attardait aussi sur le fait que la production de GES est loin d'avoir baissé depuis qu'on s'en alerte… sur les problèmes de circulation thermohaline des océans (cépafo, mais là, va falloir que je me documente)… sur la fonte du pergélisol et les émissions de méthane l'accompagnant… sur l'acidification des océans et ses conséquences sur les coraux et les cheptels aquatiques, qu'on dit aussi ressources halieutiques : les poissons, coquillages et crustacés, quoi.
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QUESTIONS EN SUSPENS.
(Celles que se pose encore le citoyen moyennement informé, et qui sont aussi les arguments répétés des sceptiques.)
1) Le réchauffement climatique s'est calmé en 98, non ?
— Actuellement, dix ou vingt ans de refroidissement sont envisagés. Mais ce ne serait que l'occultation temporaire des multiples effets du changement climatique.
2) Dans les années 70, des scientifiques annonçaient une glaciation, non ?
— En réalité, dans cette période, plus de quarante études parlaient de réchauffement alors que sept seulement de refroidissement (à la clef : couvertures spectaculaires de magazines "scientifiques").
3) Le Groenland n'était-il pas verdoyant vers l'an 1000 ?
— En réalité, ce nom de Groenland = terre verte) était de la propagande d'Erik le Rouge pour pousser à la colonisation de ce pays, qui n'a jamais eu que 2 ou 3000 habitants. On parle d'une période chaude (l'optimum médiéval), mais l'archéologie botanique montre que les conditions n'y ont pas beaucoup changé.
4) Les climatologues ne sont-ils pas trop pessimistes ?
— Depuis dix ans qu'on fait des études et qu'on établit des scénarios (du plus optimiste au plus pessimiste), on en est à constater des résultats au delà du scénario le plus pessimiste (scénario dit A1FI – on dirait un nom de grippe !). De plus, jusqu'en 2007, le Giec n'avait pas tenu compte des effondrements d'inlandsis (glaciers terrestres, par opposition aux banquises = glace flottant sur la mer). Depuis, on se rend compte que 500 milliards de tonnes de glace se déversent dans la mer chaque année (Groenland et Antarctique). Total : les hypothèses d'élévation des océans sont trop optimistes.
5) Le réchauffement climatique n'est-il pas dû aux variations de l'activité solaire ?
— Pour les années récentes (XX° siècle), toutes les études sur ce point se sont révélées biaisée et ont été réfutées.
6) N'est ce pas l'élévation de T° qui fait monter le CO2 ?
— D'après l'observation des siècles et millénaires passés, à base de carotte glaciaires, etc., on constate que l'augmentation du CO2 commence quelques siècles après le commencement du réchauffement observé. C'est le gros argument des sceptiques : ce n'est pas le CO2 qui provoque le réchauffement climatique, c'est le réchauffement climatique qui augmente la teneur de l'atmosphère en CO2.
Mais il semble qu'on soit dans un problème du type "l'œuf ou la poule". Les grandes et lentes oscillations de T° dans le dernier million d'années sont liées à des variations cycliques d'orbite de la Terre et d'inclinaison sur son plan de rotation. Dans les périodes où la Terre est plus proche du soleil, l'augmentation de T° entraîne la fonte des glaces des calottes, ce qui entraîne des modifications des courants marins, ce qui entraîne une augmentation des émissions de CO2.  (L'océan est la principale pompe à CO2, et 90% de cette pompe est biologique.) Un océan plus chaud absorbe moins de CO2. On a sans doute là la principale boucle de rétroaction augmentatrice : cette diminution de l'absorption par l'océan revient à une augmentation de CO2 dans l'atmosphère… ce qui crée de l'effet de serre… donc du réchauffement climatique… donc un surplus d'émissions de CO2… etc.
De même, le réchauffement climatique, quelles que soient ses causes, s'accompagne de sécheresse, ce qui entraîne une disparition de forêts… et les forêts disparues n'absorbent pas de CO2.
Au total, le réchauffement climatique provoque du réchauffement climatique.
Quant au supplément de CO2 amené par l'homme ? Sur l'état actuel de l'atmosphère, l'analyse des isotopes du carbone excédentaire montre qu'il s'agit de carbone principalement issu des ressources fossiles. Par ailleurs, dans les années 90, on a décelé une (très légère) baisse de l'O2 dans l'atmosphère, ce qui confirme un processus de combustion.
 (D'après Stéphane Foucart. Le Monde 07/12/09.)
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« Il reste de nombreuses questions ouvertes. Comme l'existence de "points de basculement" du système climatique. Par exemple, nous ne savons pas où se situe le seuil au-delà duquel la calotte glaciaire du Groenland serait condamnée à disparaître. Il reste aussi des questions sur la réponse globale de la végétation terrestre : nous pensons que, soumise au réchauffement, elle produira plus de gaz à effet de serre, ce qui contribuera à aggraver le réchauffement – mais nous ne savons pas la quantifier précisément. Un autre débat tient à la prédictibilité du climat à échelle de dix à vingt ans. C'est un domaine très jeune qui fera l'objet d'un chapitre entier dans le prochain rapport du GIEC. » (Thomas Stoker, coprésident du GIEC. Propos recueillis par Stéphane Foucart. Le Monde 23/11/09)


… Mais on reparlera bientôt de la question "CO2 et végétation".

samedi 24 juillet 2010

MAMMOUTH


LO N°398 (24/07/10)
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 18 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387, 397.)
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DU "CLIMATEGATE" À "ECOLOGIE D'AVENIR"
« Dans un contexte de récession, le discours d'Allègre, qui ressasse l'idée que l'homme ne peut pas avoir une influence significative sur le climat […] libère les gens de l'idée qu'il va falloir faire des efforts supplémentaires. » disait Jean-Marc Jancovici à Weronika Zarachowicz dans Télérama 3147 (mai 2010), ce que prolonge la journaliste par : « Contribuant à cet étonnant retournement qui a transformé, le temps d'un hiver froid, les climatologues les plus respectés en défenseurs crispés d'une vérité officielle, tandis que les climato-septiques se muaient en libre penseurs et héros de l'anti-scientifiquement correct. »
 Je reconnais qu'Allègre a fait (relativement) amende honorable dans un article du Monde en date du 22/05/10, reconnaissant quelques erreurs de son dernier bouquin, insistant sur le fait qu'il ne nie pas le réchauffement climatique, mais travaillant évidemment à promouvoir les solutions technologiques les plus coûteuses et incertaines, voire suspectes, comme la séquestration du CO2 ou les OGM (!). Sans compter l'incohérence qu'il y a à dire : l'homme n'est pas responsable du réchauffement climatique par ses émissions de CO2, mais il faut absolument séquestrer le CO2…
Extrait :
# Nous ne contestons en rien l'idée que le climat change. Comment pourrait-on le faire alors que c'est le régime habituel de la Terre depuis 4 milliards d'années ? Nous ne nions nullement que les teneurs en CO2 de l'atmosphère augmentent et que les activités humaines en sont responsables. Nous ne croyons pas non plus que les émissions anthropiques excessives de CO2 soient souhaitables. Elles ont de multiples inconvénients, notamment d'acidifier l'océan, et signifient qu'on gaspille les combustibles fossiles. #
(Evidemment, là-dessus, je ne peux qu'être d'accord, puisque c'est même ma thèse de départ : réduire les émissions de CO2, c'est économiser l'énergie et toutes les autres pollutions qui vont avec).
Autre extrait :
# Ne faut-il pas changer totalement de stratégie ? Promouvoir une stratégie fondée sur l'innovation : capturer et séquestrer le CO2, économiser l'énergie, promouvoir la voiture électrique, le nucléaire de quatrième génération, les organismes génétiquement modifiés (OGM) économes en eau, etc. Bref, faire des problèmes écologiques des leviers de la croissance économique et non des obstacles. #
Partant de là, Claude Allègre lance son propre mouvement, la fondation "Ecologie d'Avenir". On en rêvait, il l'a fait ! Et sans verser dans le complotisme, on peut y voir autre chose (et bien pire) que cette sorte de bêtise manipulatrice qu'on a tendance à lui attribuer. Ici je me réfère à Fabrice Nicolino, dans Charlie hebdo N°944 de ce 21 juillet 2010.
Il nous parle d'un certain Fred Singer qui sert de référence répétée à Claude Allègre comme à son confrère en négation Vincent Courtillot. Selon eux il s'agit d'un scientifique ayant participé au GIEC et en ce sens "prix Nobel de la Paix". (Je rappelle que le Prix Nobel de la Paix a été décerné en 2007 conjointement à Al Gore et au GIEC, dans son ensemble, et tant qu'organisme). Les deux assertions sont fausses : Singer n'est qu'un lobbyiste, et des plus forcenés : il dirige le « Science and Environnement Policy Project » (SEPP), responsable de campagnes de désinformations financées par les cigarettiers américains pour retarder l’adoption de lois anti-tabac, de la négation de la dangerosité de l’amiante, des pesticides, ou de la réalité du trou de la couche d’ozone. Le SEPP a été aussi partie prenante dans l’élaboration d’un plan d’action contre le Protocole de Kyoto, plan organisé et financé par l’industrie pétrolière.
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2928
En 1992, suite au sommet de la Terre de Rio qui commence à dénoncer le rôle de l'industrie dans le dérèglement climatique et autres dégradations environnementales, il est l'inspirateur et sans doute le rédacteur d'un "appel d'Heidelberg" publié dans The Wall Street Journal, violente attaque contre l'écologisme, jugé irrationnel, obscurantiste, appel qui sera signé par nombre de scientifiques (dont Allègre).
En 2009, le "climategate" : des courriels entre membres du GIEC sont piratés. (Plus précisément 1 073 courriels au sein du Climatic Research Unit (CRU) de l'université d'East Anglia). Personne ne sait qui sont les sympathiques hackers qui s'empressent de les rendre publics. Mais le mal est fait. « Des morceaux choisis de cette correspondance entre climatologues avaient alimenté – et alimentent toujours – l'idée que les sciences du climat sont fondées sur des manipulations et des dissimulations de données, ainsi que sur une conspiration destinée à réduire toute "dissidence" scientifique. » Le GIEC apparaît décrédibilisé, avec les conséquences que l'on sait sur les négociations de Copenhague et sur les excellentes ventes du nouveau bouquin de Claude Allègre, "L'imposture climatique".
En juillet 2010… (Rappel de la LO 390)… nouvelle fraîche à propos du réchauffement climatique et ses négateurs : on se souvient du climategate de l'an dernier à base de courriels piratés, scandale qui avait nourri les arguments des négateurs, qui allaient jusqu'à qualifier de mensonges certaines conclusions du GIEC, et qui avait fortement influé, en mal, sur les négociations de Copenhague. Depuis, il y a eu des enquêtes approfondies sur les dites conclusions et les dits prétendus mensonges. Pour finir, ces enquêtes scientifiques indépendantes ne formulent que des critiques à la marge, mais, surtout, confirment les conclusions du GIEC et infirment l'idée qu'il y ait eu manipulation volontaire mensongère. Selon le rapport Russell, « la rigueur et l'honnêteté scientifiques des climatologues du CRU ne sont pas en doute ». Le rapport les exonère aussi de toute tentative d'entraver les travaux de contradicteurs. En bref, sauf erreurs de détails, le travail des experts du climat est lavé de tout soupçon. (D'après article de Stéphane Foucart dans Le Monde du 9 juillet 2010).
Et voici donc que l'Allègre prépare pour cet automne 2010 sa fondation "Ecologie d'avenir". Dans le document préparatoire, on lit de purs et simples copiés-collés de l'appel de Heidelberg cité plus haut. « Nous pensons que seuls les progrès de la connaissance et les innovations techniques… etc. Nous refusons la décroissance économique, les peurs irrationnelles et les croyances aveugles… » Du pur Fred Singer.
Parmi les participants déjà prévus à "Ecologie d'avenir", de grands écologistes d'avenir, à n'en pas douter : Limagrain (vive les OGM), Alstom (barrage des Trois-Gorges en Chine = catastrophe écologique majeure), GDF Suez (complexe de barrages en Amazonie brésilienne… entre autres…)
Let's wait and see…
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jeudi 22 juillet 2010

IRRÉFUTABILITÉ vs IRRESPONSABILITÉ


LO N°397
LE  DÉRÉGLEMENT CLIMATIQUE ET SES NÉGATEURS
SUITE 17 (Suite des LO 359, 360, 361, 367, 369, 373, 376, 380, 383, 387.)
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Rappel de la LO 387
… Mais évidemment, partant de cet éloge du doute, de l'incertitude, du scepticisme, les négateurs ou climato-sceptiques ont beau jeu.
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LA MACHINE À NIER
On emploie parfois le terme négationniste pour désigner les négateurs du réchauffement climatique… C'est un abus de langage, bien sûr, bien que les deux attitudes aient des points communs. Le négationnisme, le vrai, celui de qui nie la réalité des camps d'extermination nazis, consiste à nier un fait historique avéré. Partant, cela trouble profondément notre rapport à la réalité, à la vérité. Le piège, c'est que cela arrive à faire considérer une vérité historique comme une croyance ou une opinion, voire un mensonge (complot). On aurait le choix de croire ou ne pas croire à l'évènement, alors que l'évènement en question se place tout à fait en dehors de la problématique croire ou ne pas croire. C'est évidemment extrêmement dangereux et bien typique de notre époque de grand n'importe quoi.
Mais il s'agit là d'un fait avéré, historique, situé dans notre passé récent, donc bardé de toutes les preuves nécessaires. Il en est autrement de la problématique réchauffement climatique ou pas ? Et, si oui, provoqué par l'homme ou pas ? Là, on est à cheval sur - du passé lointain, avec des faits plus ou moins avérés, - du présent large, avec des faits avérés (mesures de T°, surface des glaciers et banquises…), - du futur à court, moyen et long terme, à base de modèles, d'hypothèses, sans cesse en cours de confirmation. La question n'est pas de croire ou non, elle est de savoir ou de "presque savoir" (fourchettes, pourcentages de probabilité.) On est dans le domaine des hypothèses plus ou moins étayée. La discussion est donc normale et saine, à condition que les argumentations soient au niveau de la question, en l'occurrence, des arguments scientifiques discutés entre scientifiques (climatologues de préférence.) Ce qui veut dire que les attaques ad hominem ou les théories du complot ne sont pas très intéressantes. Certes,  quand on a le sentiment de n'avoir pas prise sur la réalité (historique ou scientifique), l'idée d'un complot est d'un grand secours… « Tout ça c'est du lobby pétrolier » contre « Tout ça c'est du lobby écolo »… Mais c'est du temps perdu.
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L'ARGUMENT D'AUTORITÉ
Croire ou ne pas croire ? (voilà la question) Et qui croire ? Et pourquoi lui plutôt qu'un autre ?
Le doute, la confusion, le scepticisme, la certitude… Tout cela nous fait entrer mine de rien dans des questions de philosophie et de sociologie des sciences, et de psychologie personnelle et collective.
Déjà, on peut examiner, dans notre rapport à la science, une part de mythification. Pour nous profanes, "un scientifique est un scientifique", « C'est un grand savant, il doit savoir ce qu'il dit. », c'est-à-dire que sa parole serait, croyons-nous, fiable sur n'importe quel sujet scientifique – ce qui est faux, bien sûr. D'où la confusion des polémiques entre experts, chercheurs, climatologues, météorologues…
L'aura du scientifique l'autorise-t-elle à faire usage d'un argument d'autorité ? Sur n'importe quel sujet scientifique ? Déjà, la spécialisation (excessive) des chercheurs s'oppose à cet argument d'autorité général, mais même quand un spécialiste s'exprime dans son propre domaine, on est en droit d'exiger des preuves, des arguments discutables, réfutables. On ne peut se contenter de la seule autorité liée à la position de l'émetteur.
Le philosophe des sciences Karl Popper (1902-1994) a inventé le critère de réfutabilité pour qu'une théorie ait un caractère scientifique. Ce critère est une conséquence, ou mieux une condition de cohérence, du critère fondamental de la démarche scientifique, à savoir "le principe d'objectivité".
« Une théorie qui n'est réfutable par aucun événement qui se puisse concevoir est dépourvue de caractère scientifique. Pour les théories, l'irréfutabilité n'est pas (comme on l'imagine souvent) vertu mais défaut. » (Karl Popper  "Conjectures et réfutations". Payot, 1985)
« Avec l'idole de la certitude (qui inclut celle de la certitude imparfaite ou probabilité) tombe l'une des défenses de l'obscurantisme, lequel met un obstacle sur la voie du progrès scientifique. Car l'hommage rendu à cette idole non seulement réprime l'audace de nos questions, mais en outre compromet la rigueur et l'honnêteté de nos tests. La conception erronée de la science se révèle dans la soif d'exactitude. Car ce qui fait l'homme de science, ce n'est pas la possession de connaissances, d'irréfutables vérités, mais la quête obstinée et audacieusement critique de la vérité. » (Karl Popper "Logique de la découverte scientifique")
« La science ne cherche pas à énoncer des vérités éternelles ou des dogmes immuables ; loin de prétendre que chaque étape est définitive et qu'elle a dit son dernier mot, elle cherche à cerner la vérité par approximations successives. » (Bertrand Russell / 1872-1970 / ABC de la relativité)
Qui fait usage de l'argument d'autorité n'est pas loin du terrorisme (intellectuel). On a vu ainsi ces derniers temps l'affrontement entre un terrorisme climatique et un contre-terrorisme sceptique, chacun accusant l'autre de dogmatisme. « Vous ne pouvez pas dire que… » ou « Vous n'avez pas le droit de dire que… »
Les sceptiques désignent des lobbies écolos surpuissants qui "prennent en otage les populations, les gouvernements, les investissements économiques".  Ils parlent de "persécution, de fanatisme, d'hystérie de fin du monde, de peurs irrationnelles, d'une conception romantique de la nature, d'une rhétorique idéologisée de faute-pénitence-expiation"… (Authentique. Je n'invente rien !)
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IRRESPONSABLE
Si les sceptiques concourent à l'approche de la vérité, en tout cas tant que cela se tient dans le cadre scientifique, les négateurs, eux, sont avant tout des semeurs de trouble médiatique. Ça a été le cas de ce fameux "climategate" d'avant Copenhague. Claude Allègre, de même, dans son dernier bouquin, jette le discrédit sur la rigueur scientifique des rapports du GIEC, mais comme il accumule les erreurs et les contrevérités (comme dans ses bouquins précédents), il jette le doute sur sa propre rigueur scientifique et finalement sur la rigueur scientifique en général. Du coup, une fois de plus, discrédit, perte de confiance en l'institution, en la parole des élites. Et risque de démobilisation des opinions et des gouvernants.
« Aujourd'hui, la science, inintelligible pour l'immense majorité, se confond avec la technologie, les armes terrifiantes, les catastrophes gigantesques des dernières décennies qu'ont accompagnées tant de mensonges.
C'est dans ce contexte, et à propos du problème crucial pour l'avenir de la planète qu'est celui du réchauffement climatique, qu'intervient la polémique lancée par Claude Allègre et son équipe. Bien sûr, les scientifiques peuvent se tromper, s'engager parfois dans des impasses, et il arrive qu'ils polémiquent entre eux. Mener un débat sur des choix scientifiques fondamentaux est une nécessité démocratique. Les obstacles sont immenses : profonde inculture scientifique de "l'élite" du pays, règne du "faire bref et simple" sur les médias audiovisuels.
Mais lorsque Claude Allègre utilise la candeur, la méconnaissance ou le goût du sensationnel de certains journalistes pour diffuser des contrevérités, ou pour détourner la notion de doute légitime afin de se poser en victime d'une prétendue pensée unique, le débat se trouve verrouillé, le rapport à la vérité est brouillé, la science en est affaiblie. » (Michel Broué, mathématicien, professeur à l'université Paris-Diderot. Texte préparatoire de sa communication aux Rencontres de Pétrarque, sur le thème général de la confiance, organisées par France Culture et Le Monde dans le cadre du Festival de Radio France à Montpellier). Le Monde, 22 juillet 2010.
Autrement dit, le comportement des négateurs est irresponsable et cette irresponsabilité, au temps présent, est grave.
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Infographie de Hervé Graizon

dimanche 18 avril 2010

CLIMATONÉGATEURS (SUITE)


— Les climatologues du GIEC sont attaqués de toutes parts.
— Par les ours blancs, les manchots, les Inuits ?
— Non par les climatosceptiques.
— Des mammouths ! Les sceptiques finiront dans les fosses de l'histoire !

LO N°367 (18/04/10)
LES GRANDS RÉCHAUFFEURS

SUITE 9 - FOCUS
Comme dit précédemment (LO 361), oui, il y a toujours d'autres causes, naturelles et humaines, toutes liées, à toutes les questions écologiques, réchauffement, désertification, famines… c'est ce qui fait que c'est toujours complexe, que le doute subsiste toujours, et c'est pourquoi il faut faire ses choix en fonction d'une convergence de faits avérés et, sinon de certitudes, du moins d'hypothèses vraisemblables, et se concentrer sur ce point de convergence. Pour moi, c'est celui que je qualifie de prétexte, le CO2. (Mais certains y voient un mensonge, et un mensonge, même si c'est "pour la bonne cause", c'est pas bien, ni moralement, ni techniquement. Ou disent qu'on fait du CO2 un bouc émissaire, le pauvre ! On en reparlera, mais plus tard. Là, il faut que je continue sur ma lancée).
Mais on pourrait se focaliser plutôt sur "le pétrole", ce serait presque pareil, sauf qu'on oublierait le charbon, le gaz… et même la combustion du bois, ce n'est pas neutre…
On pourrait se focaliser sur "l'énergie en général" et ce serait peut-être mieux, parce que ça inclurait le nucléaire et bien d'autres sources d'énergie qui n'entraînent pas directement de production de gaz à effet de serre, mais collatéralement.
Peut-être, oui, que je vais revoir ma copie en ce sens : L'ÉNERGIE. (L'une des questions étant, quand on veut faire passer une idée complexe et dérangeante, qu'est-ce qui va faire image ou être le plus parlant ? Le CO2, en fait, c'est aussi difficile à représenter que "l'énergie", concrètement ou métaphoriquement… (J'ai déjà soulevé cette question avec la manif autour des "350 ppm". D'autres, depuis, ont lancé une campagne 10:10, dont le thème, très concret est : chacun de nous s'engage à baisser de 10% sa production de gaz à effet de serre au cours de l'année 2010. Disons plutôt, pour être clair : s'engage à baisser sa consommation d'énergie de 10% au cours de l'année ; ça, c'est lisible et maîtrisable par tout un chacun : nombre de pleins ou de kms effectués en voiture ou en avion ou en train, T° de la maison, facture d'électricité ou de gaz, poids de la poubelle chaque semaine, etc. Et les années suivantes, pourquoi pas?, on accroîtra l'effort : 11:11, 12:12, etc.…)
Tout est lié, oui, c'est ce qui fait que, réfléchissant en direct et croyant à la base produire un texte d'une page, bien concis, bien ramassé, puis répliquer en quelques lignes à des arguments opposés, ou rebondir en quelques lignes sur des arguments enrichissants, je me retrouve à la tête d'un gros paquet proliférant. Je voudrais bien ne pas parler de tout à la fois, mais comme toujours, je choppe un fil et tout le pull se détricote. (Mais l'écologie, c'est ça, c'est prendre en compte un réseau d'interactions hyper-complexe, ce n'est pas protéger les petites fleurs les petits oiseaux !)
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SUITE 10 - LA CHALEUR
Par exemple, une autre façon d'en parler pourrait être de se concentrer sur la chaleur. La production de chaleur. Tout ce qui produit de la chaleur.
JE REPRENDS mon thème de base avec une formulation un peu différente, mais pour dire la même chose, au fond.
Il est scientifiquement admis qu'il y a une corrélation entre les températures et la quantité de CO2 dans l'air. Mais corrélation n'est pas raison : on ne sait pas avec certitude si le CO2 est une cause ou un effet du réchauffement. Les températures ayant augmenté (constat partagé par une très large majorité de scientifiques et les montagnards mesureurs de glaciers), le GIEC dit que c'est à cause du CO2 que la planète se réchauffe. Mais si ça se trouve, c'est le contraire : c'est parce que la Terre se réchauffe qu'il y a augmentation de la quantité de CO2 dans l'air. Admettons. C'est l'argumentation principale des climato-sceptiques. Partant de là, ils affirment que la part (minime) de CO2 produite par l'homme ne fait que s'ajouter à la part (maxime) de CO2 produite par le réchauffement climatique (lequel serait dû aux cycles solaires)… Cette part de CO2 produite par l'homme, étant donc minime, n'aurait donc en elle-même aucune importance… Et donc il n'y a pas de cause humaine au réchauffement puisque le réchauffement n'est pas dû au CO2. CQFD. (Il y aurait du syllogisme là-dessous que ça ne m'étonnerait pas… ou au moins l'oubli des phénomènes de boucles de rétroaction positive : la chaleur produit du CO2… qui produit de l'effet de serre… donc de la chaleur… qui produit du CO2… etc.)
Mais à côté de cette production, importante ou non, de CO2, il ne faudrait pas oublier que l'activité humaine, en consommant de l'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la chaleur. (Chauffages, moteurs, et tout mouvement et tout frottement). Le lien entre réchauffement climatique et activité humaine pourrait être plutôt vu via l'équation d'Einstein E=MC2 qui traduit la conversion de la masse de pétrole, charbon, gaz (et uranium) consommés en énergie – et donc, via les lois de la thermodynamique, en chaleur. (La matière M génère de l'énergie E, mais celle-ci ne se retransforme jamais en M, par contre elle se dégrade systématiquement en chaleur, qui ensuite se disperse dans l'environnement, ce qui ne veut pas dire qu'elle disparaît)… Tous nos moteurs, destinés essentiellement à produire du mouvement, du travail, sont loin d'un rendement parfait et produisent donc aussi de la chaleur. Un frigo ou une clim' eux-mêmes produisent du froid d'un côté, certes, mais de la chaleur de l'autre. Le transport de l'électricité, via la résistance des câbles, produit de la chaleur. Une ampoule électrique produit de la chaleur, et si, dans les ampoules basse consommation, la lampe reste froide, il n'en est pas de même pour le transfo qui l'alimente. Etc.
Mettons-nous bien ça dans la tête : toute production-consommation d'énergie, quelle qu'elle soit, produit de la chaleur.
Partant de cette idée (peut-être naïve) le réchauffement climatique ne viendrait donc pas forcément (ou pas seulement) des émissions de CO2 et de l'effet de serre y afférant, mais directement de la production de calories via la consommation d'énergie. Ainsi, dans les centrales nucléaires elles-mêmes, 30% seulement de l'énergie est convertie en électricité, 70% part en chaleur dans l'eau et l'air. Les centrales nucléaires sont donc, du fait de ce très mauvais rendement, une importante source de chaleur, alors même qu'elles ne dégagent pas de CO2...
Le concept nucléaire = énergie "propre" perd toute valeur.


(Ajoutons en passant – rien à voir avec le CO2 ni avec une pollution chimique ou radioactive – que l’oxygène se dissout moins bien dans l’eau chaude que dans la froide. Or, les centrales thermiques et nucléaires utilisent l'eau des lacs et des rivières comme liquide de refroidissement et restituent donc à ces lacs et les rivières une eau réchauffée. On peut parler de pollution thermique. Quand il y a ainsi augmentation permanente de la température d'un cours d'eau, il s'ensuit une diminution de la quantité d'oxygène dissous dans le cours d'eau, ce qui a des effets néfastes sur la vie aquatique.)

Vu comme ça, l'idée toute bête est que pour lutter contre la chaleur, il faut arrêter d'en produire. La solution au réchauffement climatique passerait essentiellement par la réduction de la production de chaleur, donc de la production-consommation d'énergie, que celle-ci soit directement productrice de CO2 ou non.
 Partant de là, le nucléaire est une énergie "polluante" au même titre que le pétrole.
A contrario, l'hydraulique ou l'éolien ne produisent de chaleur que modérément, par les frottements, comme tout mouvement mécanique (pompe à vélo) et même tout mouvement animal. Quant aux carburants végétaux, certes ils s'inscrivent dans un cycle écologique puisque le CO2 qu'ils libèrent en brûlant avait été capté par les plantes utilisées et sera de nouveau capté par la récolte de l'année suivante, mais cela n'empêche pas qu'ils produisent, en brûlant dans les moteurs, de la chaleur. De même le bois dans la cheminée. Finalement n'importe quel élément que l'on brûle ou que l'on agite produit de la chaleur. L'atmosphère de la Terre se réchauffe parce que nous la chauffons, tout simplement, comme l'air dans la maison quand on a allumé le poêle, l'effet de serre jouant le rôle d'un toit bien isolé.
Ceci n'est-il pas un peu empirique ou carrément naïf et suffit-il à expliquer le réchauffement climatique ?… Je n'en sais rien, je ne suis pas physicien-chimiste ! Disons que c'est une image ou une métaphore qui permet de focaliser. Mais il serait bien invraisemblable que ça n'y contribue pas, surtout s'il y a par ailleurs un effet de serre qui empêche cette chaleur d'origine humaine de se disperser dans l'espace. Finalement, il y aurait synergie d'un effet sur l'autre : les activités humaines produisent de la chaleur ET du CO2, et celui-ci (+ tout le CO2 naturel), par effet de serre, retient celle-là.
N'oublions pas d'inclure le soleil et la Terre elle-même dans le processus.
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Quelques considérations sémantiques sur les termes de chaleur, froid, température.
Dire "produit de la chaleur", ou "empêche la chaleur de s'évader", c'est du langage courant, avec quelque chose de trompeur : ça laisse supposer que "la chaleur" est une chose, ou des particules (les calories ?), quelque chose comme ça. Le langage courant, c'est suffisant pour la vie de tous les jours ou pour le baratin d'un représentant qui veut vous vendre une pompe à chaleur, mais si on veut aller plus loin… On devrait dire quelque chose comme "les activités humaines chauffent (ou réchauffent) l'atmosphère – ou : font monter la T° de l'atmosphère."
Qu'est-ce que "la chaleur" ? Non pas "quelque chose" mais un état de la matière. (La dénomination d'un état de la matière.) Dans cet état, une matière est agitée au niveau moléculaire (mouvement brownien). Plus agitée, en tout cas que dans l'état de "froid" (= quand la T° est plus basse). Ces états (chaleur ou froid) sont relatifs : ils n'existent pas en soi, mais seulement en tant que différence. Différence perçue (subjectivement) par moi, ma peau ou (plus objectivement) par un instrument (codé selon une échelle conventionnelle acceptée dans notre culture).
Ma tasse est pleine de café chaud. La paroi "transmet la chaleur" du café de l'intérieur vers l'extérieur. Au sens strict, rien ne passe à travers la paroi. Ce que je perçois en touchant la paroi, c'est une différence : la différence entre la T° de l'air (et de ma peau) et la T° du café. On pourrait dire "la chaleur du café se répand dans l'air de la cuisine à travers la tasse", mais, plus justement, que "la T° de l'ensemble café+cuisine tend à s'équilibrer" (homéostase) : le café a refroidi, certes, mais l'air de la cuisine a chauffé. On peut dire que, en un certain temps, l'air de la cuisine a "absorbé la chaleur du café". Façon de parler, encore : on pourrait dire aussi bien (mieux, même) que le café a chauffé l'air de la cuisine. Mais de façon si infinitésimale que je ne le percevrai pas : quand la T° de la pièce et la T° du café se seront équilibrées, je dirai seulement "le café a refroidi", mais en fait la T° globale de la pièce aura bel et bien augmenté.
Mais, suite des évènements, comme la cuisine n'est pas hermétique, cette chaleur supplémentaire sortira, avec l'air ambiant quand j'ouvrirai la porte ou à travers les murs sous forme de rayonnement infrarouge (s'il fait plus froid dehors que dedans). Autrement dit, la chaleur du café, via la tasse, l'air de la cuisine et les murs, aura réchauffé l'atmosphère extérieure. Ce n'est pas grave, sauf si on est des milliards sur Terre à faire du café en même temps. Ce n'est pas grave non plus si l'effet de serre est modéré : cette chaleur supplémentaire se dispersera dans l'espace, en partie avec les molécules d'air chaud montant et se refroidissant au contact du vide spatial, en partie par rayonnement infrarouge.
MAIS s'il y a excès d'effet de serre ? C'est tout le problème.

Partant de là, on va se retrouver obligé de faire un peu de science physique.
(A suivre)


lundi 21 décembre 2009

LOGOS CO2


LO N° 341 (21/12/09)






PETIT RETOUR SUR CES LOGOS
Il y a quelques semaines, j'avais suivi de loin l'action (flash-mob, comme on dit) des "350.org"
Cf les LO N°325, 329, 330 :
Résumé :
Il s'agissait de plus de 4000 actions climatiques exceptionnelles dans presque tous les pays du monde, lancées par www.350.org et Avaaz.
Le nombre 350 évoque les 350 parties par million (ppm) = le seuil de carbone dans l'atmosphère tolérable pour le climat. Ce nombre est censé être une sorte de symbole pour le traité climatique juste, ambitieux et contraignant que nous espérons de Copenhague.
Donc, le 24 octobre, à chaque évènement, des gens ont pris des photos centrées sur le nombre 350. Photos qui ont été diffusées aux médias internationaux et remises à des centaines de Chefs d'Etat et de gouvernements.
Il y avait un rassemblement à Montpellier. Je n'y étais pas : ma manifestation a consisté à ne pas faire 100 kms en bagnole.
Et je me disais que peut-être qu'il manque à cette cause une grande figure médiatique, ou un grand slogan, ou un grand symbole… Ou, au moins, un "logo" lisible, parlant, évocateur, direct… "350", comme argument symbolique, ça ne dit rien à personne, à l'heure où les ¾ de la population en sont encore à confondre trou dans la couche d'ozone et effet de serre. "350", comme mot d'ordre, comme logo-symbole, ça va mettre des années à se percevoir, se comprendre, s'intégrer dans la conscience collective. Alors QUOI ? Je posais la question à la cantonade. Un logo, un totem, un slogan, un personnage-type… Comme personne ne m'a fait de proposition, je m'y suis mis.

Une mascotte ? L'ours blanc, le phoque, le pingouin ? Mais la fonte des pôles, en gros, on s'en fout ! C'est loin, on n'y va jamais, on bouffe pas d'ours ni de manchot… (L'ours polaire est populaire, certes, les manchots font des beaux films (Happy Feet – bien mieux que La Marche de l'Empereur) ou des dessins animés sympas, les phoques ne sont pas en voie de disparition, BB s'en occupe.)
La Terre, elle-même ? "Sauver la planète" ? Mais sauver la planète n'a d'intérêt que pour nous, espèce humaine. Je suis très capable de dire, comme Paccalet "L'humanité disparaîtra, bon débarras !", mais, au fond, une survie de la planète sans humain pour la contempler, y vivre, en profiter… quel intérêt, pour nous humains ? Même quand on imagine "la fin du monde", on imagine toujours qu'il restera quelqu'un, "le dernier homme sur Terre", "The Omega man", pour en rendre compte, pour voir, pour raconter… Au moins un témoin. (Autre que l'œil de Sirius.)
Bref, ce qui nous préoccupe vraiment, c'est l'humanité – et donc la planète "en tant que support de notre espèce", – et donc les animaux, les plantes, le climat "en tant que nécessaires à notre survie". Le reste est naïveté ou hypocrisie.
Donc l'homme, l'humain, les humains d'aujourd'hui et de demain, nos enfants, petits-enfants………
"Quels enfants laisserons-nous à notre Terre ?" Ou le contraire.
On doit se poser la question comme ça : Qu'est-ce qu'on a à perdre au réchauffement climatique ? Qu'est-ce qu'on a à gagner à l'éviter (ou plutôt à le limiter, parce qu'on ne l'évitera pas). Si pour nous ici présents le danger n'est pas évident, nous savons quand même que d'autres peuples sont d'ores et déjà frappés, et nous savons que nos enfants, nos petits-enfants sont-seront frappés. Et nous voulons pour eux un avenir "le moins pire possible".
Le symbole, la mascotte idéale, sera donc certainement un enfant. Il y a sans doute plein de dessins à faire en partant de là. Voir plus bas.



Mais un logo ? Je veux dire non pas une illustration, mais un logo au sens graphique, presque abstrait, du terme, comme une marque, ou comme le 350 fléché de 350.org, mais plus parlant. Si ce nombre de ppm ne nous dit pas grand chose, nous commençons cependant à être familiarisés avec les termes "effet de serre", "gaz à effet de serre", "gaz carbonique" ou "dioxyde de carbone" (plus exact mais qui "passe" moins bien…) et CO2.
Bon, on avance. Je suis donc parti de là et de certains chiffres avancés par le GIEC et autres, et si possible en considérant des dates proches. Car le dérèglement climatique, c'est maintenant : quand on nous annonce + 2 à + 6° en 2100, on s'en fout. Quand on nous annonce + 1 m de niveau des océans en 2100, on s'en fout. Même les habitants de l'île de Sein, vouée à être submergée (quel dommage !) ne comprennent pas, ça ne leur dit rien : 2100 c'est, de toute façon, un monde où nous serons tous morts. En plus, on commence à diffuser de nouveaux chiffres qui nous disent que "ça" va beaucoup plus vite que les précédentes prévisions du GIEC… Les prévisions sont pires que prévu, quoi. Il faut donc parler de 2020 (dans 10 ans, c'est-à-dire tout de suite !), de 2050, à la rigueur… surtout quand on a des petits-enfants.
Après, c'est de la recherche graphique : 2020, CO2, – 20% ou + 20 cm d'H2O. On a beaucoup de 2 et de O ou de zéros. Ça permet un jeu typographique. Le signe "moins" a un peu de mal à passer : confusion avec le tiret ou le trait d'union… La courbe d'un graphique, feuille de température, poussée de fièvre…

Evidemment, pour faire chier, Greenpeace dit que – 30% ou – 40% en 2020, ça serait encore mieux ! Mais j'ai fait tout mon truc avec 2 et 0 ou O………
Sans doute, le premier logo reste efficace… (Répandez-le partout et le monde sera sauvé, merci pour lui !)





lundi 16 novembre 2009

LES NÉGATIONNISTES CLIMATIQUES (2)


LO N° 335 (14/11/09)

Et maintenant un superbe article négationniste, datant lui aussi de 2007. Je ne sais pas si Le Monde publierait encore ce genre de choses en 2009…
Je reprends l'article entier — c'est moi qui souligne.

# Tout le monde il est beau, tout le monde il est vert. Le semblant de consensus qui a été mis en avant au sein des groupes de travail préparant le Grenelle de l'environnement fait plaisir à voir. On pouvait en effet tout craindre d'une de ces grandes messes à la française qui décident de grosses bêtises nationales, comme à Grenelle en 1968 où les hausses de salaires ont plombé la compétitivité française pour des années. On pouvait tout craindre de l'alliance objective entre un ministre incompétent en la matière, mais en mal d'exposition médiatique, et les militants écologistes professionnels du tam-tam.

On pouvait, en clair, aboutir à une vague de propositions destinées à montrer que la France est le phare vert de l'humanité polluée, bien symboliques, bien morales, mais plus antiéconomiques les unes que les autres. Et puis, suite connue, tout cela étant irréaliste, et la France ayant à faire de radicales et douloureuses réformes sur bien d'autres points, bien plus urgentes en vérité, rien n'avancerait vraiment. Rappelons que la France héroïne des grandes causes, dont la climatique, ne respecte pas ses engagements du protocole de Kyoto, malgré les avantages immenses en matière de CO2 que lui procure le nucléaire.
Ouf donc. La lecture des propositions livrées "pour nourrir le débat national" ne cassent pas trois pattes à un colvert. Sur le logement, il n'est en effet que temps de favoriser des bâtiments plus économes en énergie (Borloo a fait l'inverse dans ses précédentes fonctions en construisant des milliers de logements vite et pas chers). Sur la taxation du fret routier, mais encore faudrait-il que la SNCF et ses syndicats parviennent à offrir une alternative. Sur l'étiquetage, sur la biodiversité, sur les pesticides, sur tous ces sujets, le consensus était facile, du moins dans la définition des objectifs. Après, on verra...
On doit même s'étonner de la facilité avec laquelle nos écologistes restent "achetables" par des mesures symboliques. Ils vont vanter, par exemple, comme "une victoire spectaculaire sur le lobby automobile", la réduction de la vitesse de 10 km/h sur les routes, mais, outre que ça va horripiler tous les conducteurs, ça ne sert à presque rien : mieux vaudrait éliminer les vieilles voitures polluantes (lire : Ecologie, la grande arnaque, par Christian Gerondeau, Albin Michel).
Mieux vaudrait, stratégie d'ensemble, taxer lourdement les émissions de carbone, mais encore faudrait-il que l'Etat accepte d'abaisser d'autres impôts en compensation pour ne pas alourdir des prélèvements obligatoires déjà records en Europe. De ce débat central-là, le seul de portée réelle de long terme, il n'est parvenu aucun écho du Grenelle... On y a préféré insister pour que les enfants mangent bio à la cantine.
Manger, justement. Le point très inquiétant de cette champêtre symphonie de pipeaux concerne les OGM (organismes génétiquement modifiés). Tout se passe comme s'ils étaient devenus le nouveau totem des militants écologistes. La lutte contre le nucléaire, qui a été à l'origine de nombreux mouvements, n'est plus trop vendable à l'heure du réchauffement climatique : voilà une énergie qui n'émet pas de CO2. Il fallait une autre idole pour mobiliser les foules : la lutte contre le méchant OGM vient à point.
On a toutes raisons de penser que le swap du nucléaire à l'OGM des mouvements écologistes fait l'objet d'un accord avec le gouvernement et avec la CGT. Comme s'il était envisageable pour la France de choisir entre les deux. Comme si au XIXe siècle, à l'arrivée du train et de la voiture, et constatant que les deux n'étaient pas sans dangers, la France avait dit : OK ! Tout pour le train mais zéro voiture ! Ou l'inverse.
On veut donc croire que le délicat problème des OGM sera géré autrement qu'avec un moratoire, comme l'a annoncé un moment Jean-Louis Borloo, avant de se reprendre, heureusement. Moratoire au passage contraire aux lois européennes. Délicat, le problème des OGM l'est au sens où il éclaire très bien le malthusianisme de nos sociétés développées vieillissantes.
Les opinions sont contre les OGM : en Angleterre parce que les écologistes ont crié que ces organismes étaient "contre-nature" et en France parce qu'ils ont expliqué qu'ils allaient "contaminer" notre bouffe et donc notre corps (on est ce que l'on mange). Leur malthusianisme alimente la peur de voir l'homme manipuler l'infiniment petit (atome, gène, nanotechnologies) et ce faisant de se "pervertir" intimement, sans le voir, mais irréversiblement.
Face aux opinions désinformées, les autorités peinent à imposer des attitudes raisonnables. Elles veulent rester "prudentes mais pas fermées", comme l'explique Marion Guillou, PDG de l'INRA avec l'idée qu'on ne peut pas refuser a priori toutes ces potentialités d'innovation pour l'agriculture, pour la santé, pour l'énergie. Les besoins de nourriture vont doubler sur la planète d'ici à 2050. Comme la terre arable et l'eau vont manquer, les OGM vont aider à répondre à ce défi mondial.
La France, forte dans le nucléaire et l'agriculture, ne peut se priver ni de sa capacité de recherche (ce qui impose de pouvoir au minimum poursuivre les cultures d'essai en plein champ) ni de ses atouts dans l'agro-industrie. Il faut prendre des précautions, jamais que les précautions prennent le dessus. En 1492, pour sortir du Moyen Age, l'homme a dû vaincre sa peur inverse, celle du grand large.
Eric Le Boucher
Article paru dans l'édition du 30.09.07.
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Tout juste s'il ne nous dit pas : remettons les choses à l'endroit, en fait, c'est le réchauffement climatique qui est responsable de l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère.

MAIS, en fait, oui, si vous voulez encore un de ces fameux cycles de rétroaction positive (RA+) que j'adore : les océans sont censés absorber du CO2, mais celui-ci est moins soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. Si bien que l'océan, arrivé à un certain seuil de T°, rejettera du CO2 au lieu d'en absorber. Boucle bouclée : l'effet de serre dû au CO2 réchauffe les océans qui du coup rejettent du CO2 qui provoque de l'effet de serre donc du réchauffement climatique… Etc.
Partant de là, si, à cause de l'élévation de T°, les océans se mettent à libérer du CO2, une diminution des émissions humaines n'y changera rien.
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CADEAU NÉGATIONNISTE : Un lien vers :
Où l'on découvre un site qui travaille à décrédibiliser systématiquement les grands courants et associations écolos comme Greenpeace ou WWF, à dénoncer les dénonciateurs, forcément pas crédibles, pas sérieux, pas tekno-scientos, passéistes, retourneurs à la bougie, primitifs adorateurs de totems, d'idoles, malthusiens (la grande injure), décroissants, ennuyeux, moralistes, rigides, cul serré…
Et surtout antiéconomistes !
Tout ça menant à quoi ? on se le demande. Révélation d'un énorme lobbyisme vert ? AHAH ! Le créateur du magazine "L'Age de faire" serait un spécialiste de la communication… un manipulateur d'opinion, quoi ! C'est terrible, ce complot planétaire de lobbies écolo ultra puissants, cryptocommunistes — et pourquoi pas judéo-maçonniques, aussi ? — qui prennent le monde en otage. Terrorisme climatique !
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Détournement de conversation
(Note de 2007 encore) : Aux infos, on nous ressort les OVNIs. Et puis la NASA nous montre des films du soleil qui mettent en évidence le dynamisme de la bête : turbulences, ouragans nucléaires, tâches solaires.
Qu'est-ce à dire ? Détournement de l'attention ou manière de dire "le réchauffement climatique, c'est pas moi, m'sieur, on n'y est pour rien et on n'y peut rien, c'est la faute au soleil."
Ajoutons, depuis, les menaces d'astéroïdes baladeurs, ou la fin du monde en 2012 selon le calendrier Maya.
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— La meilleure preuve qu'il y a de la vie intelligente dans l'univers, c'est qu'ils ne nous ont pas rendu visite.
— Les extraterrestres, je vois pas pourquoi ils nous rendraient visite, c'est tout pourri, ici.
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Et pour compléter, une longue citation concernant notre rapport à la science.
« […] dans le domaine de la physique, par conséquent le plus à même d'offrir une plus grande résistance au scepticisme grâce à un langage d'expert qui rassure, charme ou enthousiasme la majorité des personnes qui attendent de la science qu'elle conforte (ou ne contredise pas) leurs croyances ou leurs rêves, et qui pourtant la comprennent difficilement. Au passage, il faut noter en effet que la relation sociologique qu'entretient une grande partie de la société avec la science est hélas fondée à la fois sur une :
- déception : la science explicite tout, brise peu à peu tous les mystères et l'imaginaire, montre que la vie et l'homme ne sont au fond que des briques avec lesquelles le génie génétique peut faire joujou, prive l'homme de son libre-arbitre — la conscience n'est-elle pas selon les grands biologistes Changeux ou Edelman une propriété émergente des structures biochimiques ?
- défiance : la science apporte les instruments de rationalisation des moyens et des économies dans le monde, avec les conséquences sociales que l'on sait, alors que, en même temps, ce sont les progrès technologiques qu'elle génère qui justifient cette rationalisation.
- indifférence : tout en évoluant dans un univers technologique construit par elle, et tout en jouissant de ses produits, peu de gens se soucient de la nécessité non seulement de connaître ses résultats, mais encore et surtout d'estimer les valeurs de l'esprit scientifique et sa démarche : souvent on se contente d'émettre des opinions très approximatives dans un sens comme dans l'autre sur des sujets qui font courir les foules (OGM, trou d'ozone, nucléaire, effet de serre, pollution, maladies émergentes, paranormal, médecines parallèles, téléphones portables, etc) sans faire l'effort de réfléchir scientifiquement sur les données. Il est vrai que, paradoxalement, en cette époque de communications sans précédent, il s'avère difficile de savoir quelles sont les "bonnes" données ? (Frédéric Elie, 2003. "Méthode expérimentale et ovnis". Article sur son site)